CONFECTIONS. TISSUS. ARMES
draps d’Elbeuf et de Sedan, des cotons de la Normandie, et de l’Alsace, des mousselines et rideaux brodés de Tarare, des mousselines brochées de Saint-Quentin, des coutils de Flers, des velours d'Amiens, des tissus imprimés de Mulhouse. Ce sont deces productions qui font la prospérité et la vraie richesse d’un peuple.
La lingerie et tous les accessoires de la toilette, les éventails, les gants, et nous nommerons sans fausse honte, honni so t qui mal y pense ! les jarretières et les crinolines, ne sont peut-êvre pas sans mérite ni sans intérêt, pour qui sait les comprendre.
Mais les dentelles! mais les broderies! mais les châles! mais les soieries ! Quelle éblouissante assemblée!
Paris, Lille, Arras, Saint-Étienne, Lyon, Nimes, se sont fait représenter avec éclat par ces ambassadeurs luxueux qui obtiennent si facilement audience auprès des reines de la mode. Il y a là des travaux merveilleux; des étoffes impalpables couvertes de fleurs transparentes nuancées et ombrées comme avec un pinceau délicat, une robe entre autres, au point d'Alençon, qui aurait coûté 10 500 journées d’ouvrières ; des brocarts chamarrés d’or, des velours aux nuances profondes, des soies qui attestent à la face du monde que Lyon n’a rien perdu de son empire.
Les soieries lyonnaïses ne sont pas remarquables seulement pour la beauté du tissu, l’éclat des couleurs, le bon goût du dessin, mais quelques-unes vont plus loin encore et peuvent prendre place parmi les œuvres d’art.
Ne cherchons pas à nous défendre d’une patriotique émotion. La . pensée de celui qui entre dans ces riches galeries du uxe et du goût est de songer aux tentatives rivales qui veulent disputer à la France sa suprématie. Si les dames n’y cherchent que le plaisir des yeux, le visiteur quiappartient à cette patrie industrieuse et artistique à la fois, où se produisent tant de belles choses, se réjouit à mesure qu’il constate que tant d’efforts ne sont point perdus et qu’au milieu du progrès universel, la France tient encore son rang.
Les armes portatives.
Voici maintenant un point delagalerie où va se révéler l’éternelle antithèse des goûts virils et des goûts féminins. Un jour déguisé en femme, Achille croyait échapper aux recherches des Grecs. On sait l'expédient d'Ulysse, qui fit apporter dans le palais de Lycomède de riches présents d’armes et de bijoux. Les dames de la cour se hâtaient autour des pierreries, des bracelets et des colliers. Une seule prit en mains les flèches et les boucliers. C’était notre héros, découvert à ce trait. Il se fût trahi de même au palais de l'Exposition; car à l’endroit où nous sommes arrivés, il faut choisir aussi : d’un côté les armuriers, de l’autre les joailliers et les bijoutiers.
Nous n’avons point de raison de cacher nos préférences, comme