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ISLAMISME

L'Asie, le berceau du monde, de la civilisation, de toute lumière, a vu naître les deux seules religions divines et véritables, la religion de Moïse et la religion de Jésus-Christ, si toutefois on peut dire qu'elles ne font pas une seule et même religion.

De longs siècles les ont vus régner et fleurir dans cette belle et riche région.

Maintenant, hélas ! elles n'y existent plus qu'à titre d'étrangères !

Fondateur de la religion musulmane, appelée aussi islamisme, du mot arabe islam, signifiant soumission à Dieu, Mahomet, en arabe Mohammed, naquit à la Mecque vers l'an 870 de Jésus-Christ. Il appartenait à la puissante tribu des Koraichites. Il perdit à cinq ans son père Abdallah, et fut élevé auprès de son oncle Abou-Taleb, prince de la Mecque, jusqu'à l'âge de quatorze ans ; puis alors il s'engagea, en qualité de chamelier ou conducteur de chameaux, dans les caravanes qui faisaient le trajet de la Mecque à Damas. De retour à la Mecque, la riche veuve d'un marchand, nommée Kadichah, l'ayant pris pour diriger ses affaires, Mahomet l'épousa trois ans après, alors qu'il avait vingt-cinq ans.

Déjà Mahomet s'était fait remarquer par son esprit et la régularité de sa conduite : mais, depuis son mariage jusqu'à l'âge de quarante ans, il mena une vie toute de retraite et d'étude, pendant laquelle il conçut le projet de réformer la religion de son .pays, d'y faire adorer un seul Dieu, et de réunir en un seul culte les diverses religions qui divisaient alors l'Arabie, savoir : l'idolâtrie, le sabéïsme et le judaïsme. Il feignit des révélations, parla en inspiré, et, comme il était sujet à des attaques d'épilepsie, il fit passer l'état violent dans lequel ces attaques le mettaient pour le résultat des vives impressions que lui causaient l'apparition, rayonnante de gloire, de l'ange Gabriel venant, par l'ordre de Dieu, lui dicter les vérités qu'il devait révéler aux hommes.

Il convertit d'abord sa femme Kadichah, huit membres de sa famille, et quelques amis puissants, parmi lesquels on compte Ali, Abou-Bekr et Othman, qui furent tous trois califes, c'est-à-dire vicaires ou représentants du nouveau prophète.

Sa mission commençait en 610. Dès-lors il prêcha publiquement, se déclarant lui-même prophète et envoyé du ciel.

Cependant il se forma une conspiration contre Mahomet, qui fat con-

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iraint de quitter la Mecque, en 632, et do se retirer k Médine. Mais cette retraite fut l'époque de sa gloire et de rétablissement de son empire et de sa religion.

C'est ce que l'on nomma hégire, ce qui signifie fuite ou persécution, dont le premier jour répond au 16 juillet 622.

Mahomet ainsi persécuté donna Tordre à ses sectateurs d'employer les armes à la propagation de la nouvelle religion. Il parvint lui-même à soumettre plusieurs tribus de l'Arabie, et, en 630, il s'empara de la Mecque, dont il renversa les idoles. Il allait étendre au loin ses conquêtes, lorsqu'il mourut, à Médine , en 632, laissant ce soin à ses généraux, dont les plus fameux sont Abou-Bekr, Kaled, Omar, Amrou. Mahomet fut enterré dans la chamijrc d'une de ses femmes et sous le lit où il était mort, des suites du poison donné par une juive qui voulut s'assurer s'il était vraiment prophète.

Mais c'est une erreur populaire de croire qu'il est suspendu dans un cercueil de fer, qu'une ou plusieurs pierres d'aimant tiennent élevé à la voûte de la grande mosquée de Médine. Son tombeau se voit encore aujourd'hui à l'un des angles de ce temple. C'est un cône de pierre placé dans une chapelle dont l'entrée est défendue aux profanes par d'énormes barreaux de fer.

Les dogmes et les préceptes de la religion de Mahomet sont consignés dans un livre appelé le Coran.

Coran ou Alcoran est un mot qui, en arabe, signifie le Livre !

Il fut écrit par Mahomet. Ce prétendu prophète y déclare que ce livre est l'œuvre de Dieu lui-même, et qu'il lui a été transmis par l'archange Gabriel. Mais il est facile de reconnaître que ce livre est un mélange confus des doctrines chrétiennes et juives, unies aux traditions orientales. Les principaux dogmes sont l'unité de Dieu, l'immortalité de l'câme, un paradis avec des joies matérielles, le jugement dernier et la prédestination. Le fatalisme, qui ne saurait s'accorder avec la justice de Dieu, fut adapté par Mahomet à sa doctrine pour en faire un auxiliaire de l'esprit de conquête, en inspirant le mépris de la mort. Quant aux préceptes, ce sont la circoncision, la prière, l'aumône, les ablutions, le jeûne, surtout pendant le Ramadan, carême des Turcs, qui a lieu le neuvième mois de leur calendrier, les sacrifices et l'abstinence du vin et de toute liqueur fermentée.

Le Coran fut mis en ordre et publié par Abou-Bekr, successeur de Mahomet, l'an treizième de l'hégire, 634 de J.-C, deux ans après la mort de Mahomet.

A peine Mahomet avait-il rendu le dernier soupir, que différents schismes éclatèrent dans l'islamisme. Chacun des califes qui prirent sa place simultanément interpréta le Coran h sa manière. Il s'en suivit de longues et terribles guerres.

De nos jours, il n'y a plus de califes, c'est-à-dire de vicaires revêtus du pouvoir spirituel et temporel. Le sultan, qui règne à Constantinople, n'est investi que de l'autorité temporelle, et c'est un mupliti qui, de concert avec les oulémas, ou docteurs, juge les questions de doctrine. Vient ensuite le prédicateur ou khatib ; l'iman, qui fait la prière dans la mosquée, puis de nombreux religieux appelés santons et kalenders.

Nous passons maintenant à la religion qui, de très haute antiquité, règne dans tout l'Hindoustan, à savoir :

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