DÉCOUVERTES
Mais l'Afrique n'en est pas moins la plus mystérieuse et la plus inconnue des cinq parties du monde. Aussi, c'est à y pénétrer et à en
éliidici' toutes les parties que depuis soixante ans tendent tous les elïorts des hommes les plus entreprenants eljlesjplus curieux des nations de l'Europe.
Nous indiquons ici, d'une manière|sommaire, tout ce qui a été entrepris, soit par des peuples, soit par'des associations, soit par des voyageurs isolés, pour arriver à une connaissance plus exacte de cette immense contrée.
Les premiers explorateurs furent les Grecs et les Romains, et parmi eux principalement Hérodote, Slrabon, Diodore de Sicile, Denis d'Halicarnasse, Arthicus, Hamon, Seylax, Arrien, Agatharchidas, Plolémée, Pline, Poraponius 3Iela, -Solin.
Après eux vinrent les Arabes, qui se distinguèrent aussi par de nombreux travaux sur l'Afrique.
Depuis le moyen-âge, quantité de savants se sont occupés de chaque pays séparément, et surtout de l'Egypte, "ce berceau de la civilisation européenne, qu'ils ont parcourue, décrite, fouilléejet dépouillée, et dont les pyramides, les charhps de momies, les tombeaux et les temples offrent toujours une mine inépuisable de ruines intéressantes qui remontent à la plus haute antiquité. Il nous suffira de^ citer ici les noms de Lucas-, Maillet, Oranger, Bruce, Eton, Volney, Savary, Larey, Denon, Antès, Sali, Hartmann, Caillaud, Burckhardt, etc.
Ce dernier était un Suisse infatigable et consciencieux, qui réunissait à une rare érudition un esprit d'observation remarquable. Il partit sous les auspices de la compagnie anglo-africaine, et après plusieurs années de voyages pénibles en Syrie et en Egypte, pénétra jusqu'à Dongolah. Traversant ensuite le désert libyque, il passa à Berbère et Schendy, et parvint à la mer Rouge par le Soudan. De là il s'embarqua pour la Mecque et partit de cette ville pour visiter le mont Ararat, en Arménie. La mort le surprit au Caire en 1815, au moment où il se préparait à pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique avec une caravane du Fezzan, par le chemin qu'avait déjà suivi Hornemann.
Peu auparavant, deux Allemands, Hornemann et Roentgen, avaient déjà visité cet intérieur en traversant le désert libyque et Mourzouk, mais tous deux périrent avant d'avoir atteint le but de leurs travaux, le premier enlevé par la fièvre, le second victime de la férocité et de l'avidité des Bédouins.
L'Anglais Lead nous a laissé une description aussi exacte qu'intéressante du pays de Dahomey.
Lyon, accompagné de son ami Ritchie, qui mourut à Mourzouk en 1819, du naturaliste Depont et du savant anglais Belfort, partit de Tripoli, pénétra en 1819 jusqu'au désert de Bilmu, à rextrémilé méridionale du Fezzan, et, par une relation consciencieuse de son voyage, il augmenta les notions que l'on possédait sur ce pays.
DE l'ancien monde. ' 81
Osa doit d'intéressantes découvertes, quoique moins importantes, à Mollien, qui, dès 1818, avait remonté le cours de la Gambie, du Sénégal et de Rio-Grande, jusque non loin de Timl3o.
Le nom de Mungo-Park marque une nouvelle période dans l'histoire des études sur l'Afrique.
L'Américain Riley, qui fit naufrage sur la côte occidentale de l'Afrique et devint esclave du prince maure Sidi-Hamet, obtint de lui d'importants renseignements sur la ville de Tombouctou.
LesAnglaisPeddie etCampbell, auxquels s'était joint le Saxon Adolphe Kummer, suivirent le Rio-Nunez poui- pénétrer dans rinléiieur de l'Afrique. Le second réussit à loucher à Timbo : mais tous trois augmentèrent le nombre des martyrs de la science, et périrent victimes du climat, au milie'i même de ses sables brûlants.
La connaissance parfaite de Tombouctou et de l'embouchure du Niger, cette grande lacune de la géographie africaine, si souvent signalée, a été enfin obtenue par le cou: âge du jeune Fiançais René Caillié, et les deux frères Jobn et Richard Lander. Ainsi un seul homme, sans autre ressource que son courage et sa persévérance, sut mettre à fin une entreprise que, depuis des siècles, l'amour des découvertes, la politique et les efforts des savants avaient en vain tenté d'accomplir. Le modeste René Caillié raconte que c'est le prix offert par la Société géographique de Paris, à celui qui atteindrait ce but, depuis si longtemps pro- .posé, qui Va poussé à entreprendre ce voyage. Cet ouvrage apprendra au lecteur les dllïïcullés qu'il eut pour atteindre la mystérieuse Tombouctou.
Il résulte des recherches de Caillié que le volume d'eau du Niger au Djoliba est beaucoup plus considérable qu'on ne l'avait pensé. Mungo- Park, qui n'en avait vu qu'un Jjras, avait été frappé de la majesté de son cours. Bien que le cours de ce fleuve au-dessous de Tombouctou soil resté inconnu à René Caillié, il s'est cependant assuré qu'un grand bras se sépare du Niger, et s'y réunit de nouveau à Isacca, à vingtsept lieues au-dessous de Jenné. C'est ce qui forme la première et la plus grande île, dans laquelle se trouve Jeune. Plus loin, le fleuve, se séparant de nouveau, à Cailla, forme une autre île, mais petite. René Caillié a constaté que les marchandises européennes pénètrent dans l'Afrique centrale.
L'embouchure du Niger a de même été découverte.
Les deux frères John et Richard Lander débarquèrent à Badagri, le 22 mars 1820, et continuèrent leur route, à cheval, jusqu'à Boussa, sur le Niger, où périt Mungo-Païk. Pendant un séjour de trois mois dans celte ville, ils firent plusieurs excursions et remontèrent le fleuve jusqu'à Yaourie, à trois jours de marche au nord, en droite ligne de Boussa, d'où ils descendirent le Niger jusqu'à la baie de Bialîra, où le fleuve se
Curiosités de l'Ancien MoivJe. 6