I.KS OASTRO-ENTÉIUTES DR l'aDULTE
C'est une iiiriaimnatiou chronique de l'inteslin à évolulion lente, Iréquente aux pays tropicaux et particulièrement en Extrême Orient. Après lin séjour plus ou moins prolongé dans la colonie, la maladie a commencé par un fonctionnement irrégulier de l'intestin. Une diarrhée bilieuse matutinale s'est produite sans qu'aucun autre symptôme soit venu inquiéter le malade. Puis se sont formées dans la bouche et sur les lèvres de petites excoriations passagères s'accompagnant, pendant leur évolution, d'un redoublement de diarrhée. Un peli plus tard, les selles ont perdu leur caractère bilietix pour devenir spumeuses et décolorées. Des symptômes dyspeptiques ont fait leur apparition, des crampes d'estomac, de la gastralgie, de la ï)esanteur, du ballonnement après les repas. Ces troubles gastro -intestin aux ont été s'accentuant avec de violentes 'exacerbations lors du moindre écart alimentaire, et l'état général s'est lentement altéré. Le malade s'est senti de plus en plus las ; Le moindre mouvement s'est transformé en fatigue, l'amaigrissement s'est accentué, le sommeil a disparu, la peau est devenue sèche et rugueuse, les cheveux cassants, le teint cachectique et la diarrhée, de matutinale qu'elle était au. début, est devenue constante.
Dysenterie chronique. — Tout à côté de cette diarrhée d'origine microbienne encore indéterminée, il faut placer la dysenterie chronique, dont la plupart des manifestations pathologiques et le traitement se confondent avec ceux de la sprue.
La dysenlerie est très répandue aux pays chauds, où elle augmente de fréquence et de gravité en descendant vers l'équateur. Elle a pour caractéristique anatomique l'inflammalion du colon aboutissant à l'ulcération.
La dysenlerie bncillulre, qui se rencontre aussi dans les pays tempérés, est fébrile, à évolution courte, non récidivante. Elle ne conduit pas à l'abcès du foie, au contraire de la dysenlerie amibienne qui en est le facteur principal.
La dysenlerie amibienne est la forme endémique des pays chauds ; elle est à évolution brusque, mais sans fièvre, ou chronique d'emblée, avec de fréquentes exacerbations conduisant à la cachexie. Les suites sont plus graves que la maladie elle-même, car elle cause fréquemment, avec l'abcès du foie, l'ulcéralion chronique de l'intestin, son rétrécissemont et son occlusion.
18 LES CUllES ÏHEIIMALES DANS LES MALADIES DES PAYS CHAUDS.
Passée à l'clal clirunique, la dysciilerie est pour le malade une cause de soulTrances conLinuelles. Avec de l'anosexie, des digestions pénibles, des vomissements alimentaires, du tympanisme, il a des selles abondantes, d'abord mucoïdes, accompagnées d'épreintes et de ténesme, puis, plus lard, décolorées et spumeuses. A ce moment, rien ne différencie plus la dysenterie chronique de la diarrhée chronique des pays chauds et le traitement climatique et hydrominéral devient celui de toutes les entérites coloniales, tendant à remonter les forces du malade, à s'opposer à sa déchéance organique, à modifier l'état intestinal et à empêcher les infections secondaires.
Les colites chroniques. - Le traitement est encore le même dans les colites chroniques, superficielles et profondes, fréquentes aux pays chauds et formant un chapitre encore assez obscur de la pathologie tropicale.
Le traitement hydrominéral des gastro-entérites chroniques.
Le traitement de ces états gastro-intestinaux, que l'on en fasse des états purement gastriques ou purement intestinaux ou gastro-intestinaux, repose sur la cure physiothérapique, dont le traitement thermal est la base la plus solide.
