LES MACHINES DANS LE QUART FRANCAIS
Les pompes hydrauliques.
En entrant dans le quart français par le pont de la Berge nous avons laissé de nombreux appareils qui contribuent au service des eaux de l'Exposition (v. page 12): à droite, la pompe sans frottement de M. Nillus, du Havre. Puis la belle pompe à force centrifuge de Neut et Dumont mise en mouvement par une locomobile Calla éloignée de plus de 150 mètres. Comment se fait à une pareille distance la communication entre la pompe et son moteur? par ces deux câbles que vous voyez tendus au dessus du lac. A la vue de ces fils très-minces, on devinerait difficilement qu’ils transmettent une énergique impulsion. Ils n’ont que 8 millimètres. Maissi étrange que cela puisse paraître, la transmission telodynamique (ainsi l’ap-
elle-t-on) s'exerce par ce faible intermédiaire et à travers de ongues distances presque sans déperdition même pour des forces de 100 chevaux et plus. C’est à M. Hirn que revient l’honneur de ce mécanisme appelé à rendre de grands services. Quant à la nompe Neut et Dumont elle a par elle-même le mérite de fournir environ huit cents mètres cubes d’eau à l’heure ; cette eau, elle va l’aspirer à quatre-vingt-dix mètres de distance dans la Seine et elle peut l’élever à huit mètres de hauteur.
À côté, une locomobile de 20 chevaux sortie encore des ateliers de M. Calla, met en mouvement une pompe Letestu et élève 400 000 litres d’eau à l’heure pour alimenter le réservoir ou chàteau d’eau que cache la ruine dont nous avons déjà apprécié l'effet. pittoresque dans le Parc.
Plus près du pont d’Iéna, une locomobile Farcot, de 12 chevaux, fait marcher la pompe centrifuge du système Perrigault qui alimente la fontaine Barbezat.
Du côté opposé, c’est-à-dire à gauche du pont de la Berge, l’attention est attirée par une large nappe d’eau qui tombe avec fracas d’une certaine bauteur, en montrant la puissance de la pompe Coignard (hélicoïde centrifuge) ; une pompe qui, le 10 octobre 1866, dit un écriteau, a opéré le sauvetage du navire la Floride.
Les hangars et annexes des machines.
En suivant les allées si habilement dessinées par M. Alphand, nous rencontrerons la stéarinerie de M. Galabrun, l’atelier pour le lavage des laines de MM. Chaudet et Thuillier; une locomobile Calla, de 25 chevaux, commandant à grande distance la pompe centrifuge de MM. Neut et Dumont, au moyen du cäble télodynamique, de M. Hirn, que nous connaissons déjà ; le hangar des machines et outils pour tanneurs. D'élégants chalets en bois découpés abritent les appareils d'économie domestique de la maison S. Charles, la boulangerie mécanique de MM. Plouin et Vaury.
Dans le hangar des machines-outils qui borde le boulevard du Nord, nous remarquerons le moteur à gaz de Hugon, qui a partagé avec le moteur Lenoir et la machine Laubereau le privilége d’exciter l'attention des ingénieurs depuis quelques années, et les pompes à incendie à vapeur, locomobiles, construites dans le système américain par la Cie des chantiers et ateliers de l'Océan.
Chauffage,
Dans l'Annexe du chauffage et de l'éclairage, près de la porte de l’Université (quai d'Orsay), on visitera avec intérêt de confortables fourneaux, des cheminées en fonte émaillée, des calorifères ingénieux, une variété de poêles-cheminées qui arriveraient à faire aimer l’hiver; des appareils aujourd'hui connus, mais peu répandus encore, où l’on utilise le gaz d'éclairage pour le chauffage et la cuisine; une curieuse et jolie installation des allumettes de Roche logées dans de petites boîtes en forme de kiosques chinois.
Appareils réfrigérants.
Comme Sganarelle qui changeait la place du cœur, la science renverse les anciens principes de la physique : l’eau et le feu, ennemis jurés ju-qu'à ce jour, semblent avoir fait alliance. Voyez plutôt, c’est une machine à vapeur qui produit instantanément ces rouleaux de glace qui s’étalent aux yeux du visiteur, agréable et appétissant spectacle, par une chaleur de 25 degrés. Pour parler sans métaphore, la congélation est produite par la volatilisation de l’'ammoniaque, qui pour passer de l’état liquide à l’état gazeux demande une somme énorme de chaleur et l’emprunte aux corps qui l’environnent : dans l'appareil de M. Carré, employé par MM. Mignon et Rouard, je tube renfermant l’ammoniaque est plongé dans un vase d’eau, et la déperdition de chaleur est telle que ce liquide arrive de suite à la congélation. Le feu est employé à obtenir la