SCÈNE DIX-HÜITIËME
MADAME DE LAUWEREINS.
ël
La gigue?
ALEXANDRE
Oui.
MADAME DE LAUWEREINS.
Ah ! comme ça m’amusera ! demandez-lui.
ALEXANDRE
Pas possible ce soir, elle est trop fatiguée, elle arrive d’Écosse.
MADAME DE LAUVEREINS.
A pied, alors ?
ALEXANDRE
En dansant la gigue tout le temps... (il remonte.)
MADAME DE LAUWEREINS.
Ah!... Eh bien, Fanny...
LA COMTESSE
Eh bien, Bébé.
MADAME DE LAUWEREINS.
Allons-nous faire un peu de tapage à Paris? Avez-vous de jolies voitures ? Combien avez- vous de chevaux ?
LA COMTESSE
Je ne sais vraiment pas bien au juste.
MADAME DE LAUWEREINS.
Mais quelle fortune avez-vous donc?
LA COMTESSE*
Vrai, je ne sais pas encore au juste... six à sept cent mille livres de rentes, je crois.
MADAME DE LAUWEREINS.
A votre âge 1
LA COMTESSE
Sans doute, à mon âge.
‘ Alexandre, la Cuintcssc, madame de Lauwercint.
ALEXANDRE
Oui, mais elle danse la gigue !
LA COMTESSE, gtopéfaite.
La giguel qu’est-ce que vous dites donc là, la gigue!.. .
ALEXANDRE, bu.
Je lui ai dit que vous dansiez la gigue.
LA COMTESSE, bu.
Est-ce qu’il va falloir?... je ne la sais pas.
ALEXANDRE
Non, non, soyez tranquille.
MADAME DE L A UWB R E I NS, riant.
Je vous fais bien mes compliments; je n’ai pas cette fortune-là, moi, il s’en faut.
LA cou T ESSE.
Vraiment, pauvre Bébé, vous n’avez pas, vous faites des dettes alors?... ^
MADAME DE LAUWBREINS.
Four celai oui.
LA COMTESSE
Qu’est-ce que vous devez donc, Bébé, diles-moi?
C’est à mon tour de ne pas savoir au juste : cinquante ou soixante mille francs à ma lingère, je pense.
LA COMTESSE
Cinquante ou soixante mille francs! c’est comme dans le monde alors?...
MADAME DE LAUWEREINS, s’asaeyant sur le canapé.
A peu près. Est-ce que vous avez de jolis bijoux?
LA COMTESSE, tendant son bras.
Regardez. (Elle s’assied sur le canapé.)