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ANGLETERRE. — MOBILIER. — CÉRAMIQUE

Enfin les Anglais ont de très-beaux lits de cuivre ouvragé de MM. Peyton.

Tapisserie anglaise.

Le public n’accorde pas une grande attention aux tapis anglais, qui sont relégués, on ne sait pourquoi, dans la galerie des matières premières. Cependant la fabrication des tapisseries est pour les Anglais une prétention, à coup sûr un espoir pour l'avenir. Il faut les entendre parler de leur « tapestry, » tapis imprimés à Halifax, de leurs « Axminster » fabriqués à Wilton, de leurs « Jacquard », dits Bruæelles, dont les principales manufactures sont à Kidderminster. Pour tous ces produits, comme pour les étoffes peintes, comme pour les porcelaines, comme pour les cristaux, l’art décoratif s'affirme en Angleterre. Il se dit entré dans une voie progressive ;.et partout une même cause est assignée : l'influence des écoles ouvrières,

Porcelaines anglaises.

La céramique anglaise, très-renommée parmi nous, tient grandement son rang. Eile est surtout représentée par la fabrique de Minton and co qui couvre de ses prouuits variés un large espace riverain du Grand Vestibule. La fabrique Minton and co, à Stokesur-Trent, produit de tout, des faïences d’art, et des faïences communes, du biscuit de porcelaine, des services de table (notons en passant un service exécuté pour la duchesse d'Hamilton), et tout à côté des cuvettes et des pots à eau, des porcelaines peintes avec luxe et des coupes en émaux noirs. La réputation de leurs porcelaines est d’être légères et transparentes, on les dit encore bon marché ; mais de beaucoup nous préférons leurs faïences ; elles sont originales, elles sontartistiques, elles ont un cachet nouveau. La porcelaine anglaise au contraire, telle nous l’avons vue il y a douze ans, telle nous la retrouvons : pas de changement ; la vieillesse la gagne ; touiours les mêmes dorures et les mêmes festons.

Une autre fabrique importante est celle de Wedgwood and sons. Des figurines antiques en biscuit blanc se détachant comme des bas-reliefs sur un fond le plus souvent clair bleuâtre, telles sont les fameuses porcelaines de Wedgwood. L'antique célébrité de cette maison ne perd rien à l'Exposition. Elle s’y fait remarquer aussi par de belles peintures sur faïence.

Si là encore, pour le goût décoratif, les Anglais, comme ils le disent, sont en progrès, ils l’attribuent à l'éducation donnée par les écoles d’art aux ouvriers dans les districts manufacturiers.

La cristallerie anglaise.

Elles sont très-variées, les œuvres de la cristallerie de Londres ou de Birmingham. A côté des lustres de James Green, des candé-

labres en style grec de Dobson, vous voyez des articles de gobeletterie pour usage de table manufacturés par MM. Chance, également fabricants de verres pour phares. A côté des verres et des carafes à gaufrures treillagées, encore de James Green, car il occupe un vaste emplacement, vous voyez dans l’étalage de Johr Millar and co, d'Édimbourg, des cristaux d'art, des flacons surtout; tel de ces flacons, au ventre plat, est ciselé comme une orfévrerie. L'artiste qui taille des sujets antiques sur celte fragile matière, s'inspire d'excellentes traditions. Il contribue à donner aux Anglais le droit de se dire « en progrès pour l'application de l’art à la décoration des cristaux. »

Bijouterie anglaise.

La bijouterie anglaise se révèle par des combinaisons heureuses de pierreries qui ont un grand cachet d'élégance et de distinction. Bien des convoitises, bien des péchés mignons d’envie, bien des tentations féminines s’éveillent à la vue resplendissante de ces colliers chatoyants de mille feux, de ces parures si riches de diamants et de perle. Il y a dans ce genre un diadème et des bijoux éblouissants exposés par la comtesse de Dudley. Remarquez aussi deux costumes des princes Esterhazy; le tissu en est tout brodé de perles; deux coffrets armoriés appartenant au prince Alfred.

Modèle du palais des arts et des sciences.

Ce palais doit être érigé à South-Kensington, sous la direction d’une commission provisoire présidée par le prince de Galles. Voici à quelle destination on le réserve : à des Congrès scientifiques et artistiques, nationaux et internationaux ; à des concerts, à des distributions solennelles de prix, à des réunions de sociétés quiauront pour but d'encourager les sciences et les arts, à des expositions d'agriculture, d’art et d'industrie : rien que cela! Le modèle à été fait par MM. Jackson et fils.

Combat entre un lion et un tigre.

(The struggle.)

Ces féroces combattants sont empaillés et, pour plus de sûreté, mis sous verre, rassurez-vous. Tout ensanglantés de leur lutte, ils se tiennent embrassés dans un mutuel déchirement, sur le corps gisant d’une victime qu'ils se disputent. Cette scène d’histoire naturelle dramatique vaut un très-grand succès au naturaliste.

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