‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 75 sur 174 · BELGIQUE ET PAYS-BAS · texte numérisé non relu

BELGIQUE ET PAYS-BAS

Quelques curieux s’arrêteront devant les coffrets, boîtes et autres objets en bois de Spa qui tirent leur prix des peintures dont ils sont couverts. A titre de curiosité ils peuvent figurer dans le Champ de Mars, mais leur place est plutôt à Spa d’où le voyageur les emporte comme souvenir, et cette valeur fictive est bien supérieure à leur valeur réelle. Aussi l'inventeur peu ingénieux qui a imaginé d’en faire des colliers, des broches et autres ornements, courtil grand risque d’en être pour ses frais. Dans la même salle on peut remarquer une copie de l'hôtel de ville de Bruxelles découpée dans un bloc de liége. Voilà un brave homme qui s’est donné beaucoup de mal bien inutilement, et la plupart préféreront à cette œuvre si longtemps travaillée, une photographie que l'objectif obtient en l’espace de cinq secondes. Remarquez tout auprès ces fruits, ces poires surtout où l’art imite si parfaitement la nature. Ici du moins il y a une utilité incontestable, et nombre d’amphitryons vous expliqueront comment ces fruits se trouvent toujours être bon marché, quel que soit le prix qu’on les ait payés.

L'objet sinon le plus intéressant, du moins celui qui attire le plus de toute cette salle, c’est la pendule à sujet qui occupe le milieu de la pièce:

Cette pendule est placée au milieu d’un monument représentant le palais de Napoléon à l’ile d'Eibe. La façade est en cuivre doré.

Au-dessus du palais se trouve une sorte de donjon, où l’Aigle déployant ses ailes est chargé de sonner les heures. La machine représente dans son ensemble l'ile d’Elbe; la mer et le continent. A gauche de l’ile on voit le port de Cannes, à droite la ville de Paris.

Les heures sont sonnées par l’Aigle.

À la première heure, l'Empereur sort de son palais, avec sa suite et fait le tour de l'ile; puis il monte à la tour pour voir la mer et la trouvant libre il descend pour s’embarquer avec ses troupes.

A la seconde heure il estembarqué sur trois bâtiments de guerre ; il passe la mer pour débarquer à Cannes. |

À la troisième heure l'Empereur sort de Cannes, monté sur son cheval blanc, suivi de ses troupes, d’une pièce d'artillerie et d’un fourgon attelés. Il parcourt le continent etfaitenfin son entrée dans sa bonne ville de Paris.

Les salles voisines renferment plus spécialement des produits de la Hollande; il faut surtout remarquer les transparents pour portes ou fenêtres dont les couleurs et le dessin sont egalement dignes d’éloges; nous n'avons rien à opposer à ces peintures sur verre. Tout auprès est un pupitre de musique dont un mécanisme ingénieux permet à l’exécutant lui-même de tourner ses pages, sans interrompre son jeu. Il est à regretter que la Hollande, si intéressante à visiter n’ait pas trouvé à faire de plus nombreux envois à l'Exposition universelle. Mais elle a fait venir de l’ile de Java une collection originale d’armes et d'instruments de musique.

Les photographies belges méritent une visite soit pour lessujets, soit pour l'exécution matérielle.

La suite des reproductions des tableaux du peintre Wierrz, qui vient de mourir il y a quelques années, nous donne occasion de voir l’ensemble de son œuvre.

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