‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 129 sur 174 · TROISIÈME SALLE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SALLE

Ici non -seulement la nationalité gauloise a été complétement absorbée par l'empire romain, mais l'empire est lui-même en décadence. Les Francs sont arrivés en Gaule avec leur barbarie et leur mépris des arts. Le bronze est moins fréquent, le fer domine; aussi les armes et beaucoup d'objets de cette période, fabriqués presque exclusivement avec ce métal essentiellement oxydable, sont moins bien conservés que ceux de la précédente.

Remarquons le seau, seille ou baquet du musée de Beauvais, souvenir mérovingien d’une conservation étonnante puisqu'il est en bois. On soupçonne que les vases de cette sorte ont servi à donner à boire dans les festins et peut-être dans les initiations religieuses. On les retrouve sur la colonne Trajane et les monuments assyriens du Louvre; pareil ustensile est encore aujourd’hui en usage en Norvége et chez nos marins de Dieppe et de Fécamp.

Comme spécimens de l’art de la même époque citons : les fibules et les boucles de ceinlurons du musée de Rouen où le goût oriental semble se faire encore jour dans des incrustations d’argent. L'épée mérovingienne du musée de Troyes à la poignée d'or ornée de grenats enchâssés ; et les olifants ou trompes d'ivoire, dont l’une surtout appartenant à saint Orens d’Auch réveille le souvenir du paladin Roland. Le Calice d'argent doré, orné de cabochons, de la cathédrale de Reims.

Mais la Rs de cette salle est la statuette équestre de Charlemagne, en bronze autrefois doré. D’une exécution barbare elle conserve cependant encore, comme l’artbyzantin dont elle procède, un souffle de cette civilisation romaine que le grand empereur s’efforçait de ranimer. Cette statuette appartenait autrefois à la cathé-drale de Metz et ornait l’autel le jour de la commémoration du monarque saint.

Les nombreux manuscrits des septième, huitième, neuvième et dixième siècles qui ornent le pourtour de la salle, et qui presque tous sont relatifs à des matières religieuses, et les divers reliquaires, dont l’un surtout en forme de bras surmonté de la main en vermeil, chargé de cabochons et d’intailles antiques, signalent les débuts de ce qui fut l’âme du moyen âge, du catholicisme.

Page 1