CAFÉS, — RESTAURANTS. — BRASSERIES
duits les plus authentiques d'Amsterdam, y compris le curaçao au parfum pharmaceutique : de cela, nul ne pourrait répondre, mais peu importe au public qui est peut être moins attiré par cette promesse que par le costume des demoiselles de comptoir : elles portent sur la tête un casque doré recouvert de dentelles blanches, ancienne coiffure nationale de la Hollande, et qui apparait comme un souvenir lointain des kermesses; l'effet pittoresque est atteint.
Le restaurant prussien, un peu froid et monotone d'aspect, n’a que son vin du Rhin qu'il offre à tout venant; un décorateur habile eût mis sur la tête de jeunes et jolies servantes la marmite qui sert de casque sur les bords de l’Oder et qui n’est pas sans ressemblance avec l’antique bornet des flamines.
Si les brasseries viennoises du promenoir n’ont aucune originalité bien accentuée, en revanche, l'exposition vinicole de l’Autriche qui s'ouvre sur la galerie, mérite une visite particulière. Des bouteilles de toutes formes, de toutes couleurs, artistement groupées, où le Tokaï coudoie le Johannisberg, font rêver longuement plus d’un gastronome mélancolique: au milieu s'élève un joyeux tonneau couronné de pampre et de verdure, et auquel il ne manque que la statue, sinon de Bacchus, du moins de Grain-d’Orge, le dieu de la bière, dont le poëte anglais Burns a raconté l’histoire d'une façon si poétique.
Sur l'établissement qui suit on voit bien écrit restaurant et buvette suisse, autour des tables on aperçoit bien circuler une ou deux filles dans un costume qui affecte quelques velléités helvétiques, mais on est loin de trouver tout ce qu’on était en droit d’attendre de la part d’un pays qui est si riche en pittoresque et qui n’a pas même transporté uu spécimen de ses chalets.
Le café espagnol qui vient ensuite, ressemble assez au chocolat de la plupart des marchands: d’'Espagnol il n’a que le nom. Là-bas derrière le comptoir on aperçoit bien quelquefois une mantille de dentelle noire sur une robe d’un rose éclatant, etsur les stores quel-
ues danseurs et danseuses sévillanes, mais de signe distinctif aucun: On n’y fait même pas la cuisine avec de l'huile rance, et, chose désespérantel on y trouve une propreté et un confortable que les amateurs de couleur locale appellent une faute capitale.
Parlez-moi du café danois, il n’est pas grand, mais il a ses tartines et son kumel. Tout auprès une Suédoise aux cheveux blonds, en cornette et en taille blanche, costumée comme sa compatriote de l'Exposition qu'on voit plus loin effeuiller des marguerites sous qu vitrine’, offre du punch suédois à tousceux qui ont le désir d’en goûter.
De tous les restaurants établis sous le promenoir, le restaurant russe est celui qui attire le plus de curieux et qui porte les mar-