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Un Matin sur le haut des Alpes, par VEILLON

En dehors de ces paysages, il n’y a guère de remarqué que la Mer de glace (n° 74) de G. Loppé, et les tableaux de M. VAUTIER et de M. HUMBERT.

M. VAUTIER à le don de l’expression juste. Nul ne se trompe sur les sentiments qu’il veut rendre :

101. Courtier et Paysans. Le paysan réfléchit, le courtier ya le séduire, la femme le tient en défiance. Tous les détails d’intérieur sont très-bien rendus.

102. La Traversée, lac de Brienz; une barque conduit un cercueil d’enfant.

M. Humbert a représenté une de ces tourmentes si fréquentes dans les montagnes: Première neige d'automne (n° 55). Un coup de vent surprend un troupeau de chèvres et de vaches, la neige se jette avec force sur eux. La bergère se débat contre cette poussière d’eau glacée qui s'étend sur tous. Les vaches sont puissantes, énormes, mais comme elles deviennent petites et faibles devant ces grands soulèvements de la nature! Ce tableau passe pour un des meilleurs de l'exposition suisse.

L'histoire du travail, c’est l’histoire de la civilisation, la mesure du progrès accompli, le pressentiment du progrès futur.

Quiconque veut connaître notre époque, n’en peut juger que par comparaison avec le passé; il doit regarder en arrière le chemin suivi; il doit interroger ces mille vestiges dont la race humaine jalonne son passage dans le temps, et qui tous frappés au coin de la pensée contemporaine en conservent pour ainsi dire l’empreinte toute vivante.

Dans une exposition où l’histoire du travail serait écrite pour chaque époque, par une série complète d’objets scientifiquement rangés, on pourrait voir comme sur une carte la civilisation descendre aux premières heures du monde, des hauts plateaux de l'Asie et se diviser sur leurs flancs en deux larges courants. L'un se dirigeant vers le centre du continent, à lorient, et s’y figeant peu à peu comme la coulée de lave une fois sortie du volcan. L'autre se répandant vers l'Europe et y acquérant au contraire avec le temps une force de propulsion chaque jour plus puissante, qui la fait déborder au quinzième siècle avec Christophe Colomb, sur les plages du nouveau monde. Et complétant ces données antiques par le spectacle des produits de l’industrie moderne, on suivrait ce courant civilisateur, qui, puisant des forces dans sa marche même, remonte aujourd’hui vers sa source et va raviver la Chine, la Cochinchine, ve Japon, et toute la région asiatique où l’autre courant s’est endormi avant d’avoir entièrement fécondé le sol.

Les collections publiques et particulières ont-elles répondu assez complétement à l’appel de la Commission organisatrice pour offrir sans lacunes cette superbe synthèse ? nous ne le croyons pas.

Mais il ne faut pas oublier que c’est la première fois qu’une histoire du travail ainsi entendue est annexée à une exposition de l’industrie, et permet d’embrasser d’un seul coup d’œil le présent et le passé industriels des peuples. Rendons grâce à la Commission a cette innovation intelligente que lPavenir fécondera sans nul 1oute.

FRANCE

à PREMIÈRE SALLE.

« Arrête, voyageur ! disait l’inscription antique, tu foules un héros. » Il semble qu’en pénétrant dans cette première salle on entende une voix mystérieuse vous dire de même : « Arrêtez, voyageurs! vous touchez aux archives les plus reculées de l'humanité. »

Longtemps on a ignoré l’époque de l'apparition de l’homme sur la terre, longtemps on a douté qu’il eût été contemporain de ces étranges animaux, ébauches pour ainsi dire de la création, aujourd’hui disparus de la face de notre planète, et dont il ne reste de traces qu’à l’état de fossiles dans les profondeurs du sol.

Le spectacle que nous voyons est une réponse à ces doutes.

Regardez: ces silex, grossièrement taillés par éclats, sont les armes et les outils des peuplades primitives qui habitaient le sol de la France des milliers d'années avant le temps des Celtes et des Gaulois (seizième siècle av. J.C.). C’est l’âge de la pierre brute, époque où les habitants de notre pays étaient moins civilisés à coup sûr que les Lapons et les Samoïèdes de nos jours, avec lesquels, autant qu’on peut en juger, ils avaient plus d’un point de ressemblance.

Plusieurs siècles se passent; l’homme apprend à polir la pierre; il apporte dans ce travail une habileté merveilleuse. — Haches en porphyre, en silex et en jade du musée de Vannes. — Couteau de silex du musée de Narbonne. — Les harpons barbelés, les aiguilles percées d’un chas, les poinçons taillés dans des os, indiquent une industrie assez développée. Mais la guerre est l’état social permanent de l’époque ; l’homme est en guerre contre ses semblables, en guerre contre les animaux : aussi voyez ces pointes de lances et de

èches, ces couteaux de pierre et ces mâchoires d'animaux façonnées en massues terribles qui font songer à celle dont Caïn a dû se servir contre son frère Abel. C’est la caractéristique de léoque.

ui ht cependant l'instinct des arts s’éveillait déjà chez l’homme comme le prouvent ces croquis tracés à la pointe sur los et la pierre, et qui pour la plupart ont été trouvés sous le sol des cavernes, autour des foyers qui rassemblaient ces hommes primitifs.

L'œuvre vraiment capitale de cette série est une figure d'’éléphant-mammouth dessinée au trait sur ivoire. Son importance est facile à saisir : jusqu'ici on pouvait douter que l’homme eût vécu côte à côte avec ce gigantesque pachyderme, dont l'espèce est depuis si longtemps disparue du globe. A ceux qui disaient qu’à ses ossements fossiles on avait trouvé mêlés des restes humains, on répondait que cette confusion pouvait avoir été amenée par les

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