LES GASTRO-ENTÉRITES COLONIALES INFANTILES
Un paragraphe spécial doit être consacré aux gastro-entérites infantiles, dont la fréquence et la gravité aux pays chauds causent une mortalité fort élevée.
Au point de vue étiologique, la gastro-entérite infantile est aux colonies ce quelle est dans la métropole. Une légende veut que les enfants naissent moins résistant aux pays chauds ; c'est une erreur, et des statistiques que j'ai établies pour l'Afrique du Nord il résulte que la mortalité des enfants de 0 à 6 mois est de 5,38 0/0 en Algérie, au lieu de 6,2 en France. Mais après le sixième mois, les conditions changent et il meurt en Algérie 5,07 0/0 des enfants contre 3,90 en France. Le sevrage et l'alimentation défectueuse sont en grande partie responsables de cet excès de mortalité, comme ils sont aussi responsables de 1^ morbidité excessive par gastro -entérite ( 1) .
A rencontre des affirmations des classiques, je n'ai pas remarqué en Afrique du Nord l'héridité directe, et je n'ai note de gastro -entérites chez les enfants de dyspeptiques et dentériques que lorsque l'alimentation défectueuse chez les parents entraînait une mauvaise direction alimentaire chez les enfants.
La gastro-entérite peut frapper l'enfant à toutes les périodes de sa vie. De la première, qui va jusqu'au sevi'age,
U^u^^'Z^mr'-^''^' Société 0,.tétricale et Gynécolo-
LKS CUUKS THUMMALES DANS LES MALADIES DES l'AYS CHAUDS.
je lie m'occuperai pus en raison de l'inipossibililé d'agir sur elle par les cures Iherniales ou clinialiques.
C'est à l'époque du sevrage que sont surtout fréquentes les gastro-entérites, et c'est sur ces affections, passant si fréquemment à l'état chronique, qu'agissent merveilleusement les cures thermales et climatiques.
Ces gastro -entérites sont considérées surtout comme des maladies de la classe pauvre. C'est, en effet, dans les couches sociales inférieures que, dès les premières chaleurs, la gastro-entérite fait de véritables hécatombes ; mais ses ravages s'étendent aussi dans les pays chauds aux classes sociales élevées, et nombreux sont les enfants de familles aisées qui lui paient un bien lourd tribut.
L'alimentation défectueuse joue ici le rôle le plus important au point de vue étiologique, mais la température et l'état hygrométrique sont aussi des facteurs qu'il convient de ne pas négliger. C'est aussitôt les premières chaleurs de l'été que se produisent fréquents les cas de gastro-entérite, qui prennent souvent alors dans la grande ville une allure véritablement épidémique.
L'excès d'alimentation, la mauvaise qualité du lait doivent évidemment être incriminés avant toute chose, mais il y a plus, la chaleur, et tout particulièrement la chaleur humide a sur les voies digestives une influence inhibante toute particulière qui fait que des enfants au sein ont, sans raison apparente, des troubles intestinaux durables dès la première élévation de la température. . h i^
Y a-t-il une action directe sur le nourrisson ou faut-ii incriminer l'influence de la chaleur sur 1^ sécrétion mammaire et la transformation des produits physiologiques en produits toxiques ? La question est trop complexe pour pouvoir être ici résolue. Quoi qu'il en soit, l'action de la chaleur comme facteur de gastro -entérite infantile est indemable ( 1) .
iU A Lesa-e La vague de chaleur et les nourrissons (Bulletin médical' n. 64 19 aoùfl'gil p. 723). - Lieufmaun, L'influence de la chaleur sur la :;.o! /ai!L dcï noin-Lons à BerUn (lll- Congrès international des Gouttes de
'11)Shel, Rapport à la 8S' réunion des naturalistes et médecins alle-
/hJnce de la chaleur chez les jeunes dnens iSocietè de léduUue, 1912).
LlîS CASTItO-ENTÉRlïES COLONIALES INFANTILES.
