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PRUSSE ET ALLEMAGNE DU NORD

assis empereur et l'impératrice. Ces joujoux et deux magnifiques vases de grandeur colossale, tel est le bilan de la Bavière.

Le Wurtemberg a moins encore, puisqu'il ne se recommande que par ses tôles vernies et peintes, dont l’usage devrait bien s’introduire chez nous, au lieu des horribles plateaux qui nous servent encore, article dans lequel notre industrie a de grands progrès à faire. Je ne parle pas de ses pianos; ils ne sont ni pires, ni meilleurs que la plupart de ceux qui figurent dans le Champ de Mars, et ne se font guère remarquer que pour être joués un peu plus souvent que les autres; je conseille seulement à l'amateur de jeter un coup d’œil sur l'instrument de forme antique, appelé sistre, qui s'étale sous une vitrine et pourrait bien y rester longtemps. Il faut savoir gré au Wurtemberg de nous avoir envoyé les plans, dessins et modèles de 46 de ses écoles.

Les coucous badoïis.

L'exposition du grand-duché de Bade, voisine de celle de la Bavière et du Wurtemberg, a le privilége d'attirer toujours beaucoup de monde, et pourtant il n’y à ni roulette ni tapis-vert. Des trois salles qu’elle occupe, les deux premières sont remplies par une collection très-curieuse de coucous de la forêt Noire. C’est plaisir de voir tous Ces cadres en bois noir sculpté, affectant les formes les plus diverses, sur lesquelles des aiguilles en ivoire promènent leurs longues pattes blanches, d’entendrele tic tac régulier de tous ces mouvements en activité, d’assister aux mécanismes plus ou moins ingénieux mis en jeu par l’heure qui sonne, mais dont le plus ordinaire est un coucou qui entr’ouvre sa porte, vient jeter son cri étrange et se replonge dans sa cachette. Quelques-unes de ces horloges, fabriquées d’après un modèle à peu près uniforme, portent les traces d’un curieux et ingénieux travail.

En allant à la salle suivante, on voit un riche buffet en bois sculpté, une belle glace de Manheim,un meuble en ébène incrusté d'ivoire, et un lit construit sur le modèle de celui où fut si longtemps étendu Garibaldi. Cette dernière salle, trop petite à certaines heures pour la foule qui l’assiége, contient deux

Orchestrions.

L'orchestrion est une espèce d’orgue de Barbarie perfectionné, et qui a même des prétentions de s'élever jusqu’à l'orgue, à voir les. tuyaux qui dominent sa face Ep g) taN Le compositeur a essayé de rassembler tous les sons divers d’un orchestre dans cet instrument qu’on ne tourne pas comme l'orgue de Barbarie ou la serinette, mais dont le cylindre est mis en jeu par des contre-poids, comme dans le carillon du Parc. On entend, en effet, une assez srande variété de sons, la flûte, la clarinette, voire même le tam-

bour, ce qui permet d'exécuter avec assez d’à-peu-près les ouvertures les plus brillantes. L’orchestrion a huit cylindres, sur chacun desquels six airs différents sont gravés, ce qui lui permet de compter 48 morceaux dans son répertoire. L’orchestrion est fort goûté du public, mais une chose empoisonne son triomphe : c’est d'être contigu aux pianos wurtembergeoïis, grâce auxquels il lui est difficile de trouver un moment pour se faire entendre, et cet empressement de chacun des deux instruments, à saisir le moment où l’autre s'arrête pour commencer à son tour, ajoute encore une comédie aux plaisirs du public. Ceux que la description de l’orchestrion aurait pu inquiéter pour leur repos futur n’ont qu’à se rassurer : cet instrument est un meuble qui ne peut se transporter facilement, on pourra l’entendre chez son voisin, mais jamais dans sa cour.

La Saxe n’est représentée que par son beau linge damassé, qui fait l'admiration des femmes, excellents juges en cette matière, et ses porcelaines, qui doivent toujours trouver place parmi les premières. Sans doute, quelques-unes ne sont pas d’un goût très-pur, et offensent le regard par les ornements et les couleurs dont elles sont surchargées, mais ce n’est pas le plus grand nombre; en général, leur forme est heureuse et les peintures qui les couvrent très-délicatement finies, notamment celles de deux grands vases et d’un guéridon. Pour apprécier la fabrique royale de Saxe, il n’est besoin que de voir celle de Prusse : là les couleurs sont heurtées et désagréables, les tons crus, les formes peu artistiques, et n’offrent pas même ce piquant que recherchent les curieux dans ce qui est franchement laid.

L'exposition personnelle de la Prusse, en la séparant de celle des royaumes qu’elle s’est annexés, se réduit à peu de chose : son orfévrerie mérite un coup d’œil pour quelques ouvrages richement travaillés, notamment les deux boucliers offerts l’un au roi François Il, par l'aristocratie berlinoise, l’autre au prince royal par les provinces rhénanes. Le reste de ses envois consiste surtout en produits industriels et métallurgiques, très-utiles sans doute, mais que ne recommande ni leur nouveauté ni leur supériorité.

Les fontaines d'eau de Cologne.

Une seule de ses salles est visitée par la foule ‘ en reprend souvent le chemin, c’est celle consacrée à la ville de Cologne : ce n’est pas qu’on y trouve un plan en relief de la superbe cathédrale, ou bien la châsse des trois rois mages et les reliques des onze mille vierges, ces objets attireraient moins de monde : c’est le temple où les nombreux Jean-Marie Farina ont élevé un autel à l’eau de Cologne, première source de leur fortune. Au milieu de la pièce, devant une arcade richement décorée, s’élève une fontaine de marbre blanc, dans laquelle jaillit sans cesse un jet de cet odorant liquide.

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