FLEUVES, CATARACTES, RIVIÈRES, SAVANES, PAMPAS, ETC
Au milieu de ces ditïérents groupes de montagnes, s'étend une immense prairie ou savane, appelée aussi plaine de l'Orénoque, enceinte comme une grande île par l'Océan, à l'est, la Rivière- des Amazones au sud, le Rio-Negro à l'ouest, et l'Orénoque, avec ses cataractes ou vandales, au nord. On estime que cette savane a plus de quatre-vingt mille lieues carrées.
L'Orénoque se jette dans la mer par quarante-neuf bouches, qui forment un grand nombre d'îles, lesquelles, pendant la saison des pluies, sont couvertes de vingt-cinq à quarante décimètres d'eau, ce qui ne les empêche pas d'être habitées par une tribu d'indigènes.
La Rivière des Amazones, formée de l'Ucayle et du Tuguragua, qui naissent au pied du Chimboraçao, reçoit dans son cours plus de soixante rivières, telles que la Madeira, le Tocanlin aux nombreuses cascades, le Paro, le Rio-Negro, etc.- Après un cours déplus de mille lieues, l'Amazone ou Maragnon se perd dans l'Atlantique par une bouche qui a plus de vingt-cinq lieues de large. La masse de ses eaux est si considérable que, même à plusieurs lieues en mer, le navigateur reconnaît sa présence par la douceur des eaux. Sur les bords septentrionaux de ce fleuve, on trouve une vaste lande de vingt-trois mille lieues carrées. Son point le plus élevé est à soixante mètres au-dessus du niveau de la mer. Au sud, se trouve la contrée la plus marécageuse "de toute l'Amérique.
Au Brésil, et dans les pays méridionaux, trois grandes rivières, le Paraguay, le Parana et l'Uruguay se réunissent et forment la Plata ou Rivière d'Argent. Le Paraguay, qui coule du nord au sud, se grossit des eaux du Cuyaba, du Xègui, du Pilcomayo, du Vei'mejo, etc. Le Xégui, à son tour, reçoit l'Aguarey, remarquable par une cataracte de cent vingt mètres de hauteur, située sous le 23" de latitude. Le Pilcomayo l'orme à cinquante lieues de son embouchure une île immense. Son oon-
fluent avec le Paraguay se trouve dans les environs de la ville de l'Ascension, capitale du Paraguay.
Le Parana, la plus considérable des trois rivières formant la Plata, est rendu fort curieux par ses étonnantes cataractes. Nous citerons spécialement celle qui se trouve dans le voisinage des ruines de Guayra. Ses eaux, qui coulent paisiblement dans un lit de trois mille sept cent soixante-dix mètres de large, s'engouffrent subitement, en bouillonnant avec fracas, dans une gorge à pente raide qui n'a pas moins de six cents pieds de largeur. Un lac, ou pour mieux dire un vaste marais, situé à l'est du Parana, donne naissance à quatre petites rivières, dont deux lui apportent le tribut de leurs eaux, tandis que les deux autres vont se perdre dans l'Uruguay. Cette communication naturelle entre le Parana et l'Uruguay excite l'étonnement des géologues.
L'Uruguay est la moins considérable des trois brandies de la Plata. Elle a sa source dans les montagnes du Brésil.
Toutes ces rivières sont sujettes à des débordements périodiques qui établissent une grande fertilité dans les contrées qu'elles arrosent.
La Plata, ainsi formée de ces trois principales rivières, se jette dans l'océan Atlantique, vers le 35" degré de latitude, par une embouchure qui a environ trente-cinq lieues de large.
' Nous citerons encore parmi les nombreux cours d'eau de l'Amérique méridionale. trois grands fleuves : la Sainte-Madeleine, qui arrose les régions voisines de l'isthme de Panama ; le San-Francisco, au Brésil, et le Colorado, dans le Tucaman et la Patagonie.
Les plateaux de l'Amérique du sud sont beaucoup moins importants que ceux du continent septentrional de l'Amérique. Les plus étendus ont à peine quarante lieues dé circonférence, et leur élévation est entre deux mille six cents et deux mille huit cents mètres. De profondes vallées les séparent, et ils offrent un sol aride, couvert de quelques palmiers chétifs, et souvent dépourvu d'eau.
Parmi les plaines basses, la plus considérable est celle des Llanos, qui s'étend des montagnes riveraines de Caracas jusqu'au delta que forment les bouches de l'Orénoque, et de là aux forêts de la Guyane. Pendant la saison des pluies, cette plaine, qui a plus de vingt mille lieues carrées, offre le tableau d'une immense prairie à demi submergée e-t couverte d'une magnifique forêt. Mais, lorsque les chaleurs arrivent, la verdure disparaît : la terre, rapidement desséchée, se fend, et le moindre souffle élève des nuées de poussière qui obscurcissent l'horizon. Le boa, le crocodile ou caïman lui-même, cédant h cette dévorante chaleur, restent immobiles, étendus sur la grève, et, comme tout le reste de la nature, ils semblent être frappés de mort, jusqu'au moment où les nuages amoncelés viennent verser les flots d'une pluie vivifiante sur celte terre de désolation. •