‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 82 sur 174 · ESPAGNE; PORTUGAL, — GRÈCE · texte numérisé non relu

ESPAGNE; PORTUGAL, — GRÈCE

incontestable par la bizarrerie de leur dessin, la finesse de leur travail, ce sont des arabesques de l’Alhambra découpées; ces corbeilles en argent d’un tissu si finet si délicat rappellent le filigrane de Gênes, mais en le surpassant de beaucoup. D’ailleurs, il n’est pas besoin de chercher sur le mur la nationalité de ces objets, tout est espagnol, et le moins habile ne s’y méprendrait pas. Qui pourrait en douter en voyant ces riches et éclatantes étoffes de Barcelone, ces broderies d’or sur velours rouge ; les costumes, d’ailleurs, sont là pour le dire. Voyez cette sénora avec sa robe rouge et or et sa mantille de satin broché, cette bourgeoise plus modeste un voile blanc sur ia tête et la croix de sa mère sur la poitrine, cette paysanne qui ne craint pas d'attirer sur elle les regards du taureau, et contrairement au refrain du poëte ne cache pas son rouge tablier. Mais là ce ne sont que des mannequins habillés, ici vous ne voyez que le costume, entrez dans la salle suivante, vous trouverez l'espagnol lui-même. Ces statuettes sont vivantes, voilà bien les vraies physionomies de ces gens brûlés à la fois par Le soleil qui passe sur leurs têtes et par le feu intérieur qui couve au dedans d’eux; ils ne sont pas flattés, mais, ce qui vaut mieux, ils sont vrais. Remarquez dans la même salle cette poterie, à laquelle un simple pointillé donne un cachet de si grande originalité; voyez ce buffet à qui il suffit d’une bordure violette pour sortir de l'ordinaire, et ce berceau en velours sur lequel ces blancs coquillages se dessinent si harmonieusement. Traversez un léger couloir pour voir dans la pièce suivante tout un ameublement fait en mosaïque de bois, et d’intéressantes photographies sur l'Espagne. Enfin, dans un dernier réduit se résume l'Espagne tout entière : on y voit un piano, il est vrai, mais c’est un contre-sens, et le luxe de sa caisse est tout ce: qui le recommande; mais c’est là que se trouve la classique guitare, sans laquelle l'espagnol pourrait se comprendre. Mais, hélas! elle a été perfectionnée, on l’a raccourcie pour lui donner les sons de la harpe. C’en est fait de l’instrument de Figaro, avant peu la guitare aura disparu.

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