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GÉNÉRALITÉS SUR LA CURE THERMALE DANS LES MALADIES DES PAYS CHAUDS

L'action du traitement hydrominéral et climatique sur les maladies tropicales est assez complexe et faite d'éléments multiples, dont l'étude détaillée obligerait à passer en revue toute l'hydrologie. Il est néanmoins quelques données directrices que l'on ne peut négliger et que je vais indiquer brièvement.

Le séjour aux pays chauds entraîne dans l'organisme certaines modifications qui frappent plus ou moins rapidement de déchéance physiologique l'Européen, acclimaté ou non. Aussi importe-t-il que ce séjour soit fréquemment interrompu de congés assez longs pour permettre aux coloniaux de rentrer en Europe et d'y faire de véritables manœuvres de santé. Ces manœuvres, ils les feront en altitude, dans une des nornbreuses stations s'échelonant à toutes les hauteurs sur nos montagnes françaises.

Le bord de la mer, même sur les côtes fraîchement ventilées de la Manche et de la mer du Nord, ne convient pas au colonial ; il lui faut la montagne en bonne altitude, où il pourra, s'il est valide, faire de l'alpinisme en suroxygénant ses poumons.

Quelques précautions doivent être prises lors du choix de la station. Il faut éviter le brusque passage du iiivea^ii db la mer aux grandes altitudes, et faire une première station ù

6 OU 700 mètres avant de gagner les hauteurs de 12 à 1.500 mètres. En fin de cuiie, il faut éviter encore le brusque changement de pression, et faire un arrêt de quelqujas jours en altitude moyenne avant de regagner la plaine.

La saison et la température serviront encore de guide dans le choix de la station. L'oni ne perdra pas de vuto qu^e le colonial, habitué à la chaleur, craint le froid et tout particulièrement le froid humide. Il lui faut donc des stations ensoleillées, à l'abri du vent, où la température ne s'abaisse pas au-dessous du degré supportable, variable avec les individus.

Certains ultra-coloniaux désireux, pour toutes sortes de raisons, de diminuer le plus possible tous points de contact entre leurs compatriotes et la Mère-Patrie, voudraient que les cures d'altitude fussent faites da-us les colonies mêmes et que l'on mit en valeur les points élevés susceptibles d( recevoir les Européens pendant la saison chaude. Certes, l'idé( est excellente, et l,es Anglais l'ont depuis longtemps réalisée dans leurs possessions de l'Hindoustan, mais elle reste impraticable dans nombre de nos colonies où l'altitude n'existe pas ou bien les points élevés sont tellement éloignés de tout centre qu'une véritable expédition serait nécessaire pour y accéder.

D'autre part, des raisons d'ordre moral rendent indispensable le retour fréquent du colonial vers la Mère-Patrie. Le long séjour en pays chaud ne va pas sans agir d'une façon toute particulière sur l'état psychique, et le contact avec la métropole peut seul combattre la production de cette mentalité coloniale toute particulière, déformant parfois les réalités au plus haut degré.

C'est donc en Europe qu'il faut envoyer en congé les coloniaux, et c'est dans une station d'altitude tempérée qu'ils doivent venir se refaire aussi fréquemment que peuvent le permettre les exigences de leur situation professionnelle.

Ces stations d'altitude sont nombreuses en France, elles sont variées, et je dois dire bien haut qu'elles peuvent,, tant au point de vue du pittoresque que de l'action tonique, soutenir la comparaison avec toutes les stations d'altitude de l'étranger. Il est partout en France, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans le Plateau-Central, dans les Vosges, dans le

GÉNÉRALITÉS SUIl LA CDHE THEHMALE.

