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(Les) Cultures industrielles en Algérie

Les plus grands efforts ont été tentés au début même de la conquête pour introduire en Algérie les riches cultures exotiques qui avaient fait la fortune des colonies : on pensait ainsi voir renaître sur la côte barba resque les jours heureux de Saint-Domingue et des Antilles.

La véritable climatologie du pays n'était pas assez connue pour faire rejetet* en principes les entreprises de cette nature, véritables hérésies culturales, et quand on s'aperçut des insuccès constatés sur le littoral, on pensa bien à tort que l'intérieur du pays offrirait des conditions de température plus avantageuses pour tous les végétaux empruntés à l'exoticité.

On vit successivement préconiser le caféier, le cannelier, \e cacaoyer, le vanillier, le manioc, etc., puis dans les plantes véritablement industrielles la canne à sucre, Vindigo, le coton, le nopal à cochenilles, etc.

Il faut rendre cette justice aux colons de la première

heure, trompés par des écoles sans tradition et expérience, que ces tentatives .furent répétées plusieurs fois avec courage et persévérance et que si les insuccès forcés ont été réels, concluants et définitifs, c'est que le climat algérien se refuse absolument à la vie économique des végétaux originaires des zones tempérées-chaudes.

Par la suite, les études météorologiques et l'expérience ont démontré qu'il fallait exclure de notre exploitation du sol toutes ces cultures tropicales pour n'aborder que celles propres au climat méditerranéen dans la forme caractérisée par la zone de l'olivier.

La culture des plantes industrielles appartient au système de l'exploitation intensive du sol : fumure, irrigation et main-d'œuvre, forment une trinité absolue et complète en dehors de laquelle il n'y a pas de résultats à espérer.

On comprend alors les difficultés qu'a rencontrées la culture des végétaux industriels tant que la coloni" sation ne s'est pas manifestée par un peuplement plus intense et tant que le but unique et inéluctable était d'assurer tout d'abord des ressources alimentaires.

Evidemment, l'Algérie, comme tous les pays en progrès, arrive à une époque où la culture intensive exige des récoltes plus rémunératrices qu'elle recherche dans la production de matières premières utiles à l'industrie.

Mais dans cet ordre d'idées, il ne suffit pas seulement que la plante destinée à cet Usage prospère et soit de culture facile, il faut qu'avec son maximum

de qualité et de rendement elle se prête à un traitement économique qui lui permette de trouver sa place sur les grands marchés au milieu de toutes les concurrences.

L'agriculture n'est donc qu'un côté de la question, en Algérie notamment, et dans bien des cas elle saurait résoudre certains obstacles sans les complications dues à des conditions économiques et à des législations spéciales.

Il est vrai que cette situation peut être modifiée, mais on verra par la suite de cet exposé, qu'elle pèse lourdement sur certaines industries, dont elle arrête actuellement la naissance. Tel est le cas de la transformation en sucre et en alcool des végétaux saccharifères et à fécule.

Depuis un grand nombre d'années, avant d'entreprendre des cultures spéciales pour l'industrie, la colonisation a exploité les végétaux spontanés utiles à certaines fabrications. Il s'en est heureusement trouvé quelques-uns s'étendant sur de grandes surfaces, comme le Palmier nain dans le climat marin, YHalfa ou sparte dans les Hauts-Plateaux et les écorces à tan dans les régions forestières du climat marin.

Ces trois exploitations principales ont pris un cer tain développement et représentent annuellement un commerce relativement important.

Palmier nain ou crin végétal. 4 millions

Halfa ou sparte 7 —

Ecorces à tan 1 —

La population indigène, Arabe et Kabyle, fournit

presque exclusivement la main-d'œuvre pour ces cueillettes, cependant dans la province d'Oran un certain nombre d'Espagnols sont employés à l'arrachage de l'halfa.

Beaucoup de petites industries locales vivent de la transformations de ces produits naturels du sol.

La topographie agricole de l'Algérie est actuellement assez bien déterminée pour établir que toutes cultures industrielles ne peuvent être prospères que dans la zone marine et exclusivement -dans les plaines basses. C'est là, en effet, que le climat est le plus tempéré, la pluviométrie régulière et donnant la plus haute tranche d'eau, que des zones d'irrigation alimentées par des réserves d'eau peuvent assurer l'arrosement estival, et qu'enfin ces régions peu éloignées des ports d'embarquement sont sillonnées par des chemins de fer et des bonnes routes. D'autre part, les populations européennes et indigènes sont plus denses dans toute la zone littorale.

La région montagneuse ne convient guère qu'aux exploitations lorestières : la culture industrielle ne saurait s'y implanter.

Quant aux plaines élevées dites Hauts-Plateaux, pays des grands peuplements d'halfa et des pâturages temporaires, leur climature rude en toute saison et leur manque d'eau n'en font que des lieux de parcours et de transhumance fréquentés par de nombreux troupeaux.

Si dans la région désertique, les oasis présentent quelques parcelles de cultures industrielles : Henné,

Tabac, GeUm 9 etc., elles ne répondent qu'à de faibles besoins locaux et jae sont pas de nature à desservir l'usine la plus modeste.

Ces quelques végétaux n'occupent et ne peuvent avoir qu'une très petite place dans l'oasis où l'ombre et Peau d'irrigation sont très limitées.

Aussi, quelle que soit l'étendue de la région désertique avec ses formes climatériques si variables, il est prudent de ne pas compter sur les productions sahariennes comme matière première pouvant alimenter nos industries.

Il convient donc de le répéter : c'est là zone de culture intensive qui convient aux plantes industrielles, car elles exigent, pour être rémunératrices, de fortes avances au sol et à la main-d'œuvre.

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