LE SORGHO
Nous avons maintes fois à Marseille cultivé non seulement ce sorgho à balais, mais encore des sorghos sucrés, ainsi que certaines variétés de douros, à grappe compacte.
“ On peut, en effet, distinguer, parmi les sorghos cultivés pour leur g grain, des variétés, à grappe lâche (comme le anko- ba, Fa mengui-fikhé, le kamin kendé.etc., de Guinée française, et le figné du Sénégal) et des variétés à grappe compacte (comme le gadiaba, le sevil, le savasouhi, le |Pourdi, le bodéri, le bassi, du Sénégal). En général, les
| Variétés à grappe A naute ont des grains gros (18 à 35 pour un gramme) ét saillants hors des glumes, celles-ci étant assez fortement velues vers les bords et presque aussi larges que hautes, tandis que, dans les variétés grappe lâche, les grains sont plus petits (70 pour un gramme dans le \bimbiri-ba, et 123 dans le Æaminkendé), inclus dans les glumes ou les dépassant à peine, et celles-ci sont peu velues sur les bords, ovales ou lancéolées. Entre les idée catégories il peut y avoir, d'ailleurs, des intermédiaires tels qu'une Poe de Gui-
née française que nous avons vue, mais dont nous ne con-
naissons pas le nom indigène, et dont la grappe est läche,
quoique les grains el les Eee aient les caractères des
grains et des glumes des variétés à grappe compacte.
| Les divers sorghos diffèrent encore par la couleur de ces l exemple, sont blancs dans le sanko-ba et le sula-oulenko de Guinée francaise, gris perle dans le bémbiri-ba de Guinée fran- Gaise et le pourdi du Sénégal, jaune roussâtre dans le “avasoutri, Jaunes piquetés se rouge dans le bassi du Sine-Saloum, rougeätres dans le figné, rouges dans le
grains et de ces glumes. Les grains,
JuMELLE,. — Cultures coloniales.
par
mengui-gbéli (ou mil rouge) de Guinée française. Les, glumes sont de couleur claire dans le sanko-ba, de couleur puce dans le mengui-fikhè, brun noirâtre dans le: bimbiri-ba, noires dans le mengui-foré (ou mil noir et le xamin-kendé de Guinée francaise. Glumes et grains ne sont pas d’ailleurs nécessairement de même couleur dans: une même inflorescence ; les glumes, par exemple, sont noires et le grain est rougeàtre dansle /igné, etles glumes! sont acajou clair et le grain est blanc dans le su/aoulenkos
En Algérie, les Kabyles cultivent des sorghos noirs, ow dra, et des sorghos blancs, ou bechena, ceux-e1 étant les plus estimés.
En Afrique Occidentale Française, lesorgho est, par excel lence, la céréale du Sénégal et du Niger. Dans le moyen! Niger, dit M. Dumas,sa culture prend l'importance de celle du blé sous les climats tempérés. Exactement, les principales régions où le sorgho prédomine sont le Sénégal, puis I& partie du Soudan située au nord du 12° de latitude, et qui correspond aux cercles de Kayes, Bafoulabé, Kita, Nioro, Bammako, Goumbou, Sokolo, Segou, Bougount, San eb Sikasso. Au sud du 12% parallèle, où les pluies sont plus abondantes, c’est la culture du riz de montagne qui prés domine. Cependant on cultive encore beaucoup le sorgh@ dans le nord de la Côte d'Ivoire. Dans le Macina et en pays malinké, une variété sucrée est très répandue; c’est le hassa kala. |
En Afrique Équatoriale Francaise, le sorgho apparait vers Fort-Sibut, un peu avant le 6° parallèle, mais acquiert surtout de l'importance au-dessus du 7°, dans la région de Fort-Crampel. Plus au Nord, il redevient peu à peu de plus en plus rare, et, vers le 41° parallèle, aux abords de la zone sahélienne, il eède la place au petit mil (Pennisetum typhoideum,.
A Madagascar, le gros mil, qui est l’ampemby des indiwènes, n'est jamais cultivé qu'accessoirement, et l’est sur: