‹ Les Curiosités de l'Ancien MondeChapitre 13 sur 97 · LE BRAHMANISME · texte numérisé non relu

LE BRAHMANISME

Cette religion reconnaît un être suprême, Para-Brahma , qui reste éternellement immobile, n'agissant que par l'intermédiaire de Brahma, Visclmou et Shiva, triple manifestation de l'être suprême, espèce de trinité — trimourti — qui ne forme elle-même qu'un seul Dieu.

Selon les védas, livres sacrés des Hindous, Brahma est la puissance, le créateur, la matière. Il représente le passé, et a pour emblème le soleil.

Vischnou est la sagesse, le conservateur, l'espace. C'est le présent ; l'eau est son emblème.

Shiva, ou le feu. Il représente l'avenir, et est le dieu de la justice.

Ces trois dieux exercent leur pouvoir sur le monde par le secours d'une infinité de dieux subalternes.

Les sectateurs de Brahma croient à la métempsycose, à l'immortalité de l'âme. Ils doivent se purifier par des abstinences et une foule de pratiques religieuses. Ils sont partagés en quatre castes principales :

Les brahmanes, qui sont les savants et les prêtres, et d'où sont tirés tous les fonctionnaires publics;

Les chaltryas ou guerriers, d'où sont issus les radjas et les naïres du Décan ;

Les waïskias, commerçants, agriculteurs, appelés aussi banians;

Et enfin les soudras, qui sont les artisans ou ouvriers.

Les traditions hindoues expliquent ainsi l'origine de ces castes ;

Para-Bhrahma, disent-elles, eut quatre fils,

Brahma, qui fut créé de sa bouche, Ghattryas, Waïskia et Soudra, qui sortirent de ses bras, de ses cuisses et de ses pieds. Chacun de ces fils donna naissance à une caste hindoue.

Au-dessous d'elles sont les parias, infortunés dont les Hindous fuient le contact comme celui d'un animal immonde. Cette classe se compose

de tous ceux qui, par un motif (luelcontiue, ont mérité d'être exclus de leurs castes. Ils habitent les lieux solitaires et sont forcés de se livrer aui fonctions les plus dégoûtantes.

Le culte brahmanique est rempli de superstitions, les unes ridicules, les autres révoltantes. Ainsi, à la fôte de Djaggernéith, tandis que le char du dieu écrase sous ses roues pesantes une foule de victimes qui se précipitent au-devant de cette mort dont ils attendent une éternelle félicité, d'autres fanatiques se réunissent dans les pagodes pour se soumettre à des tortures volontaires.

Une coutume hindoue fort barbare oblige les femmes à se brûler sur le cadavre de leurs maris.

Les ablutions et les luslrations dans les fleuves sacrés, mais spécialement dans le Gange, font encore une partie principale du culte brahmanique.

La ville de Bénarès est un des lieux sacrés où se fait le plus de pèlerinages.

Les Anglais, devenus injustement les maîtres des Indes orientales, cherchent chaque jour à empêcher la pratique de quelques-unes des plus révoltantes superstitions de la religion brahmanique, mais ils n'en viennent que très difficilement à bout.

Page 1