QUANTITÉS MISES EN CONSOMMATION
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Différence : 277.567.326 fr.
La valeur de ces denrées riches que nos colonies auraient pu nous fournir en 1909 s’élève donc à la somme de 277.567.326 francs. On voit l'importance de la marge qui reste à l’agriculture coloniale française, même en faisant abstraction des débouchés qu’elle pourrait encore trouver à l'étranger. En tenant compte des variations de la consommation et de celles des exportations, on peut estimer que la France paie tous
les ans à l'étranger 250 à 300 millions, rançon de notre
=" E injustifiable politique coloniale. Quoi qu’on puisse dire et penser, l’option se pose en ces termes : Ou le développement des cultures riches est jugé impossible dans nos colonies, soit que l'esprit d’entreprise fasse défaut à notre race, soit qu’on persiste à voir un obstacle dans nos préjugés fiscaux, et nous devons subir honnêtement cette extrémité pénible, refréner nos ambitions coloniales, nous démettre en tant que grand propriétaire africain ou asiatique ; ou, au contraire, ce développement est possible, et il faut alors le provoquer, l’encourager sans retard de toutes nos forces. La raison publique est en droit de réclamer la mise en valeur, sous la forme la plus efficace, du domaine d’outre-mer péniblement conquis par nos soldats. Pour fiers que nous soyons de posséder tant de kilomètres carrés, le sens pratique veut autre chose. À quoi bon avoir des colonies, qui nous ont coûté des milliards, si elles ne sont pas exploitées ? Quelle dérision ! Agrandir sans cesse des territoires, les couvrir de sang et d’or, les envisager comme un champ d’exercices pour les manœuvres de nos colonnes, comme une proie pour les fonctionnaires, et en négliger le développement économique, laisser infécondes leurs merveilleuses richesses agricoles, si c’est là notre politique coloniale, le mot pour une telle chose est vraiment trop ambitieux. Donnons de l’air, par un régime douanier libéral, à nos colonies condamnées aujourd'hui à l'impuissance, fai-
sons-en des établissements de commerce ouvrant de
larges débouchés, attirant, dans le dessein de les utiliser sur place, d'importants capitaux qui ne soient pas seulement des allocations budgétaires, et développant, par contre-coup, le travail et la prospérité de Ia métropole. Créons des plantations qui ne peuvent être qu’une exceptionnelle source de richesses ; nos colonies ont à conquérir, grâce aux denrées riches, un marché de
300 millions de francs par an avec la métropole.