Quelles sont donc les eaux minérales vers lesquelles nous devons diriger les coloniaux atteints de troubles de 1 appareil
"^TaTdil plus haut que toutes les stations thermales réclamaient ces malades et prétendaient produire sur leurs desordres gastro-intestino-hépatiques les plus merveilleux ef-
^lîfaut pourtant établir une distinction, et, si, dans nombre de stations thermales et climatiques, les -lomaux^ ~ le repos l'air pur et l'hydrothérapie qui leur sont neces sti es ; en es^ bien peu dont l'action physiologique sur 'estomac l'intestin ou le foie, soit vraiment démontrée Trois c:res pourtant produisent des effets d'une i^^^^^^ lité et arrivent, sinon à guérir toutes es gastio- nie ites M moins à produire dans la plupart d'entre elles des effets
thérapeutiques sérieux. ^„f,nro chez un
Pourtant un certain scepticisme persiste encore chez un
LES GASTRO-ENTÉRITES DE l'ADULTE.
grand nombre de médecins à l'cncontre des cures thermales qu'ils semblent considérer à tort comme une médication sans importance chez les gastro-entéropathes, quand elle n'est pas nocive. Ce préjugé provient de ce que la clinique des eaux minérales n'est pas enseignée aux médecins comme elle devrait l'être, de ce que les indications des cures thermales sont encore imprécises dans l'esprit de nombreux praticiens, et encore et surtout, de ce que l'on veut exiger de cette médicalion une action immédiatement et infailliblement curatrice, ce que ne saurait faire aucun des agents thérapeutiques actuellement employés.
Une cure thermale ne doit jamais être prescrite à la légère quand il s'agit d'affections de l'appareil digestif ; elle doit venir au moment voulu, comme une épisode dans la série des prescriptions thérapeutiques. Le diagnostic pathogénique étant posé, un plan thérapeutique doit être établi, dans lequel entrera à son heure la cure thermale comme élément curatif. Or, toute cure thermale doit être dissociée en un certain nombre d'éléments primitifs, dont chacun a son importance.
Il faut d'abord que le malade ne vienne pas aux eaux avec l'idée nette et arrêtée d'y passer 21 jours, quel que soit l'effet produit. Ces trois semaines de cure pourront améliorer des malades légèrement atteints ; elles sont la plupart du temps insuffisantes quand il s'agit de modifier à la fois et un état local et un état général.
En second lieu, pendant sa cure, le malade ne doit pas se départir d'un régime conforme à son état. L'on voit souvent des personnes astreintes depuis de longs mois à un régime sévère faire des infractions réitérées ou même abandonner tout régime pendant la cure sous le fallacieux prétexte que les eaux permettent une alimentation plus variée. Cette tendance est généralement encouragée par la table trop riche des hôtels de villes d'eaux, où l'alimentation carnée et les préparations culinaires fermentescibles tiennent toujours une place exagérée. Certaines liydropoles ont à peu près résolu le problème et ont la bonne fortune de posséder des hôteliers qui, sous la pression constante du corpjs médical, consentent à avoir des labiés de régime où sont convenablement appliquées les prescriplions diététiques. Mais c'est
encore là l'exception et l'on trouve peu de maisons qui veuillent bien s'astreindre à servir à leurs pensionnaires les mets exiges par leur médecin.
Enfin, à la cure de boisson doit être alliée une cure physiothérapique, où les moyens physiques, hydrothérapie, thermothérapie, kinésithérapie, massothérapie, etc., seront consécutivement ou corrélativement employés, selon les indications.
C'est à ce prix seulement qu'une cure thermale produira les effets précis que le médecin est en droit d'^en atlendre au point de vue thérapeutique.
Voyons tout d'abord quels sont les moyens de cure applicables aux gastro-entérites coloniales.
Boiisson.
En première ligne vient la boismn, principal élément de la cure.
Deux facteurs sont à envisager : la température et la quantité. Les eaux qui sont le mieux supportées par ces malades sont les e^ux charades. Chose curieuse, alors que de ï'eau ordinaire tiédie à 30° provoque si souvent des nausées, l'eau minérale naturellement chaude est admirablement tolérée et ne cause pas le moindre malaise. Bien au contraire, sous son influence, les douleurs s'amendent, l'appétit renaît, les fonctions se régularisent, et le malade ne tarde pas à ressentir un réel bien-être.
La dose prescrite a une très grande influence. Elle est évidemment subordonnée à la nature de l'eau, mais il semble pour certaines d'entre elles que les petites doses souvent répétées aient une action beaucoup meilleure que les fortes doses très espacées.
L'heure d'administration de l'eau a aussi son importance. L'expérience a établi que les effets les meilleurs sont ceux que produit l'eau absorbée le matin, alors que l'estomac est au repos depuis la veille.
Moifep.s externes.