Jura, en Dauphiné comme en Savoie, en' Auvergne comme en pays basque, des nids de verdure d'où le regard embrasse un horizon féericpie, où le soleil inonde d'el sal lumière des prairies et des vallées, où mugissent les torrents et ruissellent les cascades, où d'épaisses forêts de sapins et de mélèzes permettent de longues promenades et de douces flâneries. Partout, l'on peut trouver ces bons hôtels de montagne, où, loin du bruit et des caravansérails des stations à la mode, le colonial rencontrera le calme et le repos, la nourriture saine, le bon lait et les marches sans fatigue. Là, il reprendra apipétit, là, il retrouvera le somrneil, là, il calmera son système nerveux surexcité, là, il se sentira mieux vivre au milieu de ces populations françaises auxquelles il tient par tant dé liens de race et d'affection.

C'est donc aux stations d'altitude françaises que doit aller le colonial en congé pour faire provision de santé et de vigueur.

Dès que la maladie entre en jeu, la cure die repos en altitude n'est plus suffisante ; il n'est plus assez de tomifier l'organisme, il faut modifier l'état des organes et d'es humeurs, il faut faire une cure theririale.

Cette cure, elle sera souvent mixte, car nombre de stations d'eaux sont en hiême temps des stations climatiques. Dans toute station thermale, en effet, le climat 'et ratmosj)hère viennent jouer un rôle actif à côté du rôle des eaux employées en boisson ou en applications extern'es, et ce facteur ne doit pas être négligé dans la prescription thérap^eutique de la cure. Il aide à expliquer pourquoi et comment les eaux minérales embouteillées et transportées loin de leui- source ne produisent jamais les effets thérapteutiques que donnent les eaux bues au griffon ; transportées au loin, ces eaux n'ont plus les mêmes propriétés vivantes, radio-actives, colloïdales, et leur absorption ne s'accompagne plus de cette action toute particulière due au climat et à l'atmosphère, qui jouent un si grand rôle dans les cures hydrominérales faites à la sta'tion même.

Bien rares sont les Européens qui passent un temps plus ou moins long aux pays chauds sans subir l'influence nocive du clin^at >et sans présenter des troubles de la nutrition générale précédés ou suivis de lésions organiques portant le

plus souvent isur l'appareil digestif et sur ses annexes. Dès leur retour en Europe, ces coloniaux doiv*ent s'empresser de faire une cure thermale répondant aux indications générales et locales fournies par leur état de santé, cur'e seule capable de produire en peu de tem'ps des restaurations organiques et des réfections fonctionnelles, 'en même temps que le retour de l'activité cellulaire génér,ale.

Les climats.

Aviant de rechercher les indications du traitement hydrominéral et climatique dans les maladies tropicales, il me paraît indispensable <ie définir tout d'abord ce qu'est un'pays tropical let ce que sont les maladies tropicales.

D'après Lesueur, les climats tropicaux sont compris entre l'équateur thermal (+28°) et la ligne isotherme de +25; ils appartiennent à la zone torride comprenant en Afrique le Sénégal, la Sénégambie, la Guinée et le Congo, le Fezzan et le Soudan, l'Abyssinie, le Zanguebar, le Mozambique.

En Asie, ils renferment l'Al-abie, le Sud de la PerSe et le Bélouchistan, l'Hindoustan, la Birmanie, le Siam et l'Annam.

En Océanie, ils comprennent, en Malaisie, les îles de la Sonde, les Philippines, les Célèbes, les Moluques, la Nouvelle Guinée; en Polynésie, les Carolines, les îles de la Société, les îles Marquises.

En Amérique, ils limitent le Mexique, l'Amérique centrale, les Antilles, la Colombie, la Guyanne et le Nord du Bréteil.

Toutes nos colonies, sauf celles de l'Afrique du Nord, sont comprises dans cette zone, *qui englobe les deux tiers du globe, l'Europe seule restant complètement en dehors d'elle. '

Notre Afrique du Nord, Algérie, Tunisie et Maroc, est en dehors de la zone torride, dont la sépare une large bande de désert sans ^Inie. Elle appartient aux climats chauds, allant de la ligne isotherme + 25° à la ligne isotherme + 150 Sa situation entre l'Afrique centrale et l'Europfe et sa population indigène Contraignent à ne pas la passer sous silence, bien que 'par sa situation géographique elle ne doive pas appartenir à la pathologie tropicale. ^ Si la division géographique, en effet, devait entraîner la

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