‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 52 sur 174 · PRUSSE, ALLEMAGNE, AUTRICHE · texte numérisé non relu

PRUSSE, ALLEMAGNE, AUTRICHE

menses canons de rempart se chargeant par la culasse tels que celui qui sort de la grande fabrique d'acier fondu de M. Krupp, à Essen. Celui-là dérobe à son profit, par son imposante masse et par sa nouveauté, l’attention des moins belliqueux; impassible, inébranlable, il se pose en souverain dominateur au milieu des machines industrielles qu’il semble vouloir intimider et réduire au silence. M. J. Turgan a décrit dans son livre de l’Artillerie moderne à grande puissance le système de M. Krupp :

« La culasse de ce canon, dit-il, est entaillée d’un canal dans lequel un verrou-châssis se meut transversalement à l'axe du canon. Le verrou se manœuvre facilement, et Jorsqu’il est tiré au dehors on peut introduire le boulet dans l’âme du canon par la partie postérieure de la culasse. Une fois le boulet posé on repousse le châssis, et au moyen d’une vis on fait entrer dans l’âme une garniture qui en remplit la cavité derrière la gargousse. Cette fermeture est maintenue fixe par un boulon, introduit au moyen d’un mouvement excentrique : un anneau en cuivre évidé à l'intérieur et que les gaz produits par l'explosion chassent violemment contre la rainure du châssis, empêche tout échappement de ces gaz et la fermeture devient absolument hermétique, ce qui est indispensable pour empêcher la destruction graduelle de lagarniture. »

Le poids de ce canon est de 47 454 kilogrammes; son affût pèse séparément 15000 kilogrammes; son diamètre Intérieur est de 0®, 356; il lance des projectiles de 500 kilog. et chaque coup revient à environ 1000 francs. Ne voilà-t-il pas une machine bien avanta-

euse? En se plaçant même au point de vue militaire, ce léviathan es canons nous parait trop difficile à manœuvrer pour pouvoir être d’une utilité réelle dans un combat.

- Abandonnons les procédés de destruction, et jetons un coup d'œil sur une pyramide de vis, boulons, écrous, que nous offre la Hesse, et sur les pompes à bière que le duché de Bade fabrique sur une grande échelle, arrivons à l'exposition de l'Autriche.

Hélas! ici encore la guerre a imprimé son cachet, et tout semble rappeler le souvenir de Sadowa. Voici le télégraphe ambulant de campagne, les signaux optiques de guerre, les appareils électromagnétiques pour l’inflammation des mines. Reposons nos yeux sur des coffres-forts d’un luxe inconnu chez nous, et qui semblent affirmer que les richesses de Autriche n’ont pas été englouties par un désastre militaire. Son activité industrielle se révèle au contraire par la grande locomotive destinée au chemin de fer de Moscou à Kurak, et par la locomotive Engerth qui pendant plus de trois ans a fait le service d’Oravicza à Steyerdorf, parcourant des courbes de 104 mètres et gravissant des rampes de 20 millimètres par mètre.

Marchons rapidement, les pays que nous allons traverser ne pré-

sentant guère de machines dignes d'attention. Signalons seulement en Suisse, un métier à coton et desmétiers à tisser des soieries; en Espagne, la fabrication des bouchons, et la machine à sculpter le bois de M. Ferrando. Le Danemark et la Norvége n’offrent guère que des engins de pêche. En Suède, nousremarquons une petite machine verticale pour bateau à hélice, fort peu encombrante.

La Russie et l'Italie sont mal représentées dans la galerie des machines : c’est ailleurs qu’il faut constater l'importance de leurs expositions.

Page 1