SIXIÈME SALLE
Ce qui frappe tout d’abord c’est la curieuse collection de souliers de M. Jules Jacquemart, où plusieurs époques sont mêlées. On se demande par quels prodiges d'équilibre nos aïeux pouvaient marcher avec de tels engins.
Les murs de cette salle sont tendus de tapis de haute lisse et de produits des fabriques royales, Gobelins, Savonnerie, Beauvais.
Dans les vitrines rayonnent des faïences de Rouen aux vives couleurs et aux dessins orientaux, — de Moustiers, au faire italien, — entre autres un grand plat représentant une chasse à l'ours, et marqué Moustiers chez Clerissy ; — de Nevers, au décor peutêtre plus français. M. de Liéville est l’heureux possesseur d’un plat marqué « Conrade à Nevers. »
Les émaux ne sont pas à dédaigner, citons une table d’évangile à la cathédrale de Troyes, et un bénitier à M. le curé de Saint- Taurin d'Évreux.
L'orfévrerie massive et majestueuse du xvrre siècle est bien représentée par la garniture d’autel, chandeliers, calices ; patènes, etc., donnés par Colbert à la cathédrale de Troyes. L'art des enlumineurs et des miniaturistes se montre encore avec éclat dans le missale de vélin appartenant à la bibliothèque de Reims.
Les ivoires du temps méritent aussi une mention, mais aucun n’atteint la patience et l’habileté toute chinoise de celui qui représente Simon le Magicien luttant de pouvoir avec saint Pierre devant Néron et enlevé dans les airs grâce au secours des démons. Autour se pressent des bijoux, des bonbonnières, des montres, dont l’une surtout, à Mlle Grandjean est fort remarquable ; la cuvette représente, en émail polychrome, Diane au bain.
N'oublions pas la suite magnifique d'imprimés (à M. Ambroise