Lamges intestinmix. — Après la cure de boisson, il faut p:acer l'eau donnée par Fintestin sous forme de lavages intcstin^ux.
LES GASTRO-ENTÉniTES DE r/AHULTE.
L'oi)inion des médecins a beaucoup varié sur la valeur Ihérapcuticiiic de ces lavages, et il semble qu'un ostracisme Irop sévère ait suivi un engouement excessif. Après avoir fait des irrigations intestinales la base du traitement de certaines villes d'eau, l'on a voulu les bannir complètement des prescriptions courantes ou en faire une médication d'exception.
Pourtant, l'irrigation intestinale a du bon chez beaucoup de gastro-entériques et si son administration a été suivie parfois d'effets défavorables, il faut en accuser non la médication elle-même, mais la façon dont elle a été appliquée. L'on a voulu souvent laver l'intestin à grande eau comme on lave un tube de caoutchouc adapté à un robinet, avec une pression excessive, avec xme eau trop chaude, et en quantité trop grande. L'on a lavé inconsidérément les atones et les spasmodiques, les diarrhéiqiies et les constipés, les pléthoriques et les anémiques, et l'on a enregistré tout naturellement un grand nombre d'insuccès.
Quand le lavage intestinal est rationnellement prescrit et que son application est convenable, il permet d'obtenir d'excellents résultats, aussi satisfaisants pour le malade que pour le médecin.
Les lavages intestinaux sont généralement mal supportés par les diarrhéiques ; ils produisent des manifestations douloureuses, prenant parfois la forme de crises aiguës.
Chez les constipés, au contraire, l'action est prompte et favorable. Une série d'irrigations quotidiennes tièdes vide à fond le rectum ; pnis les irrigations suivantes, données à température graduellement croissante et à dose modérée, excitent à. la fois les contractions musculaires intestinales, les sécrétions glandulaires et la biligénèse.
Quelques conditions s'imposent h la douche ascendante et le médecin doit toujours s'assurer de leur parfaite observation.
1° La douche ascendante doit toujours être donnée dans la position horizontale et jamais en position assise ;
2" Ln pres.sion de Tenu ne doit jamais être élevée et doit toujoin-s être minima, juste suffisante pour faire pénétrer le !i(iuide dans l'inlestin ;
3° Le liquide devra pénétrer très lentement afin d'éviter la distension brusque des parois intestinales ;
4° La quantité d'eau introduite en une seule fois ne devra jamais dépasser un litre.
Avec toutes ces précautions et en tenant bien compte des indications, les lavages intestinaux à l'eau minérale vivante contribueront utilement à la cure hydrominérale des troubles gastro-entériques du colonial.
Hydrothérapie. — U hydrothérapie joue un grand l'ôle fclans le traitement des gastro-entérites, et son action est particulièrement favorable chez les coloniaux, dont le système nerveux et la nutrilion sont généralement altérés.
Douche. — La douche chaude ( 35 à 40°) donnée sur l'épigastre combat favorablement les douleurs de la région stomacale ; elle doit être administrée avec précaution pour éviter une exacerbation des douleurs et avec une pression d'autant moindre que la sensibilité est plus grande.
S'il y a atonie gastrique, anorexie, dilatation, la doiiche froide est indiquée, avec une pression d'autant plus forte que le malade la pourra mieux supporter.
Cette atonie s'accompagne bien fréquemment d'un état neurasthénique plus ou moins accentué, sur lequel l'eau froide aurait une action plutôt défavorable. Il faut alors commencer par la douche chaude, que l'on refroidit progressivement.
Les troubles hypersthéniques indiqueront la douche chaude à température graduellement croissante et à pression modérée. ^ '
Du côté intestinal, les vives douleurs et les coliques seront combattues par l'eau chaude.
La constipation, si elle est due à l'atonie simple, indiquera la douche froide locale et générale. Si elle est due au spasme, il faudra commencer par la douche chaude et recourir aux applications très chaudes. Si, chose fréquente, le spasme alterne avec l'atonie, il faudra donner la douche locale très chaude avant d'employer le jet froid. Ce sera aussi le traitement de l'entéro-colile, sur laquelle l'eau chaude agit tout particulièrement.
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La douche sous-irtarine. — A côté de la douche, il est un mode hydrolhérapique dont les effets sont excellents dans toutes les manifestations douloureuses non organiques de l'appareil digestif, c'est la douche sous-mtarine.
