LES DISTRACTIONS DU PFROMENDOIR
Comme, selon l’expression du poëte, L’ennui naquit un jour de l’uniformité,
cette longue succession de cafés, de restaurants, eût pu être monotone ; la Commission a essayé d’y parer en invitant les concessionnaires à donner à leurs établissements la couleur, les usages des divers pays représentés à l'Exposition. Chaque nationalité se retrouve sous le promenoir aussi bien que dans l’intérieur du palais, et cette variété de décorations, de consommateurs, fait que cette galerie n’est pas une des moins intéressantes à parcourir.
C’est donc une exposition vivante des denrées alimentaires, des habitudes gastronomiques de chaque contrée. Ainsi dans ce Palais où tout concourt à instruire le visiteur, il n’est pas jusqu'aux heures de restauration et de reconfort qui ne portent en elles leur enseignement.
On a disposé plusieurs salons de dégustation où l’amateur peut juger par lui-même des principaux vins français et étrangers. La collection surtout des crus bordelais est à étudier et surprend par sa riche variété.
En commençant par la gauche, comme dans toutes les promenades circulaires que nous ferons, voici d’abord la France qui compte trois immenses restaurants : si la grandeur du local, si le nombre des tables et des chaises vous étonnent au premier abord, que sera-ce quand vous verrez toutes ces places presque constamment occupées, et qu’à certaines heures vous compterez les postulants qui attendent leur tour. Il n’est pas jusqu’à nos colonies qui n'aient réclamé leur coin; dès que vous en approchez, une odeur de vanille fortement prononcée vous en avertit : voici une habitante de la Guadeloupe au teint bistré, à la coiffure jaune, qui débite de la pâte de goyaves et du rhum à l’acajou ; tout à côté est le café algérien servant le café à la manière africaine : la salle est petite, mais elle est toujours fréquentée même par des consommateurs arabes qui contribuent à lui donner une couleur locale.
Voici maintenant les restaurants étrangers avec le cachet plus ou moins bien réussi d'originalité qu’ils ont essayé de se donner. C’est d’abord le café hollandais, qui se vante de posséder les pro