Dans la période aiguë des gastro-entérites, alors que l'enfant a des vomissements, de la fièvre, de la diarrhée fétide, de l'amaigrissement rapide, il ne peut être question de traitement thermal ou climatique, mais aussitôt la période sm*aiguë terminée, en raison de l'évolution particulière do la maladie, un changement de milieu s'impose, et l'enfant doit être soustrait à l'influence de la chaleur. En effet, bien rares sont les gastro-entérites qui guérissent complètement. Même après une atteinte légère, nombre d'enfants gardent un tube digestif fragile ; ils sont sujets à des rechutes fréquentes auxquelles succède souvent l'entérite chronique. Aussi, quand un retour vers la métropole sera impossible, il faudra dans la colonie même conduire au plus tôt ces enfants vers des régions d'altitude maxima, où ils seront soustraits à l'influence nocive de la chaleiu* humide des régions plates et des bords de mer pendant la saison chaude. i
Vers les stations thermales et climatiques de la métropole iront surtout les petits entériques chroniques dont le traitement exige, pour être suivi de résultats favorables, la parfaite connaissance de l'évolution anatomo-pathologique et clinique de la maladie.
Je ne puis m'étendre longuement sur cette question ; mais je dois ï)ourtant dire combien l'entérite mai'que profondément l'organisme infantile et cause de lésions graves et durables des organes les plus précieux de l'économie.
Du côté de l'intestin, les glandes sont le pjus frappées • une véritable dégénérescence des cellules glandulaires se produit, accompagnée de lésions congestives et inflammatoires. Mais la maladie étant.surtout une intoxication à foyer intestinal, là ne sont pas les principales lésions ; c'est à disance et par voie ascendante que se produisent les effets des toxines, et le foie, le pancréas, la rate, les reins, les capsules touchïï. "^^^''^^'''i''^^' «ont principalement
Ces petiots intoxiqués présentent alors de profondes modifications de la nutrition générale et ne tardent pas à devenir
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derniembre? n "^^^'^"^^ thorax et
de membies Ils conservent une diarrhée opiniâtre subissant des cxacerbalions sous la moindre influence
Chez ccrlains eiil'aiits, l'atrophie est poussée à sa limite la plus extrême : c'est l'athrepsie de Parrot, qui met le petit malade à la merci des complications les plus graves et les plus rapidement mortelles.
D'autres fois, l'évolution se fait plutôt vers le rachitisme, et chez ces malheureux enfants, l'intumescence abdominale s'accompagne de dystrophies costales et épiphysaires.
Le traitement des gastro-entérites infantiles.
Dans toutes ces formes de l'entérite chronique, le traitement est difficile. Il repose avant tout sur une diététique ahmentaire sévère, que complique beaucoup l'intolérance des voies digestives de l'enfant. Le problème est complexe: Il faut à la fois alimenter le petit malade, rétablir les fonctions gastro -intestinales disparues et désintoxiquer l'organisme Or, si une diététique rationnelle répond à la première ■indication, non sans grosses difficultés, aucune médication pharmacodynamique ne répond aux deux autres, et c'est a la physiothérapie qu'il faut s'adresser si l'on veut obtenu* des résultats favorables.
La cme d'm'-
Le changement d'air s'impose dans toute gastro-entérite chronique et, chaque fois que cela sera possible, la cure d'altitude.
La France est pleine de stations climatiques propres a recevoir les petits gastro-entériques, et les Alpes, les Pyrénées le Plateau Central, les Cévennes, le Jura et les Vosges fourmillent de stations charmantes où, au bon soleil, au milieu des sapins, les petits malades f eront leur cure d air en même temps qu'une cure de lait de vache, de lait caille onde babeurre.
La curé therimle.
Mais la cure d'altitude ne suffit généralement pas à guérir l'entérite chronique; si elle tonifie l'état géiiéral, elle es sans action sur- l'intoxication qui a profondement atteint l'organisme. Seules certaines cures thermales permettent cette désintoxication par leur action générale sm' l'organisme en même temps que par leur action directe siu' les organes lèses.