La douche sous-marine se donne dans une petite piscine individuelle où le malade est assis, le corps étant immergé jusqu'au cou. Le bain est pris à eau courante à 35° pendant dix minutes, puis, au moyen d'un gros tuyau mobile «t flexible auquel est adapté un embout réalisant le jet plein, le jet aplati ou la pomme d'arrosoir, une douche liocaje est donnée sous l'eau, à très forte pression et à température élevée. Le jet est dirigé de plus ou moins pr^s sur la région douloureuse, déprimant profondément la paroi abdominale, tout en produisant une sensation plutôt agréable.
L'action de cette douche sous-marine est due à l'eau très chaude, à la pression et au massage produit ; elle est très favorable, et bien rares sont les manifestations douloureuses de l'estomac et surtout de l'intestin que ne parvient à amender cette douche sous-marine convenablement appliquée.
Le bain. — A défaut de douche sous -marine, l'immersion dans l'eau dormante donne souvent de bons effets chez les gastro-entériques.
Le bmn froid en piscine ou en baignoire est plutôt défavorable ; c'est au bain tiède ou chaud qu'il faudra recourir, en en variant, selon les indications, la température et la durée.
Donné court, de 5 à 10 minutes, le bain très chaud à 38° et au-dessus est tonique ; plus long, il est sédatif, puis déprimant. Il est bon pendant ce bain de maintenir sur la tête un linge humecté d'eau fraîche pour éviter l'hyperémie céphalique.
Le b(àn chaud, de 34 à 38°, d'une durée de 10 à 30 minutes, est celui qui convient tout particulièrement aux gastro-entériques. Il a un effet sédatif bien marqué qui le rend précieux dans les affections douloureuses de l'abdomen.
A ces bains, Fou ajoute souvent des pratiques hydrothérapiques variées : demi-bains, af fusions, lofions, enveloppements,^ drap momllé, etc., sur lesquels je n'insisterai ,pas maigre leur action efficace, car leur emploi n'est pas spécial a la station thermale et peut être réalisé en tous lieux
2ï LES CURES THERMALES DANS LES MALADIES DES PAYS CHAUDS.
Dans les slatioiis thermales, loiitcs ces applications hydro- Ihérapiqiies sont faites à l'eau minérale, soit pure, soit coupée d'eau ordinaire dans des proportions définies. L'eau chaude peut être à sa température de sortie du griffon, ou bien refroidie ou bien réchauffée.
Une question se pose. L'eau minérale agit-elle en applications hydrothérapiques par sa température et sa pression, ou doit-elle son action aux substances qu'elle contient ? Cette question, longtemps controversée, a été résolue par l'affirmative pour les gaz et pour quelques corps chimiques, et il est incontestable que les eaux alcalines, les eaux carbo-gazeuses, les eaux salées, les eaux sulfureuses, ont sur l'organisme une action due aux substances qui y sont contenues à l'clat de solution ou de simple mélange. A<prèls le bain plus ou moins prolongé, l'on retrouve dans les urines certains éléments chimiques propres à l'eau employée et l'absorption de gaz par la peau ne fait plus de doute dans l'esprit des médecins.
Le imssage. — Le massage employé dans les stations thertmales ne mériterait pas de mention spéciale s'il ne faisait subir au malade une véritable préparation à la cure. Employé avant la douche et le bain, il active la circulation et met l'organisme en meilleure disposition pour subir favorablement l'action de l'hydrothérapie.
Le ntas^affe sous Veau. - Dans certains cas, massage et hydrothérapie sont réunis dans le niassage soiis Veau. Le procédé le plus habituellement employé est la douche ntassage de Vichy, qui s'applique au malade étendu sur un ht de
sangle. ,
L'eau à 36° coule sur tout son corps d'une rampe placée à Im 50 au-dessus, pendant que deux masseurs massent ensemble tous les muscles. Le massage abdominal ainsi pratiqué donne de très bons résultats dans l'atonie gastrO-intestinale et la constipation, à la condition toutefois qu il soit fait avec la plus grande douceur.
La thermothcmpîe. - La fhermothérapie mérite une place à part à côté de l'hydrothérapie qui lui a emprunte une par-
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lie do son action physiologique, car « les effets caloriques de l'eau minérale sont ctndics avec l'hydrothérapie et la therinolliérapie englobe seulement les autres sources de chaleur, lumière et air ( 1) » .
