ITALIE. — PRINCIPAUTÉS ROUMAINES
vitrine suivante ; plusieurs belles pièces, mais moins intéressantes que les verreries de Venise qui sont à côté. On se demande quelles fées ont fait naitre sous leurs pieds ces véritables calices de fleurs : dans de pareilles coupes le vin doit doubler de prix.
Dans les bronzes du xvr: siècle à belle patine florentine, qui occupent la paroi de gauche, on retrouve facilement les têtes romaines classiques, depuis l'énergie des Gracques jusqu’à la flaccidité de Vitellius. Mais il semble que l’artiste a voulu incarner dans une seule figure, celle de Diane (comtesse Tenderino?), toutes les mauvaises passions de l’Italie ancienne et moderne : ce marbre est beau à force d’être hideux.
Les armes (moyen âge et renaissance) qui occupent la vitrine suivante méritent un coup d'œil; et les vases étrusques, coupes rhytons et autres qui se trouvent à côté font bien comprendre les splendeurs céramiques de lItalie au xve et au xvie siècle.
Christ en bronze, de la fin du xv° ou du commencement du xvi° siècle, attribué à Ghiberti, le sculpteur des fameuses portes du baptistère de Florence.
Tapisseries d’après Raphaël : Pêche miraculeuse, Saint Pierre recevant les clefs, etc.
Dans les vitrines roumaines le culte grec a exposé de curieux vêtements sacerdotaux du xve siècle, des châsses et des reliquaires en forme de basiliques, des encensoirs ornés de grelots, dont l’un surtout d’une forme particulière (xv* s.) ressemble à un vaste fourneau de tchibouck. — Bâton épiscopal terminé par deux têtes de serpents et qui n’est autre en réalité que le caducée de Mercure.
La reproduction de l'église d’Ardache, Patie en 1520 par le prince Negoge Bassarabe, ne manque pas d’un certain pittoresque; mais en somme ce n’est qu’un joli décor.
Une rareté parmi toutes celles qui sont rassemblées dans ces galeries : Trésor de Petrossa, découxert en 1837 dans la montagne d'Istritza. Ornements impériaux d’or incrusté de grenats ; — plat d’or orné en bas-reliefs de la suite des dieux antiques; spécimen trèscurieux de l’art byzantin au quatrième siècle chez les Goths de la ne Tout cela porte des traces non équivoques de fracture et de pillage.
Remarquons encore un fémur et des molaires ayant appartenu sans doute à un gigantesque pachyderme antédiluvien, des étoffes du xve siècle et surtout un manuscrit grec du xv® ou du xvi° siècle, qui consiste en une bande de parchemin roulée, selon la mode antique, sur une sorte de bobine d'ivoire, et nous aurons tout vu dans cette salle qui s’annonçait si pompeusement.
ANGLETERRE
L'exposition anglaise est une des plus complètes et des mieux
organisées. On y sent l'esprit d'initiative, de résolution et d'ordre qui distingue nos voisins.
Armes.—Elle débute par une série fort intéressante d’instruments et d'armes de l’âge de pierre etde bronze, qui està étudier; viennent ensuite l’invasion danoise et anglo-saxonne, représentées nécessairement aussi par des armes.
Casque danois trouvé dans les ruines du château d'Oxford.
Casque anglo-saxon avec ornements appliqués de bronze, Un autre spécimen avec nasal (époque d’Edward le Confesseur.)
Le moyen âgea là toute une suite de casques ou heaumes (helmets) dont plusieurs sont remarquables par leur volume, si bien qu’on serait tenté de croire qu’ils ont servi plutôt à des trophées qu’à armer des chevaliers. — Citons le heaume et le bassinet de Richard Beaucham comte de Warwick au quinzième siècle, et puisqu'ils se trouvent tout près, l’armure incrustée d'argent de Charles ler et le masque en fer d’un exécuteur des hautes œuvres de la Tour de Londres. On se demande pourquoi on lui a donné l'air grotesque et gouailleur qu’on lui trouve, est-ce que ceux qui ordonnaient alors les exécutions tenaient à insulter, au nom de la justice, leurs victimes jusque dans la mort?
Remarquez la sonnette et la châsse de saint Patrick, le grand apôtre de l’Irlande (ve siècle).
L'orfévrerie anglaise des quinzième et seizième siècles est dignement représentée dans l’histoire du travail.
Coupe d’argent ciselé appelée coupe de l’anathème, de Pinscrip* tion qui règne autour : « Anathème sur quiconque osera la vendre. » 1481.
Masse de cérémonie de l'Université de Glascow.
Épée à deux mains du temps de Henri VIII, pommeau en cristal de roche.
Masse en cristal montée en argent émaillée avec cabochons, donnée à la ville de Norwich par la reine Élisabeth.
Aiguière d'argent repoussé(1588). Coupe (grace-cup) de saint Thomas Becket, ivoire monté d'argent doré (1445). Carriage, coupe en forme de tonneau, argent doré, ciselé et émaillé, montée sur un char dont les roues sont mues par un mécanisme intérieur et qui est chargé de personnages en ronde bosse (1'e moitié du xvi* siècle).
Grosse pastorale de l’évêque Fox, argent doré et émaillé ; en haut, sous un dais d'architecture, la figure de saint Pierre, 1517. Au dixseptième et au dix-huitième siècle on peut citer un plat et une énorme coupe d'argent repoussé à l’Université d'York tout à fait remarquables.
Une table d'argent aux armes de Guillaume IH. — 1700.
Masse d’argent doré aux armes de la reine Anne et de la ville de Bath (1710.)
Une salière (salt-cellar), argent doré soutenu par quatre Colonnes corinthiennes.
ANGLETERRE. 179
Chenets de fer émaillés bleu et blanc.
Les coupes données en prix aux courses de chevaux (racing cup) apparaissent; citons celle de 1760 au duc de Cleveland ol. vraiment magnifique de tous points, et celles des courses de Richmond de l’année suivante.
Deux tankards (pots à couvercles) argent doré du célèbre orfévre Paul Lemaire de Londres, 1732, méritent encore l’attention.
Parmi les terres cuites anglaises, il en est une à étudier, ce n’est rien moins que le buste du célèbre sculpteur Flaxmann (1778) par lui-même au musée de Kensington.
Parmi les bijoux de toilette, signalons une montre curieuse surtout par sa destinée, donnée à l’empereur de Chine, en 1790, par lord Macartney dans une ambassade ; elle a été reprise il y a quelques années au sac du palais de Pékin.
Parmi les miniatures, celle de la reine Élisabeth par Nicolas Hillard (1547-1619) et le portrait du roi Charles II par Samuel Cooper (1607-1672) ont droit à quelques minutes d'attention.
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