‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 149 sur 174 · LE PAVILLON CENTRAL · texte numérisé non relu

LE PAVILLON CENTRAL

Le pavillon qui s'élève au milieu du Jardin central est consacré, nous l’avons dit (p. 11), aux poids, mesures et monnaies des différents peuples, exposition qui occupe le rez-de-chaussée; au premier étage sont les monnaies fiduciaires, billets de banque, timbresposte, etc.; à l'extérieur, quatre cadrans d’horloges indiquant simultanément les heures par des chiffres romains, arabes, turcs etindiens ; enfin au-dessus du dôme de verre, un globe terrestre qui tourne sur lui-même en 24 heures.

Une idée profondément philosophique a présidé à cet arrange ment : le visiteur qui a parcouru tout l’intérieur, qui a comparé les richesses des divers pays, qui a vu qu’elles doivent se compléter et se multiplier par l'échange réciproque, est tout étonné en arrivant au centre de voir si imparfaits les moyens quiservent à faciliter le commerce entre les différents peuples, c’est-à-dire les poids, les mesures et les monnaies. Le besoin de cette unité se fait impérieusement sentir à son esprit, et en levant les yeux il voit le globe terrestre dont les divisions doivent servir de base logique à ces mesures applicables à tous les peuples du monde.

Quatre compagnons de route, raconte Gérard de Nerval, un Turc, un Arabe, un Persan et un Grec, voulurent faire un goûter ensemble ; ils se cotisèrent de dix paras chacun. Mais il s’agissait de savoir Ce qu’on achèterait : Uzim, dit le Turc. — Ineb, dit l’Arabe. — Inghür, dit le Persan. — Siafilion, dit le Grec. Chacun voulant faire prévaloir son goût sur celui des autres, ils en étaient venus aux coups, lorsqu'un derviche qui savait les quatre langues appela un marchand, qui fournit ce que chacun avait demandé. C'était la même chose. |

Cette absence d’unité, cause de tant de maux et d'erreurs dans l'humanité, s’en va chaque jour en disparaissant. Un congrès pour l'unification des monnaies, poids et mesures a été organisé. Ce qui semble utopie aujourd’hui peut devenir réalité un jour. On l’enirevoit dans un avenir plus ou moins lointain. Mais il est beau pour le dix-neuvième siècle d'affirmer l’idée et pour nos savants

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