ÉTATS-UNIS, BRÉSIL, RÉPUBLIQUES, ETC
Quoique les guerres civiles aient détourné trop longtemps l’Amérique des occupations industrielles, aient paralysé ses efforts etempêché ses préparatifs pour l’Exposition, elle ne s’est pas moins fait représenter au Champ de Mars, et dans tout ce qu’elle a en-
voyé se retrouve bien le caractère aventureux et incomplet de ses populations. L’Américain tient encore au sauvage d’un côté, tandis que de l’autre il touche aux confins de la civilisation la plus raffinée : son état social, produit d’une éclosion hâtive, porte à la fois la trace des institutions les plus avancées et des usages les plus barbares. A côté de ses wagons qui ne comptent qu'une seule classe, où la plus franche démocratie est pratiquée, vous pouvez voir le revolver que Américain ‘porte toujours avec lui pour sa défense personnelle. Même lacune dans son industrie, si incomplète, si nulle sous certains points, si progressive sous certains autres, notamment sous celui des machines, dans lequel il devance l'Européen et lui fournit des modèles. Allez voir dans la galerie des annexes. tout à côté de la porte Suffren, cette magnifique Locomative qui fait l'admiration de tous les visiteurs, non moins pour sa force que pour sa beauté. Pour en revenir à l’intérieur du Palais, l’exposition américaine se divise en quatre parties bien distinctes : les États-Unis, le Brésil, les iles Hawaï et les républiques de l’Amérique du Sud, bien différentes comme mœurs et comme productions.
Les États-Unis n’ont guère que leurs mines, dont ils ont envoyé plusieurs beaux spécimens, leurs pelleteries, dont on peut contempler la source dans l'Ours blanc empaillé, ce voyageur qui se confie aux banquises des mers polaires et poursuit sa proie sur les champs de glace les plus étendus. Les produits de leur industrie sont peu nombreux, mais caractéristiques : c’est un Canon revolver qui a servi dans la dernière guerre ; C’estune Planisphère, avec un mécanisme très-ingénieux, faisant mouvoir à la fois la terre, La lune, le soleilet plusieursautres astres; ce sont diversinstruments à l'usage des dentistes , dont les Américains ont perfectionné l’art, non sans besoin ; ce sont.des Pianos dont on a parlé beaucoup plus qu'ils ne le méritaient : ils ont une sonorité très-grande, mais la qualité et l'égalité du son laissent beaucoup à désirer. Ces pianos jouissent d’une réputation universelle, surtout depuis qu’ils ont obtenu à Londres la grande médaille d'honneur. Leur prétendue supériorité, dit-on, tient à deux perfectionnements, l’un qui leur permettrait de résister aux variations atnfosphériques (il s’agit d’un barrage de fonte dans l’intérieur du piano); l’autre, qui donnerait aux registres une plus grande égalité que dans les pianos européens. Est-ce vrai? Si nous recherchons les choses curieuses, il faut nous arrêter à un-système d'horloge antique qui indique simultanément les heures sur les cadrans les plus éloignés, et-enfin donner un coup d'œil à l'Orfévrerie, où le génie national n’a pas moins laissé son empreinte; deux des principales pièces sont des bateaux à vapeur en argent avec tous leurs agrès, et d’une longueur de 50 centimètres. A ce trait ne devine“t-on pas le peuple chez qui la machine est presque divinisée ?
Les aveugles ont intérêt à visiter l’exposition des États-Unis où