LE SORGHO
tout dans le centre, dans le sud-ouest et dans la région | de Fort-Dauphin, un peu aussi à Nossi-Bé.
| Moins exigeants que les maïs, les sorghos se contentent | de terres de fertilité moyenne qui ne sont pas trop humides ; une trop grande humidité est nuisible parce que la partie foliacée se développe bien, mais les grains se forment mal
Le sorgho muürit, en général, moins rapidement que le maïs (quatre à six mois, ou même sept, suivant les variétés). En Algérie, d'après M. Millot, on laboureen février, puis ‘én avril, et on sème à la volée à cette dernière époque, à raison de 25 kilogrammes dé semence par hectare : avec
le Semoir mécanique, il ne faut que 18 kilogrammes. La \maturation à lieu en août. Le grain est piétiné sur l'aire par des bœufs ; un premier battage donne les grains de première qualité, qui se détachent facilement, et le battage suivant donne les grains inférieurs. Le rendement moyen, par hectare, est de 18 à 20 quintaux, dont un quart de grain \de seconde qualité.
| PEn pays tropicaux, on sème au début des pluies. 11 est épendant possible aussi, comme pour le maïs, de cultiver en Saison sèche dans les endroits où, comme sur les bords du Niger ou au Tanganika, les terres, en cette saison, restent Suffisamment humides apres le retrait des eaux.
Dansles vallées du Niger et du Haut-Sénégal dit M. Dumas, @sorgho, lorsqu'il est cultivé seul — et non, comme cela à lieu souvent, avec d’autres culturesintercalaires — est semé on poquets, distants en tous sens de 50 à 80 centimètres, selon les variétés. On met quatreou cinqgrains dans chaque poquet. Quinze jours ou trois semaines après la levée, il 2st nécessaire de sarcler; on remplace en même temps par le nouveaux semis les pieds qui manquent. Un mois plus ard, on bine, et on éclaircit les touffes trop serrées, aux- Juelles on ne laisse que deux ou trois pieds. Les tiges levées peuvent d'ailleurs servir pour le repiquage aux ‘droits où il y a encore des manquants. Si la variété est
tardive, un nouveau binage à une époque plus avancée de . la végétation est utile. Ajoutons que l'indigène ne sème pas toujours directement; il repique parfois, après avoir semé à la volée en pépinière. Il a surtout recours à cette pratique quand le champ n'a pas pu ètre préparé à temps. Les panicules cueillies sont battues sur une aire avec de longs bâtons coudés faisant l'office de fléaux; le. grain est ensuite vanné. Le rendement indigène, serait de: 800 à 1 000 kilogrammes, plus rarement 2000avec certaines variétés: mais M. Dumas dit que, en station agricole, | obtient, dans les mêmes régions, de 2500 à 3500 kilo= srammes. |
Dans le bassin du Chari, d'après M. Chevalier, on sème dans le courant de mai, en lignes espacées de 60 à 70 cens timètres, et à intervalles de 50 à 60 centimètres sur chaque ligne. On met de trois à quatre grains par poquet, Soil environ 30 litres par hectare. La variété est à grains rouges, et la récolte a lieu au bout de six mois.
Le gros mil peut être, en magasin, attaqué comme le mais : il doit donc être traité de même.
Avec les grains on prépare, dans toutes les régions d l'Afrique où le sorgho est cultivé, une boisson fermentée, sorte de bière appelée, suivantles régions, dolo ou pombe D'après les recherches de MM. Saare et Zeidler et dé M. Lintner, l'agent de fermentation du pombé de l'Afrique Orientale Allemandeseraitle Schisosaccharomyces Pombei levure à fermentation haute, ayant pour optimum de tempés rature 30° à 35°.
