‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 13 sur 174 · LE PARC LE SOIR · texte numérisé non relu

LE PARC LE SOIR

Sile Palais ferme ses portes à six heures, il n’en est pas de même du Parc qui reste ouvert aux promeneurs jusqu’à minuit. Quand les volets mobiles se sont abaissés sur les portes des seize rues qui donnent accès dans le Palais, quand on voit par les avenues cette immense foule s’écouler à longs flots, un autre spectacle commence. Ce n’est plus le Champ de Mars témoin de la fiévreuse activité des machines, de la course précipitée et inquiète des visiteurs : c’est une promenade fraiche et ravissante au bord de gazons verts, au bruit de la cascade tombant de la tour en ruine, au feu du soleil allongeant ses rayons sur les dômes et les minarets. Sous le promenoir, nombre de visiteurs sont en train de diner, ayant devant les yeux ce panorama si paisible, tandis que d’autres qui v’avaient pu venir dans le jour, arrivent passer la soirée au Champ de Mars comme ils le faisaient aux Champs-Élysées. Magique est le spectacle qui s’offre alors au regard : à la tremblante clarté des étoiles et des becs de gaz, le lac a un aspecttout à fait romanesque; les trois phares tournent lentement, répandant sur les objets qui les entourent des lueurs fantastiques ; l’écho affaibli des théâtres et des concerts dont on voit dans la nuitscintiller lesilluminations ; tout cet ensemble a quelque chose de mystérieux qui plait à l'imagination et quand minuit sonne ce n’est qu'avec peine qu'on s’arrache à ce conte de fée réalisé.

Maintenant que nous avons ditla grandeur, la forme, la distribution du palais de l'Exposition; que, dans unrapideaperçu de la partie fantaisiste, nous avons fait pressentir au visiteur Île repos, le confortable, la distraction comme compensations à ses fatigues, nous pouvons entrer de plain-pied dans l’enceinte du Champ de Mars.

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