‹ Les cures hélio-marines par les voyages en merChapitre 11 sur 27 · REV CRU · texte numérisé non relu

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phosphatémie se relèvera en plus grande proportion encore.

Dans ce bain de lumière, l'organisme constamment imprégné par la brise marine trouvera un puissant stimulant, cette héliothérapie, appliquée sur une peau toujours maintenue fraîche, n’entraînant aucun des troubles dépressifs si fréquents à la suite des bains de soleil ordinaires.

En même temps, les ultra-violets, par suite de l’élimination considérable des rayons de grande longueur d’onde supprimant ainsi l’antagonisme des radiations si souvent constatées, fourniront leur activité maximum. Dans la lumière solaire, cet antagonisme est en quelque sorte indirect, les infra-rouges provoquant des modifications qui neutralisent celle des ultra-violets (A. Lumière).

D’une manière générale, sous l'influence de ce bain de lumière, frais et riche en ultra-violet, on constatera un accroissement notable de tous les métabolismes (Britisch M. J.). Pour Léonard Hill, et Argill Combell, travaillant à Alton, cette élévation constante de l’activité métabolique, après une exposition au soleil, ne serait pas le propre de J'activité des rayons solaires, mais plutôt le résultat de l’imprégnation constante de la peau par l'air frais : d’où un argument important à l’avantage de l’héliothérapie d’hiver.

En d’autres termes, « le bain d’air, mieux que le bain de soleil écrivent-ils, détermine une augmentation de l’activité métabolique »; mais comme ils sont la plupart du temps associés, il est facile de comprendre que le rôle joué par l’un et l’autre, ait pu être confondu.

Aussi en pleine mer, la brise marine, tel un massage

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léger et constant de la peau, fournira un nouvel élément en faveur de cette héliothérapie laquelle ajoutant son action tonique à celle de l’air du large, entraînera une augmentation des « ingesta » et une absorption plus. considérable d’aliments : d’où modifications des fonctions digestives, en même temps qu’excitation des glandes annexées à la digestion. Une oxygénation plus intense des tissus sera donc nécessaire, produisant par le fait même, des modifications respiratoires.

On comprend ainsi tout l'intérêt et l’importance médicales de ces cures héliomarines. L’air pur du large, en même temps que l’héliothérapie filtrée et sélectionnée, qu’elles offrent au médecin, sont des éléments thérapeuthiques de premier ordre que nulle autre station climatique ne saurait fournir.

A nous donc, médecins, de les recommander dans le: traitement de nombreuses affections; nos malades en retireront des bienfaits qui, en de nombreux cas, les.

conduiront à la guérison.

Indications et contre-indications des Cures héliomarines au large

Sédatif et tonique, telles sont donc les qualités essentielles du climat du large. Tandis que sur le littoral, l'action de l’air est toujours excitante, plus ou moins il est vrai, suivant qu’il y a mer étale, jusant ou flot (Muray), en haute mer au contraire, le climat exerce une influence sédative certaine sur l'organisme tout entier.

Le professeur Laignel-Lavastine a nettement mis en évidence l’importance des phénomènes atmosphériques, en particulier sur le système nerveux.

Au large, cette influence s’exerce non seulement par l’action directe de chacun des facteurs climatiques, degré hygrométrique élevé, haute pression atmosphérique, richesse chimique de l'air, vitesse modérée des vents, grande luminosité, mais également par la constance et la régularité de tous ces phénomènes atmosphériques.

A ceux-ci s'ajoutent le calme et le repos psychique, résultat des conditions spéciales de la vie à bord : Dès que le navire quitte le port, le passager abandonne ses

occupations, ses soucis; il va séjourner durant quelques

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semaines, quelques mois peut-être, en rupture complète avec son milieu, ne recevant par la télégraphie sans fil que des nouvelles politiques générales.

Du reste la curiosité et la sensibilité s’émoussent vite au milieu de l’océan; un passager en mer apprend sans aucune émotion, une nouvelle qui l’aurait considérablement agité à terre, quelques jours auparavant. La sensation de l’impossibilité matérielle d’agir n’est-elle pas un réconfortant de première importance ?

Grâce au voisinage constant d’un entourage paisible, à l’atmosphère de calme et d'inactivité qui l’entoure, le passager se laisse bientôt aller à une paresse presque idéale. « Les oscillations du navire, en obligeant les muscles à un travail incessant, afin de conserver l’équilibre, exercent une certaine stimulation générale, entrainant, non pas une réelle fatigue, mais une lassitude modérée qui incite au repos; exercice dépourvu de violence, qui convient aux faibles, aux débiles » (Gilchrist).

Toutefois il n’en résulte pas que la vie en mer soit monotone; ce n’est pas un repos forcé, et les plus énergiques, écrit le Dr Guillerm, cèdent volontiers à l’action sédative de l’ambiance; il est à remarquer combien peu se fait sentir à bord la nécessité d’une occupation.

Ces séjours en mer offrent donc aux psychothérapeutes, en plus des avantages d’un climat remarquablement favorable, des conditions de vie idéales pour le traitement des névrosés.

La cure de repos et d'isolement n’est peut-être pas aussi complète sur les navires que celle pratiquée dans certaines maisons de santé, tels ces sanatoria répandus

en Amérique, où l’on met en pratique les méthodes de

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