FRANCE. — PAYS-BAS; BELGIQUE
futur chapeau a pris une certaine consistance ; il a la forme d’un sac. C’est du feutre. Puis nouvelles opérations : le semoussage. Ce feutre, il faut le sécher. On l'étend sur une tôle chaude, et la machine reprenant son tour, ce sera elle qui sous le nom d’essoreuse fera évaporer l’humidité.
Reste à donner au chapeau une force de cohésion durable. C’est l'affaire du foulage. Un rouleau mécanique autour duquel le feutre est enroulé se promène sous une presse. L’ouvrier n’a qu’à laisser faire. La machine lui rendra son feutre resserré et durci.
Nouveau trempage alors, après quoi le moulage.
Le moulage se fait aussi à deux : l'homme qui étend l’étoffe, la machine qui l’arrondit intérieurement.
Le ponçage, qui consiste à repasser, à polir en quelque sorte le chapeau trop rugueux qui sort du moule, est une opération pour laquelle il faut encore la même dualité d’efforts : un disque tourne horizontalement, le feutre ajusté dessus passe successivement sous la pierre que l’ouvrier tient appuyée à poste fixe. Enfin le chapeau est obtenu.
Un autre compartiment de l’Exposition revendiquera maintenant le soin de l’embellir et de l’approprier. C’est un carré de jeunes ouvrières. Elles s’aident de la machine à coudre pour appliquer les bordures. Elles garnissent en soie l’intérieur. Ce fond de soie est préparé lui-même à l’Exposition, et imprimé d’un dessin qui donne l’image du Palais.
Les travailleurs algériens jouent un rôle intéressant dans les exemples de fabrications diverses qui nous sont offerts par la classe 95. Les uns couvrent de broderies d’or et d'argent ces bourses de maroquin si connues ou des babouches formées de peaux de diverses couleurs ; les autres tissent des étoffes rayées et brillantes. Un bijoutier fait tenir dans moins d’un mètre carré sa forge et sa fonderie, son atelier proprement dit et son magasin de vente.
L'Algérie forme la transition : nous étions encore en France, mais nous n’en reconnaissions plus les usages. Traversons la rue des Pays-Bas, et nous commencerons la visite des sections étrangères.