‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 115 sur 174 · LES ÉTATS PONTIFICAUX · texte numérisé non relu

LES ÉTATS PONTIFICAUX

Les arts romains se sont mis à un diapason de {enorino; ils ont pris un mot d'ordre puéril, une mine innocente: partout « le petit enfant, » quelque bambino mytholosique.

Dans ce genre nous avons cependant en peinture un bijou que MuLER est parvenu à façonner sous cette inspiration vulgaire. Une petite Paysanne tenant des grappes de raisins. Un air réveur, comme les enfants seuls savent en avoir, donne à ce beau type italien une rare poésie.

En sculpture, une jolie fantaisie par Rosetti, le Marché d'amours. Tous dans une pannerée.

Après avoir traversé quelques peintures chinoises ou japonaises

ui ne sont pas de l’art, mais de l’étrangeté, et qui choquent l’artiste tout en intéressant le curieux, nous arrivons à la dernière salle qui comprend les États-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.

ÉTATS-UNIS

L’arc-en-ciel est le sujet à l’ordre du jour dans les paysages des États-Unis. Lé Niagara de Cuurcu, et sa Saison pluvieuse sous les tropiques, sont dotés d’un arc-en-ciel. Un paysagiste de New-York, DuranD, se signale au milieu de ses compatriotes par une trèsbelle étude : Dans les bois. Ce qui frappe après avoir vu tous les portraits des monarques européens, c’est la simplicité de celui d'Abraham Lincoln. Rien de modeste comme ce petit portrait noirâtre du Président de la grande république.

ANGLETERRE

Ce qui rend sympathique aux visitéurs la galerie anglaise c’est le soin qu'on a eu de rendre superflu tout livret en mettant au bas de chaque tableau le nom de Partiste et la désignation du sujet, traduite en français au-dessous de la légende anglaise.

L'aspect de cette salle, remplie de voyageurs d’outre-Manche, de ladies enthousiastes de leur art national, est à tous les titres fort curieux, pour son publi:, pour sa disposition et pour les peintures qui y sont exposées.

Faisons de suite la part des meilleures.

Il ’y a point de grandes toiles, il y a d'excellents tableaux de genre, et surtout d'excellentes aquarelles. Car les Anglais ont le monopole de l’aquarelle. C’est là qu’ils réussissent le mieux; c’est là qu’ils sont nos maitres à tous.

Quant aux portraits, ils sont médiocres; on regarde par curiosité ceux du Prince et de la Princesse de Galles. Les paysages ne sont point compris du tout. Les artistes y ont le culte de l’épi. Il faut voir la Couronne d’or d'été par CoLr, pour se faire une idée de cette minutieuse adoration des céréales; C’est le type du genre.

Tableaux humoristiques.

Mais ce qui nous retient dans le pays d’'Hogarth, c’est là verve calme et sensée avec laquelle ses compatriotes savent rendre les scènes de mœurs. Le burlesque y est flegmatique ; l’observation y est fine. Ce sont les mêmes qualités qui se retrouvent dans leurs romans. Thackeray ne puisait pas à d’autres inspirations; Dickens raconte comme ils peignent. Ils ont l’œil photographique. On en peut juger devant les deux tableaux d’Erstine NicoL :

Page 1