PAUSSE, ALLEMAGNE, AUTRICHE
La Prusse, qui entraîne dans son mouvement tous les États de l’Allemagne du Nord, offre outre son canon gigantesque, plusieurs objets a pu de remarque, qui presque tous tiennent à l’industrie de la fonderie, très-développée dans cette partie de l'Allemagne. En entrant dans sa section, on ne peut passer sans faire attention à ses belles cloches. La stafue de la Borusia, une belle façade en terre cuite appuyée à un riche pavillon métallurgique attirent également les regards.
Mais l’on a hâte d'assister à une fabrication d'épingles à tête de verre, et surtout de contemplerles statuettes mecklembourgeoises
‘ dans leur costume national. Comme elle est heureuse cette fiancée avec le gros bouquet qui surcharge sa tête! Quelle fraiche poissonnière! que ces paysans sont gauches et maladroits à faire plaisir! parfois on n’a qu’à tourner les yeux pour comparer le modèle avec l'original, et se convaincre qu’on n’a donné ni des couleurs trop fraiches, ni des chevelures trop blondes à ces filles de la Germanie.
On a beau dire que la France estle pays du progrès, que de points sur lesquels nous sommes encore en retard! Voici par exemple les chemins de fer, il n’est point de nation qui ne nous ait dépassés sous ce rapport. Nos machines sont les seules où le mécanicien et le chauffeur soient exposés à la pluie, au froid, à la poussière. Celles de tous les autres pays ont sinon une cabine, du moins une plaque verticale percée de lunettes, et l’on ne voit pas que le service en marche plus mal. Quant à l'aménagement intérieur des wagons la Prusse est bien en avance sur nous, comme on peut s’en convaincre par ceux exposés, qui poussent la précaution jusqu’à avoir des cabinets de toilette pour les dames. Que dire des wagons anglais et des wagons américains, qui dépassent ces derniers de beaucoup. Mais le point le plus remarquable de l'exposition prussienne et même une des merveilles du Champ de Mars, c’est
Le Canon géant.
Par ce temps de fusils à aiguille, et d’inventions meurtrières, il n’y a plus que les pièces de guerre monstrueuses, qui puissent captiver le regard du public. On ne s'arrête plus, comme autrefois, devant la forme souvent gracieuse presque coquette des canons armoriés et richement enjolivés; le fini de l'exécution, la perfection du bronze ou de l’acier, la beauté des proportious, la légèreté, rien de tout cela ne touche plus le visiteur. Les dames elles-mêmes ne veulent plus entendre parler que d'œuvres gigantesques, étourdissantes de"Yartillerie moderne; il leur faut par exemple d’im-