Lorsque le sorgho est utilisé comme fourrage, il ne faub pas oublier qu'on à maintes fois constaté des empoison nements partout où (Egypte, Java, Indes, Etats-Unis) I& plante est consommée par les animaux. La cause de cette nocivité, attribuée tout d’abord à une accumulation de nitrates dans les tissus, est, on le sait aujourd'hui, la pré sence dans les tiges d’un glucoside cyanogénique (c'est-à
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ler)
dire producteur d'acide cyanhydrique), la dhurrine. Ce principe ne se trouve toutefois que dans les pieds jeunes ou mal venus ; c’est ce qui explique que les accidents ne soient qu'intermittents et ce qui indique aussi qu'on ne doit employer comme fourrage que les tiges bien développées et vigoureuses. Exactement l'alimentation par le sorgho fourrage est particulièrement dangereuse pendant les deux premiers mois de la végétation, l’est moins vers la floraison et disparait à la maturité des grains. La nocivité augmente, d'autre part, avec la sécheresse du sol et sa richesse en matières azotées, nitrate de soude ou autres. Le meilleur antidote, dans les cas d'empoisonnement, serait une solution de carbonate d’ammoniaque, administrée toutes les heures.
Pennisetum typhoideum Rich.
Le Pennisetum typhoideum (ou Penicillaria spicata ou Pennisetum spicatum)est le petit mil, ou mil à chandelles, ou mil d'Égypte, ou encore mil perlé, reconnaissable à ses inflorescences, qui sont (fig. 34) des épis d’épillets, dans lesquels les épillets sont si serrés contre l'axe principal que leur ensemble forme une sorte de cylindre (plus ou moins long ou trapu selon les variétés) qui a valu à la plante son nom de « mil à chandelles ».
C'est la meilleure céréale pour les régions à pluies rares, car elle est remarquablement adaptée à la sécheresse.
En Afrique Occidentale Française, elle est l'unique Graminée cultivée immédiatement en decà du Sahara, dans la zone sahélienne, là où il ne tombe que de 15 à 30 centimètres d’eau et où ne se font pas sentir les inondations du Sénégal ou du Niger. Dans le nord de l'Afrique Équatoriale Francaise, c’est dans la partie de la même zone non soumise aux crues du Tehad, dans le Bas-Chari et le Baguirmi, que le petit mil remplace entiérement, comme nous l'avons
déjà dit, le gros mil. On retrouve cependant des cultures, en même temps que celles du sorgho, encore plus bas, jusqu'à Fort-Crampel. D'ailleurs, ainsi que le fait remarquer M. Chevalier, il est, d'autre part, des variétés à plus forts rendements qui sont cultivées, et parfois sur une vaste échelle, au Sénégal, dans le Niger, et même dans la Haute-Côte d'Ivoire et le Dahomey.
Au Congo Belge, M. Wildeman dit, d’après M. Sapin, que la plante est très cultivée dans le sud-ouest: elle l'est aussi dans le Kunene-Zambèse, d’après M. Baum, car c’est le /uko, le manna et le massange de ces régions.
Dans la vallée du Niger,les deux variétés que M. Dumas signale comme principalement cultivées sont le souna et le sanio. Le souna est hâtif et mürit en trois mois; le sanio est plus tardif, et sa végétation n'est complète qu’en cinq mois et demi.
Les lerres qui conviennent le mieux sont celles qui sont légères; pour certaines variétés surtout, telles que le
Qi]
Fig.54.— Penniselum souna, elles doivent être très fertiles.
A ENESE On cultive le petit mil comme le
sorgho. Dans le Niger, on repique très souvent, mais cette méthode ne semble pas valoir celle du semis direct.
La culture commence avec les premières pluies, ou, en terrains inondés, au moment du retrait des eaux.
Les pieds doivent être en lignes distantes de 75 centimètres à 1 mètre, et à 15 à 20 centimètres par ligne. On sème en poquets, ou bien en lignes qu'on éclaircit ensuite aux intervalles voulus. Un premier sarclage est opéré
quand les plants sont encore très bas, et un second quand ils ont 40 à 50 centimètres de hauteur.
Après la récolte, le battage est fait au fléau ou à la main ; les grains se détachent plus facilement que ceux du sorgho,
Dans le Niger, M. Dumas estime les récoltes des indigènes à 900 à 1500 kilogrammes d'épis par hectare (soit 600 à 1100 kilogrammes de grain), mais lui-même, en terres bien préparées, et avec le sanio, a obtenu de 1 800 à 2 000 kilogrammes.
