‹ (Les) Cultures industrielles en AlgérieChapitre 25 sur 26 · PRODUITS D'ORIGINE ANIMALE · texte numérisé non relu

PRODUITS D'ORIGINE ANIMALE

Apiculture

Le miel et la cire sont produits en grande partie par les Arabes et principalement par les Kabyles. Les populations indigènes paraissent posséder, environ 200.000 ruches donnant en moyenne 4 kilogrammes de miel chaque.

Miel et cire représentent une valeur de 550 à 600.000 francs.

La cire donne lieu à un commerce de 200.000 fr. environ : c'est une matière demandée.

Le miel est exclusivement employé à la nourriture des indigènes : l'Algérie en importe pour plus de 600.000 fr. par an, car Arabes et Israélites préfèrent le miel au sucre.

L'européen commence à se préoccuper de l'art d'élever les abeilles rationnellement et à l'aide d'appareils peVfectionnés.

Sériciculture

Depuis une trentaine d'années la sériciculture algérienne a eu beaucoup de peine à se relever des pertes qu'elle a subies par les maladies. Des tentatives sont périodiquement faites pour attirer l'attention des petits colons sur cette ressource supplémentaire.

La production des cocons est tombée au chiffre le plus bas et la loi de 1892, qui accorde des encouragements spéciaux à la sériciculture, n'a pu encore favoriser le développement de cette dernière.

De très anciennes expériences ont démontré que la soie obtenue en Algérie était de belle qualité, mais les cours pratiqués en France sous l'effet des entrées étrangères, ne permettait pas de donner à nos produits un prix suffisamment rémunérateur. Tous les éducateurs sont d'accord pour demander un relèvement des droits.

En dehors du ver à soie du Mûrier, on a essayé, sans succès, les Bombyx de TAilante et du Ricin.

Ornithologie Industrielle et Autraeherle

La rareté des oiseaux à l'état sauvage et la disparition de quelques-uns, comme le Grèbe et l'Autruche, ont fait proposer pour la plumasserie rélevage des Aigrettes et des Tourterelles en demi-domesticité, ainsi que la création d'autrucheries.

Cette dernière question est encore à l'ordre du jour.

On sait que depuis un grand nombre d'années, l'Autruche a disparu du territoire algérien et que différentes tentatives de reproduction à l'état domestique de ce grand oiseau ont été couronnées de succès, mais l'élevage économique reste à résoudre.

Les quelques sujets de race barbaresque qui sont en Algérie démontrent que la qualité de leurs plumes les fait classer dans les premiers choix, au-dessus des produits du Gap.

Des projets à l'étude consisteraient à traiter l'Autruche en demi-domesticité, sur de larges espaces à la frontière du Tell et du Sahara, en mettant les tro.upeaux sous la surveillance et la responsabilité de certaines tribus.

On considère actuellement la question de domestication de l'Autruche comme intéressant spécialement l'agriculture saharienne.

Il convient d'ajouter que cette exploitation exige une mise de fonds assez importante et pas intérieure à 100.000 francs.

Produits Industriels de I 9 Agriculture

La grande culture fournit à l'industrie une assez grande quantité de produits qui sont exportés ou travaillés sur place par les Européens et par les indigènes.

L'Algérie exporte annuellement en France ou à l'Etranger :

1° Peaux et pelleteries brutes pour environ 6 millions de francs ;

2° Laines en masse, 8 à 9 millions de kilog. représentant une valeur de 5 millions.

On sait que pour ces matières premières la France est tributaire de l'Etranger auquel elle verse annuellement des sommes considérables et l'Algérie paraît indiquée pour contribuer largement dans la production de bonnes laines.

Cette étude très résumée démontre la situation économique des cultures et des matières industrielles en Algérie et indique les principales causes de succès et d'insuccès à prendre en considération.

Dire qu'une plante réussira en Algérie, c'est émettre une affirmation un peu vague pour ce climat polymorphe : il convient de préciser la région pour éviter des échecs.

Gr>ogIe

Le praticien ne doit pas oublier que toute culture, surtout celle se rattachant à l'industrie, doit être basée sur une convenance de milieu et que pour être rémunératrice la plante cultivée ne doit pas être à la limite climatologique de sa végétation.

Le Rapporteur général :

Ch. RIVIÈRE,

Directeur du Jardin d'Essai à Alger.

Collaborateurs :

MM. BARROT, Propriétaire à Philippe ville.

GODARD, Directeur du domaine de l'Habra, Oran.

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