L'action de la thermothérapie est des plus manifestes sur les maladies de l'appareil digestif, et son emploi dans nos stations thermales est un adjuvant précieux à la cure de boisson.
Dans ces affections, la chaleur employée en applications locales donne des résultats précieux et durables. Son emploi est déjà fort ancien, et l'on a prescrit de tous temps contre la gastralgie et les coliques les cataplasmes chauds, les compresses échauffantes, les thermoplasmes, les sacs d'eau et de sable chaud, etc.
Actuellement, les procédés calmants tendent à s'ériger en méthode thérapeutique, et l'emploi de la thermothérapie donne les plus grandes satisfactions.
Par le surchauffage lumineux de l'abdomen, M. Miramond de Laroquette et le professeur Simonin ont obtenu d'excellents résultats dans les diarrhées de Cochinchine et les diarrhées coloniales chroniques ; la restauration fonctionnelle de l'intestin, du foie, du pancréas et des reins a permis le retour de la sécrétion des glandes intéressées, la reprise de l'alimentation et l'amélioration de l'état général. Au cours de la cure de Vichy, j'ai eu fréquemment recours, dans les gastro-entérites, coloniales et autres, au surchauffage de l'abdomen avec la douche d'air chaud et je n'ai qu'à me louer des résultats obtenus, toujours satisfaisants, parfois surprenants par la rapidité de leur action analgésiante et tonique.
Les .stfttims thermales propres au traiténteM des ffasfroenfériquies. - Voyons maintenant quelles eaux minérales conviennent le mieux au traitement des entérites des pays c^hauds. Le problème est assez complexe, car, comme je l'ai dit plus haut, un très grand nombre de stations thermales rec ament les coloniaux, et il est assez délicat de m-endre nettement position dans la question. Dans toutes les stations le colonial peut faire plus ou moins bic.i une cure d'altitude
(1) Pariset : Hffdrothérapie, in Traitéde Thérapeutique, x\e Gilberl et Caniol
et de repos, mais les stations dans lesquelles il fera une \a'aic cure d'estomac et d'intestin sont peu nombreuses et méritent pourtant d'être bien connues, avec leurs indications et leurs contre-indications, qui exigent parfois du médecin un sens cliniqiie fort subtil et une parfaite connaissance de la ganim'e hydrominérale. C'est seulement après un examen approfondi du malade que le médecin décidera son envoi vers une station véritablement intestinale ou vers une de ces stations où, l'intestin passant au second rang, il importera de modifier au préalable le foie ou la nutrition.
En tête des stations intestinales viennent Châtd-Gmjon et Plombières qui, par une action physiologique différente, agissent sur l'intestin, l'une directement, l'autre par l'intermédiaire du système nerveux abdominal. Chacune de ces stations a ses indications particulières s'adressant à un mode particulier du pathologisme intestinal.
L'ea^u de Châlel-Guyon, alcaline, gazeuse, chlorurée-magnésienne, exerce son action principale sur la fibre hsse de l'intestin, dont elle régularise les fonctions. Elle combat l'atonie et active les sécrétions, supprime l'auto -intoxication, tout en agissant favorablement sur l'état général Or, ce sont là des indications que présentent fréquemment les entéritiques coloniaux, qu'il convient d'envoyer a Chate - Guyon quand ils n'ont ni manifestations douloureuses du cote de leur intestin, ni sang dans les garde-robes
S'ils présentent fréquemment des crises douloureuses, s ils font de l'entérite ou de la colite avec ou sans diarrhée chronique c'est vers Plombières, aux eaux hyperthermales faiblement minéralisées, qu'il faudra diriger ces malades. ^
Là la cure de boisson sera peut-être secondaire, mais la cure'externe, par bain ou par douche intestinale, aura sou vent raison d'entéropathies invétérées, contre lesque les avaient échoué toutes les autres "médications emp oyees ^ selles diminuent rapidement de fréquence et de "^^dite ^e^ douleurs s'amendent, l'appétit reprend et le malade s améliore au fur et à mesure que sa cure s'avance.