, Le grain contient, en moyenne : BND MAUUMN CEE | 5,53 de matières grasses: 9,57 d'albuminoïdes; 73,52 d'hydrates de carbone solubles: 0,78 de ligneux, 1,73 de sels minéraux solubles; 0,35 de silice.
Le petit mil est très estimé des indigènes, qui le consomment écrasé et cuit à la vapeur, ou en font des gâteaux, où en préparent une bière comme avee le sorgho.
Digitaria exilis Stapf.
Le fonio, jusqu'alors considéré d'ordinaire comme étant le Paspalum longiflorum, ou encore le Paspalum distichum, serait exactement, d'après M. Chevalier, le Digitaria exilis Stapf (Panicum exile Kippist).
C'est une petite Graminée d’une trentaine de centimètres de hauteur, qui supporte les grandes pluies et est très cultivée dans toute la Guinée, dans une partie de la boucle du Niger, dans la Haute-Côte d'Ivoire, et jusque dans k Baoulé septentrional. Entre le Fouta et le douzième degré, MM. Renoux et Dumas estiment l'étendue des champs de fonio au tiers des surfaces cultivées. Au nord du douzième parallèle, où la principale céréale devient le sorgho, la |culture du fonio n'est plus qu'accessoire.
La plante est peu exigeante et s'accommode de terrains Lrès peu profonds et caillouteux. Les meilleurs sols sont les sols légers.
On ensemence au début de la saison pluvieuse, dès avril, sur des terres qui souvent ont été occupées antérieurement par le riz, et qu'on ne prend pas toujours la peine de préparer. Les semis sont faits à la volée, à raison de 45 kilogrammes de grain par hectare. En station agricole, et avec le semoir en lignes, MM. Dumas et Renoux n’emploient toutefois que 18 kilogrammes. Au bout d’un mois on sarcle.
Les variétés précoces mürissent en deux mois et demi, les mi-hâtives en quatre mois, les tardives en cinq MOIS. Les rendements oscillent entre 800 et 2000 kilogrammes suivant les variétés.
Les grains, qui sont très petits, d'une grosseur intermédiaire entre celle des grains de Setaria italica (millet des. oiseaux) et celle des grains minuscules d'£ragrostis abyssinica, tombent facilement. L'indigène bat les bottes en les froissant entre les pieds, et sans les délier, sur une aire recouverte de nattes ou de peaux de bœuf; puis il vanne. La décortication est faite dans des mortiers spéciaux, et le. grain décortiqué est cuit à la vapeur ou dans l'eau, ou encore torréfié. C'est un aliment très apprécié dans les contrées où on le récolte.
Eleusine coracana Gaertn.
L'£leusine Coracana n’est sans doute que la forme cultivée de l'Zleusine indica Gaertn.; et l'Eleusine Tocussa d'Abyssinie ainsi que l'£leusine stricla de l'Inde ne sont que des variétés de cette forme. Les inflorescences (fig. 35), très caractéristiques, sont formées d'un plus ou moins grand nombre d'épis tous insérés vers le mème niveau, et dont chacun porte deux rangées d'épillets groupés sur une seule face de l'axe.
Nous avons vu quelquefois l'£leusine Coracana mürir dans le midi de la France, tout comme le Pennisetum typhoideum.
| Les grains de coracan, qui ont à peu près la grosseur | de ceux du millet des oiseaux (panis d'Italie), n'auraient qu'une assez faible valeur alimentaire, car ils sont peu | riches en substances azotées, et substances grasses (7€ | p. 100 d'amidon, 6 de substances azotées, et 0,70 de | matières grasses).
Fig. 35. — Eleusine Coracana.
À, inflorescence B. épillet. B’ le même avec glumelles écartées : C1, C2, glumes D, glumelle inférieure ; B’’, fleur, avec ses 2 glumelles (D, B). K etS, Grain.
