‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 suivi d'un indicateur pratique des moyen de transport, des prix d'entrée, etcChapitre 25 sur 154 · TUNIS · texte numérisé non relu

TUNIS

Le palais 4u B07.

Tunis, assise sur la mer, enrichie par la navigation, ouverte depuis longtemps aux idées européennes, jouit, comparativement au Maroc, d'une civilisation raffinée. Les traditions artistiques de cette race maure qui afaitTAlbambra se sont conservées dans la Régence, et d'habiles ouvriers en tirent un merveilleux parti; le visiteur peut en juger en parcourant le pàlaia du Bey.

Ce monument, le mieux réussi peut-être de Pexposition orientale et à coup sûr Tun des plus intéressants, est une reproduction exacte du Barào (palais du Bey à Tunis.) Son aspect est grandiose, sa richesse éblouissante : le st^le mauresque s'y déploie dans sa perfection et sa splendeur.

La façade se compose d'un corps principal et de deux pavillons carrés, surmontés de coupoles élancées qui portent l'étendard tunisien. Le corps du milieu, en contre-bas, est précédé d'un péristyle couvert en tuiles vertes, et soutenu par de mies colonnettes en marbre, âux rinceaux découpés à jour. Un grand escalier, orn6 ds six lions couchés, conduit à ce péristyle dont le mur intérieur, reyétu d'aziiîe/ot ou carreaux de faïence aux teintes douces, fait admirablement ressortir les nuances éclatantes de la balustrade. Le premier étage des pnvillons est garni de 3/ouc/2ara6ie/is, sortes de cages extérieures en bois découpé aux couleurs vives; les fenêtres du haut sont étroites, ornées de colonnettes, cintrées à la moresque, et pourvues de vitraux à double rosace. La forme de l'édifice est rectangulaire; les décorations et peintures des à-côtés sont en parfaite harmonie avec celles de la façade et une troisième coupole couronne Textrémité opposée du bâtiment, dont le toit forme une Teste terrasse.

La foule, séduite par l'originalité de ce palais, se presse sur Pesealier d^honneur pour visiter les appartements au Bey.

On pénètre dans le Bardo par un vestibule en forme de couloir qui donne sur le Path^ cour centrale analogue à ïatrium des maisons

romaines.

Le Patîo est une salle carrée à ciel ouvert, avec deux retraitsoccupés par des divans. Au milieu se drosse une fontaine eû marbre à double vasque, entourée d'une colonnade de marbre aux cintres découpés comme une dentelle, et . protégés par un petit toit incliné en tuiles vertes.

Des arbustes aux larges feuilles contribuent avéc Te jet d'eau à entretenir dans cette salle une perpétuelle fraîcheur; les murs sont comme le péristyle revêtus do ces mosaïques enialence,siprécieuses dans les pays chauds.

A la droite du vestibule, s'ouvre la chambre de justice, éclairée

par deux moucharabys et par de larges baies en plâtre ouvragé, dont les ^acîeux entrelacemeili Mut fouillés au ciseau sans dessin préilable; la coupole décorée d'arabesques d'or sur fond rou^ aTcc une élégance ctwe^ebrîélé nemarquables, est d'un ravissant eflét.

En face est la salle des grtrdes. tapissée de jianoiflie8,de selles et

terrasses et aw salon d'été situé sous la coupole de gauche. La salle des gardes donne aussi dans la channbre d'audience.du premier nûnistrOj décorée avec une simplicité relative.

Trois appartements occupent le fond du fatto : c^est d'abord la salle à manger, galerie rectangulaire tendoe d^étoffestàzarpesà'fond rouge et bleu^ rayé de jaune» Le |ftafbiod et les vitrages mtiâPmt hm inotil; les coussins des drvans 'sont m toUe d'or, et tm remarquera les petits tabourets dorfe qvà Tiervent de tid>le aux Orientaux.

Le salon d'apparat, contigu \ la salle à manger, est éblouissant; les tentures sont d*une richesse merveineuse et le travail du moucharaby qui sert au Bej de trône et de retiro. défie -par «a finesse Paiguilleet le pinceau. Au milieu du tapis, sous la coupole bleu et or, une lampe en or de haut modèle, attire l'attention par sa forme bizarre qui ressemble à un pofte-'vdK.

IBiiAn, dans la i^anAnre du Bey, ion reinaïuue des coAmBtmrîeuXf un fsmteuil étrange, une belle glace incrustée de nacre, et un petit meni^le de TOÔme style j)1acé sur une commode tunisienne. Am)He, un rideau cacheTescaueriq[ui9atoesnficren\,iBtt[Qe leinrittreml a droit de gravir.

