‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 132 sur 174 · CINQUIÈME SALLE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SALLE

Cette salle est presque tout entière consacrée au xvr° siècle; le gothique a disparu peu à peu devant cette réminiscence de l’art antique qu’on a appelée Renaissance. Les émaux de Limoges sont arrivés à leur plus haut degré de perfection; les belles choses ÿ sont si abondantes qu’il faudrait tout citer; bornons-nous à citer une aiguière et un bassin en grisaille à M. le baron Gustave de Rothschild, signés Pierre Rexmond et datés 1558. — Le Parnasse d’après Raphaël, plaque d’émail polychrome de Courtois, et des flambeaux du même.

Viennent ensuite, une magnifique aiguière en argent repoussée, imitation italienne, à M. Dutuit; le superbe calice de l’église de Saint-Jean du Doigt (Finistère), en argent doré selon toute apparence, et enfin une paire de flambeaux carrés, d’une forme assez inusitée, ciselés en 1526 par Mongot, orfévre du roi François Ier (au baron Pichon).

Les dames ne pourront voir sans envie les bijoux et les montres de M. Carrand, l'intaille antique, montée en or émaillé au seizième siècle, de M. B. Fillon, et deux petites coupes de cristal soutenues par des amours finement émaillés.

Un magnifique couvercle de fonts baptismaux où est sculptée sur bois la vie du Christ, et provenant de l’église Saint-Romain de Rouen, fait songer par son faire élégant et gracieux aux portes de Saint-Maclou de cette ville, attribuées comme on sait à Jean Goujon.

La deuxième vitrine est occupée presque tout entière par des

poteries vernies du genre que trouvait le génie prime-sautier de Bernard Palissy; mais deux ou trois merveilles céramiques sont au-dessus. Ce sont ces faïences dites de Henri II, qui se payent aujourd’hui presque aussi cher que les vases Murrhins à Rome: ce qui se comprend du reste lorsqu'on voit les flambeaux et la coupe de la famille de Rothschild. Ce n’est pourtant qu’une sorte de terre de pipe ; mais la main de l'artiste, comme celle du roi de la fable change en or tout ce qu’elle touche.

Le mouvement littéraire de l’époque est indiqué par des éditions du temps comme l’Érasme de Fræben; et par des livres aux reliures célèbres, ou ayant appartenu à des personnages marquants ; comme le Plutarque aux armes de Marguerite de Valois et le Sannazar ayant fait partie de la bibliothèque du célèbre bibliophile Groslier.

En sortant, un coup d'œil au superbe coffret en cristal de roche monté en cuivre doré et ciselé (au duc de Mouchy).

Donnons dans l’avenue un instant au plan en relief de l’abbaye de Saint-Denis et entrons dans la

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