Dans l'Inde (raghee en hindoustani), c’est surtout la
nourriture des classes pauvres, quand la récolte du riz est peu abondante. En Chine, on ne s’en sert que pour
faire des gateaux.
En Abyssinie, le dagussa est aussi, comme aliment, assez faiblement apprécié des indigènes, qui, par contre, le recherchent pour la fabrication de la bière, et utilisent en particulier, dans ce but, deux variétés noire et rouge (alors que la variété blanche est plutôt la variété alimen-
taire).
Entre le Nyassa et le Tanganyka la culture de l’éleusiné est encore assez commune et également faite surtout en vue de la fabrication d’une boisson alcoolique.
Il en est de même en Afrique Équatoriale Francaise, dans le bassin du IHaut-Oubangui et dans celui du Haut- Chari, jusqu'au sud du Baguirmi.
En cette dernière contrée, on sème en juin, on repique en juillet et on récolte en octobre.
L'£Eleusine Coracana, qui est une Graminée peu haute, se contente de sols maigres, secs et peu profonds. Dans l'Inde comme en Abyssinie, elleréussit dans deslieux arides. Dans le Nyassa-Tanganika, le colonel Decamps dit cependant que les indigènes choisissent des fonds humides, qu'ils fertilisent avec des cendres de bois.
Dans l'Inde, aux environs de Karikal, où la plante est appelée natchini, on sème environ 25 litres par hectare.
Autres millets.
Plusieurs millets autres que les précédents sont encore cultivés en différentes régions.
En Abyssinie, l’£ragrostis abyssinica, ou thaf, dont les grains sont extrèmement petits, fournit de très forts rendements sur les terres bien préparées. Après une culture faite pourtant dans de mauvaises conditions, par suite d’un ensemencement trop tardif, M. Baldrati, en Erythrée, a obtenu, par hectare, 20 quintaux de grain et 50 quintaux de paille. Les grains se conservant bien en terre, les indigènes les sèment de très bonne heure, pour qu'ils puissent lever dès les premières pluies. L'£ragrostis abyssinica est encore une Graminée que nous avons vue mürir dans le midi de la France, En Erythrée, on connaît trois variétés : une blanche ({huf sada), qui est la meilleure pour l'alimentation: une rouge ({haf caie); et une pourpre (thaf 1wafoi), qui est la plus précoce.
Dans lInde, en Chine et au Japon, on cultive, non seulement comme fourrages, mais aussi pour le grain, le Panicummiliaceum L., le Panicum colonum L. (Panicum Crus-Galli var. frumentaceum ; Oplismenus frumentaceus Kunth) et le Sefaria italica P. Beauv., ou panis d'Italie, où millel à grappes, ou millet des oiseaux. Le Setaria italica est aussi quelquefois cultivé en Indo-Chine. Dans l'Inde, on trouve ce Setaria dans l'Himalaya jusqu'à 2 000 mètres d'altitude ; et c'est, en effet, comme le Panicum miliaceum, une espèce des climats tempérés plutôt que des pays chauds. Le Panicum colonum seul a besoin d’une température un peu plus élevée.
Au Japon, ce Panicum colonum, qui est le hiyé, remplace le riz dans le nord-est; dans le sud, il constitue, après ce riz, et avec Le bi, ou Panicum miliaceum, et l'awa, ou Setaria italica, la principale nourriture des paysans, soit qu'on mélange ces millets avec le riz, soit qu'on en fasse, sans riz, une pâte appelée dango.
Les semis des trois espèces sont faits à la volée ou en lignes; on éclaireit plus tard les jeunes plants. L'espèce à plus grand rendement, au Japon, serait le Panicum colonum. Alors qu'il faut 10 litres de grains d’awa ou de Æibi pour ensemencer un hectare, et qu’on récolte 4 000 litres, il faut 20 litres de grains d’hiîyé pour la même surface, mais on récolte 8 000 litres.
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PS
oTHEQUE Cox Ow,
ee Le LES CULTURES COLONIALES * *