ÉTATS-UNIS. — ANGLETERRE
outils qui, chez ce peuple industrieux et avare du temps, remplacent partout l’action directe de l’homme. Mais si nous ne pouvons signaler qu'une machine à faire des clous, des métiers à tisser, et une magnifique raboteuse, il est facile de distinguer un caractère tout spécial aux machines américaines. Ce sont les formes pratiques et commodes, l'introduction de la machine à vapeur dans la famille, dans la vie privée, tandis qu’elle reste généralement, sur notre continent, reléguée dans les ateliers et qu’elle est toujours plus ou moins un épouvantail pour d’autres que ceux qui s’en servent journellement.
ANGLETERRE
Tout en faisant cette observation, nous avons atteint l'exposition anglaise. Tout ici indique une industrie vigoureuse et intelligente. Les métiers à tisser y occupent une grande place: le roi-coton ne devait pas être oublié. On peut voir façonner des étoffes unies, rayées, écossaises, brochées, et rien n’égale la rapidité et la précision du mouvement de la navette dans ces machines. Des phares et appareils dioptriques semblent placés là pour dire qu’en donnant la sécurité au navigateur, ils protégent le commerce de l’Angleterre. Les diverses industries d’une grande nation sont représentées, comme en France, par de nombreux appareils. Mentionnons des bassines tournantes pour la fabrication des dragées et produits de confiserie, une machine Worssam pour raboter et dégauchir le bois, une machine à faire les moulures, la pompe Gwynne élevant un volume d’eau important qui retombe ensuite en cascade du haut d’un rocher factice. Examinons la disposition curieuse des wagonsposte, munis d’un système propre à échanger les dépêches aux stations sans arrêter la marche des trains, et bientôt nous atteignons les limites du domaine anglais. A l’extrémité de cette galerie, à l'endroit où elle rejoint la grande entrée et le point de départ, se dresse une pyramide représentant la quantité d’or que les Anglais ont tiré de la colonie Victoria. On croirait ce monument placé là comme un symbole pour dire à ceux qui viennent de contempler toutes ces productions du génie et des efforts de l’homme, que cet or et les richesses qu’il représente, sont le fruit de labeurs incessants, et ne peuvent être acquis qu’à ce prix.
(MATIÈRES PREMIÈRES ET MANUFACTURÉES. — VÊTEMENTS. — MOBILIER. MATÉRIEL ET APPLICATIONS DES ARTS LIBÉRAUX).
FRANCE
De même que les Parisiens sont les gens qui connaissent le moins Paris, le Français est le peuple qui généralement connait le moins les richesses et les merveilleuses ressources de son pays. On est trop porté à oublier qu'il y a un autre commerce que celui de. l’élégante bimbeloterie parisienne ; que nos départements renferment de riches manufactures, de colossales usines ; que jusqu'aux limites les plus reculées de notre territoire, circule une vita!ité puissante, et qu’elles sont bien rares les parties de notre sol qui ne répondent pas par leur fécondité à la main qui les travaille. Ce ne sera pas un des côtés les moins utiles de l’Éxposition que de faire connaître à tous les richesses si variées que renferme la France, et pour la plupart desquelles elle peut honorablement soutenir toute concurrence. Mais pour bien lPapprécier, il faut faire le tour complet des galeries qui lui ont été accordées, passer des machines aux beaux-arts, des matières premières arrachées aux entrailles de la terre qui font sa force matérielle, aux parties intellectuelles qui font sa force morale : c’est après un voyage si plein d’imprévu et de découvertes que l’on comprend le mot du grand Frédéric : « Pour faire un beau rêve, il faut pendant un jour être roi de France ! »
Revenons au grand vestibule et tournons à gauche dès que nous pourrons lire au-dessus d'une galerie cet écriteau :