"En résumé, si l'extérieur du palais séduit îi première vue, Rntérieur vous laisse sous le charme; on «ne saurait trop admirer ces peintures où les mêmes nuances se marient dans ime variété infinie de motifs, ces inimitables ciselures, et ces arabesaues aux caprices si harmonieux. Nous devons aussi recommanaer aux nmatenrs les faïences murales appoitées de Tunis jour la dSter a tlo n îfa I^tio et du péristyle.

Maïs le palais du Bey n'est pas setflememt rm ravissant modèle d'habitation royale, l a commission tunisienne, présidée par M. J. de Lesseps, a voulu réunir dans cet édifice tout ce qui peut domner une idée des mœurs et de l'industrie de la Régence actuelle.

Le rez-de-chaussée-du palais a été transformé en bazar; de petites échoppes barioléefi. aux volets de bois travaillé, ^dffhefnt aux ym^ tenrs les produits de la Tunisie lL Hi forte sont des ^é^fes enMs

Senft où fe client slassolt ; le nwrmmd ne semble pas slkiM ' e cette apathiie cbronigne habituénesnix Bazar^i de!aTttrqQie;'fl se lève volontiers et, chose plus surprenante, il pousse ht oosQiifaîsance jusqu'à daigner TOUS serrir. Vous ipoQTes a Toincirâ mm

d'étendards; c'est là qu'aboutit I

Lfi PARC. — QUART OROENTAL.

procurer du tabac maure, des chîbouques en velours orné .de fîligranes ou des gâteaux tunisiens.

SnrTsQtrefaee Iat6rale «si installé w café mihm.fim a^ttrtâas, Putte flaas la salle, l'autre deTant la porte, (en Oiienft on Tit Iwaii^ coup dans la rncj sont flestinées a Porchestrej cinq ^noaicieiis maures jouent indolemment sur des iDstrttmeirtBlnsfrrresuiie S3rmphonie des plus irritantes pour les nerfs européens. Leur Kamengeh n'est à nos ^ eux qu'une guitare manquée, tt nos oreilles blasées n'apprécient pas pius les sons aigres duRehbub (violon étroit et allongé), que le rou ement sourd du Tah^r etdu Daiabuuka^ tambourins de danseuses qu'on frappe avec les doigts comme avec desba-

S nettes. La mélodie e^t accompagnée sur un rl^thme nasillard >im tibant qui rappelle de fort loin les lamentations de la semaine sainie, et qui égayé fort le public. -On sert aux consommateurs ,1e caf6 préparé à !a mode mauresque, et rondi^ibue des cbibouqiïes à ceux qui Je désirent. On peut même voir \ certaines iieures une Mauresque, dont le costume pittoresque et Je ^pe accentué 86nt une des principales curiosités du Bazar.

Le dernier côté du rectan. le > st occupé par une boutique de barbier-chirurgien, dont on voit le.s ouiils profession ne s étalés sur une éta^jère, et par une écurie aux portt^s ogtvales, préparée pour k chevaux. Ce n'est là toutefois qu'une annexe; on connaît trop h. Tunis les ^ardsdusau cheval arabe, pour manquer envers lui de pditesBiï^ en ne lui élevant pas une demeure spéciale.

Les :grandes écoites tuaisîennes sont à quelques pas du Baido ; elles ent la forme d'un payUloa reetangnlmre , liluiohi à la chauZf'Snié d'ane galerie en ierà «lierai, i^ 4*ttae belle ange en

mosaïque.

Enfin, devant l'escalier du palais un maîrnifîque chêne-liège, taillé en parasol et découpé de manière à former une galerie circulaire, complète l'exposition tunisienne; ce chêne originaire d'une forôt africaine a« dit-on^ ceiu cinçiuaate années d'ejustence.

UEmpire Ottoman n'a pas cherché à rivaliser de splendeur avec ses voisins de l'Éi-'ypte et de Tunis ; îl s'est borné à élever trois édifices de proportions modestes, ^lus propres à exciter la curiosité que ^l'admiration. Les détails sont rendus avec soin, le caractère paitMiâier de cbaaue monument est fidèlement rejproouit, le luxe mtértear est salisIsisaat^inaîsrextMmr^S £iat le maumllrej manque de grandeur et ne tous laisse pas «eus le ChsvttO.

La yie turque se trouTe cenoesMe tout eiMre dans oes trois édifices, la Motpée où Feu se read pour la priira i Vispptk ém ^ Mm9BBin;leK4ùiqm oè, le dli&euqiw à la 'mam,en se firre «me

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