LE QUART BELGE
Après la porte Saint-Dominique commence la partie belge du pare qui contient l’Annexe des beaux-arts des Pays-Bas (voir page 155), la tente du roi de Belgique, l'annexe des beaux-arts du même pays (voir p. 156) et la grande halle où il a exposé son matériel de chemin de fer.
La majeure partie de cette section est occupée par le Jardin réservé que sépare une enceinte continue de grilles très-variées, les unes simples, les autres luxueuses, dressées là par les exposants. Mais avant de les franchir, il nous reste à voir :
La porte d'Anvers.
Construite en pierre de taille et couronnée de deux gigantesques figures de bronze, œuvres du sculpteur Armand Cattier, exécutés dans les ateliers de la Ce des bronzes à Bruxelles. Ces deux géants accroupis de chaque côté du fronton sont deux Gaulois qui, l’épieu à la main, la hache de fer au côté, symbolisent les courageux compagnons d'Ambiorix, qui résistèrent à César, l’an 57 avant l’ère moderne. Gette porte fait partie de la nouvelle ligne de fortifications qui complètent les travaux de défense de la ville d'Anvers.
La taillerie des diamants.
(Usine de M. Coster d'Amsterdam ).
Les sept premiers casiers qu’on trouve en entrant renferment les formations minéralogiques des gangues et des cristaux contenant le diamant. Dans la huitième se trouve huit diamants bruts de très-belle qualité. La neuvième renferme des pierres qui ont subi le clivage, c’est-à-dire qui ont été fendues, opération qu’on peut voir pratiquer par l’ouvrier placé tout à côté. Après le clivage vient l'égrisage, opération qui donne au diamant sa forme définitive et qui est exécutée par l’ouvrier suivant, dont le travail se trouve dans la dixième case, Après l’égrisage reste la taille qui ne s'exécute pas à la main comme les deux opérations précédentes ; elle se fait au moyen de petites meules, tournant horizontalement avec une vitesse de 2500 tours par minute. De la poudre de diamant, résul-
tat de l’égrisage, est dans les rainures de la meule, et sert à la taille, car le diamant ne se laisserait entamer par aucun autre corps. Les diamants, résultant de ces diverses opérations, sont dans la douzième case, qui est la plus intéressante, et où l'on remarque, entre autres un diamant bleu, un diamant rose et trois magnifiques pendeloques d’un blanc parfait. Dans la treizième case on peut voir le fac-simile du Ko-i-nor et de l'Étoile du sud, qui sont avec le Régent les plus gros diamants connus. Le premier qui, brut, pesait 186 carats n’en pèse plus que 102 1/2 et le second de 254 avant la taille n’en accuse plus que 125. On sait que l’art de tailler le diamant ne fut découvert qu’en 1470 par Louis de Berquen.