‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 58 sur 174 · FRANCE. — GALERIE DU VÊTEMENT · texte numérisé non relu

FRANCE. — GALERIE DU VÊTEMENT

Achille. Nous irons droit aux fusils et aux pistolets, d'autant mieux qu’il se fait en France, nous le savons, d’actifs efforts pour donner à cette industrie. un élan nouveau ; les inventeurs sont en campagne. Toutes ces vitrines des Lefaucheux, des Devisme, des Lepage, etc., abondent en mécanismes ingénieux, en combinaisons ina!tendues. Les revolvers tournent comme des soleils en lançant des balles à chaque demi-seconde. Les balles se changent en bombes dans la tête des lions et des panthères. Les canons des fusils portent avec une précision foudroyante. Guerre à outrance est déclarée à tous les habitants malfaisants de la terre... et aussi gare au gibier, gare à qui porte fourrure!

Bijouterie française.

Entrons maintenant dans l'empire du Diamant et de l’'Émeraude, de l’Opale et du Saphir, des Perles et du Corail. Le plus indifférent ne passera pas sans admirer. Le culte de la nature et celui de l'art sont dans tous les cœurs; or c’est la nature qui fournit ces cristaux chatoyants, aux admirables feux, et la monture qu’ils reçoivent de l'art n’est qu'un hommage de plus rendu à cette infinie richesse de la création. Ces pierres v'ennent de loin pour la plupart, arrachées aux profondeurs de la terre; ces perles, aux abimes de l'Océan; l'or qui les encadre, aux montagnes de l’Australie ou de l'Amérique, tout ce butin atteste les infatigables pérégrinations de l’homme et les continuels échanges de peuple à peuple. Mais une chose flatteuse pour l’amour-propre parisien, c’est qu'il n’est point beaucoup de villes au monde qui possède comme Paris le don de disposer en assemblages artistiques, d’un goût vraiment exquis, ces trésors apportés de tous les points du globe.

Nous parlons de l’art, et la science donc! n’a-t-elle pas pris l'idée de faire invasion parmi ces mille jeux de la fantaisie. Ne voilà-t-il pas en effet la découverte de Volta mise en parure: Des bijoux électriques. Électriques ! grand Dieu, que vient faire là l’électricité? Eh! mais oui, ces têtes en argent qui bougent, ces yeux de rubis qui tournent, ces bouches d’émail qui s'ouvrent et se ferment, tout cela est mû par un courant électrique qu’il vous suffira d'établir grâce à une petite pile que vous porterez dans votre poche et qui se reliera. au bijou par un fo métallique. O génie humain! voilà bien de tes coups !

Il y à bien quelque enfantillage à regarder ces amusements de la moe. Mais notre excuse, s’il en faut, est près d'ici: nous voyons dans le voisinage, les

Jouets d'enfants.

« Printemps de la vie! Souvenirs du jeune âge ! Salut!» Voyons un peu comment on amuse les nouvelles générations.

Il ya togiqurs foule devant ce nègre qui joue de la flûte, cet oiseau qui chante en agitant les ailes, ces souris qui se promènent; mais tous les regards, toutes les attentions sont pour le salon des poupées, et vraiment elles méritent cet empressement. Ne les prenez pas pour les premières venues, ce sont des poupées grandes dames ou petites dames, elles ont des airs empruntés au monde des eaux et du sport, elles affectent les toilettes tapageuses, les robes trainantes. Vraiment on les prendrait pour les vignettes de la Vie parisienne descendues de leur cadre et habillées par les plus adroites couturières. Les groupes qu’elles forment sont d’une vérité frappante, et si leur langue était aussi docile que leurs articulations, sielles pouvaient parler comme elles peuvent s'asseoir, il y aurait sinon profit, du moins plaisir à les écouter. C’est là qu’on peut reconnaître la supériorité du commerce parisien : Nuremberg, Londres ont à leur disposition le même caoutchouc pour le corps, le même émail pour les dents, le même verre pour les yeux; ce qui leur manque, c’est cette ingéniosité dans l’arrangement, cette perfection dans les détails. =

Quel joli jardin aussi que celui des fleurs artificielles, on s’y promènerait sans fin, et l’illusion serait complète sans les plumes et les diamants qui viennent rappeler que les femmes sont les vraies reines de ce parterre.

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