A côté de ces deux stations intestinales viennent se grouper d'autres stations pouvant convenir aux ^"^éritiqucs co lon^^^^^^ selon les indications qu'ils présentent et selon les symptcnnes surajoutés ou consécutifs. C'est ainsi que l'on pourra envoyer
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les gaslriques cl les iicp.aticiLics ù Vicbij ou à' Brides, les nerveux à Néris ou ù Luxeuil, les réuaux à Eviwi ou à Saint- Nectaire, les arthritiques à Yicliij ou à Bourbon-Loflci], les paludéens à Yichij, etc., etc.
Quelle que soit la station choisie, il importe de ne jpas perdre de vue que la cure doit y être longue et conduite avec une douceur d'autant plus grande que les lésions sont glus récentes, plus marquées et que l'état général est plus atteint. D'autre part, il sera bon parfois d'associer deux cures complémentaires comme la cure de Châtel-Guyon et celle de Vichy pour obtenir des résultats durables.
En effet, si l'intestin est généralement le premier touché, il n'est pas seul frappé, et bien des malades purement intestinaux au début deviennent ultérieurement des hépatiques, chez lesquels les signes intestinaux passent en second rang, alors que les troubles de la fonction hépatique dominent. Un examen anatomo -pathologique de l'appareil digestif de ces vieux entériques décèle seulement, du côté de l'intestin, des lésions congestives. Souvent on trouve aussi des lésions glandulaires qui sont facilement réparables sous l'influence d'un régime sévèrement suivi pendant le temps nécessaire.
Du côté du foie, il n'en est malheureusement pas de même. Un foie touché par une infection d'origine intestinale quelle qu'elle soit reste marqué au point de vue anatomot-palliologique et fonctionnel. Que l'on admette avec Glénard la lésion de la cellule hépatique ou avec Gilbert celle de la cellule biliaire, l'élément noble est lésé, la dysfonction s'installe et, avec elle, tout le cortège des états hépatiques, douleurs à l'hypocondre, teint bilieux, coliques hépatiques, urines foncées, etc..
Ce sont ces entéro-hépatiques qui bénéficient nettement de l'association des cures de Châtel-Guyon et de Yichij. Noanbre d'entre eux, qui ne subiraient aucune influence durable de l'une ou de l'autre de ces deux cures isolément prescrites, retirent les plus grands bénéfices de la ciu'e associée. Châtel-Guyou nettoie l'intestin ; il décape sa muqueuse et la décongestionne, stimule ses glandes, mochiic la consistance des selles. Vichy désintoxique le foie, régularise sa circulation et ses sécrétions, favorisant ainsi l'hématopoiôse cl stimulant la nutrition, cl de l'action réunie des deux sta-
lions résulte une amélioration sérieuse conduisant à une yuérison durable. En outre, la cure de Vichy a sur l'organisme une action désintoxicante qu'il importe d'utiliser chez les entériques dont tous les troubles à distance sont d'ordre toxique. \ ! ' '
Il y a donc intérêt chez tout entérique colonial présentant un retentissement hépatique plus ou moins marqué, de prescrire l'association des cures Châtel-Guyon-Vichy, l'action de Châteli-Guyoïi pouvant précéder celle de Vichy. . Chez les entériques sans retentissement hépatique, mais à anémie très prononcée, la cure Châtel-Guyon devra être suivie d'une cure à la Bomboule, dont les eaux arsenicales agissent très favorablement chez ces malades.
En résumé, toute gastro-entérite chronique contractée aux pays chauds exige une cure thermale. Selon les indications, cette cure sera chlorurée Mcarbonatée, à Châtel-Guyon ( Puyde-Dôme), à Royat (Puy-de-Dôme), à Saint -Nectaire (Puydo-Dôme, 784 mètres) ; — bicfu-b'omtée s.odiqu\e] forte à Vichy (Allier, 260 mètres), à Vais (Ardèche, 243 mètres) ; — bicarbonatée sadique faible, à Andabre (Aveyron, 437 mètres), à Evian (Haute-Savoie, 380 mètres), à Château-Neuf (Puyde-Dôme, 558 mètres) ; — bicf(rbo\n\atée mixM\ à Alet (Aude), à Saint-Alban (Loire), à Saint-Galmier (Loire), à Pougues (Nièvre, 190 mètres) ; — ar^ûiùoale à la Bom^boule (Puyi-de- Dôme, 850 mètres), etc., etc..