FRANCE
MM. Dupont et Dreyfus, directeurs des Forges d'Ars-sur-Moselle,
— les premières machmes qui se rencontrent dans la section française sont celles qui opèrent le tissage, le peignage, le cardag», le dégraissage de la laine. Quoiqu'elles n'oilVent pas un iiiAérôt bien vif pour le sinnple curi ux, il ne laisse pas que de s'arrêter pour contempler ces milliers de bobines tournant avec une régularité si grande, et ces fils qui vont s'enroulant docilemènt sans qu^aucune nudn ait besoin de les guider. Rien n'égale la précision de leurs mouvements, la délicatesse des opérations qu^ exécutent; ces ouvrières de fer vivent, elles pensent, elles sont intelligentes : le souffle d*an génie créateur les anime ; elles perlent môme le nom des ouvrières qu'elles remplacent ; on les a oaptisées les ourdisseasesjes cardeuses, les tondeuses, les dévideuses, etc. Signalons le tissage des châles dont le public peut voir les produits achevés mis en vente dans la classe 32; les ingénieux méti*Ts à bonneterie de M. Tailbouis. N'oublions pas une industrie plus modeste, mais qui se propage malgré la résistance aveugle des marins, c'est la fabrication des filets de pèche ; ceux
Si sont iàits dans la galerie même paraissent présenter toutes s conditions de solidité et d'économie. Ne quittons pas cette classe sans regarder les magnifiques câbles de MM. Besnard et Geuest, h Angers, et songeons que la vie, du mineur et du marin tient le plus à la bonne qualité de ces cordages. Disons enfin, pour faire apprécier l'importance des industries qui ont les textiles pour objet que la valeur du matériel qu'elles occupent, en France seulement, i^élève à 1 milliard 160 millions de francs.
Au milieu de ces appareils de diverses grandeurs, il est impossible de ne pas remarquer le moteur qui leur communique à tous la vie et le mouvement : il s*élève comme un géant remuant ses grands bras, et faisant làire 100 tours par minute à ses arbres de couche qui ont une longueur àe Ik mètres. En continuant on voit sous une vitrine un homme couché * c'est un moulage en caoutchouc durci, imitant parfaitement 1< couleur de la pe iu, et plus propre que toute autre matière à prendre exactement tous les reliefs du corps humain.
Les procédés de la papeterie, des teintures et des impressions sont représentés par un grand nombre d'appareils. L'attention sera attirée par les machines à timbrer ou numéroter les billets de chemins de fer, actions, etc* Entre les mains de M. Lecoq et de M. TrouiUet cette fabrication a acquis une précision remarquable.
Ne passons pas sans nous arrêter devant la machine à graver par rélectricité. de M. Gaitte, et admirons quel agent docile et précieux nous a lourni ce fluide qui, il y a moins d'un siècle, ne semblait encore que le messager des colères célestes. L'appareil reproduit exactement le modèle sur quatre plaques à la fois. Il est curieux de suivre la marche de ces ciuq pointons allant d'un mou-
vemeiit régslîer, mc racoompagnemniK mcnotoiie éa lAnbre
ékctriqup.
M. Godchaux expose, non loin de là, une maohiiieé régler le papier et faire les cahiers d'61èves. Diininut-r les frais, si minimes qu'ils soient, de rensei^Tiement primaire, c'est rendre un service public. Dans un ordre d'idées nv)ins sérieux, nous remarquerons les iiistri ments sei vani à arrondir et à dorer les coins âes cartes à jouer, à fabri^er les enveloppes de lettres, etc. *
■La classe hl renferme toatle auAénel ét» arts diinnqu^^s, et ici Ysaiment on épranve rembarras du choix. LafàMcalims4B«a0aftc]ioac> sous ses formes les pkis varifies^ est refvrésentée par M. Giiibal et MM. Aubert et Gérard. Les apparalla dft lestage de MM. Bouillon et Mùller retiendront un instaift ceux qu'if rtéressent iee questions d'économie (lomcs'iqne. Non loin, h' ronfîenient sourd des essoreuses de div.Ts systèmes indique les moye ns employés pour béchdr rapiiiement le linge ou les matières uiinnides. Des coups Sbcs et rèpciés nous annoncent la machine d. Vl. Beyerpour peloter et timbrer kb savons de toilette; une o:.mèra prend sur im«Mioir ées ojiodres de p&te de saven 4A pliee vmcMBhremmA «008 la mactrice d'une 'presse çpii leur donne la forme veuloe, en y imprimant des eara tères tn rélief oa«n opouz.'Si'siD^piB que soit Topéradun, elle e^t intéressante.
Traveisons la rue de Normandie, et no\is mms trouverons en face de ! i machine à faire les pastilles de Vichy; la pâte préparée est soumise à l'action d'un iaminoir découpe et timbre IfS pas- ^ tilles avec une rapidité étonnanie et les rejette toutes prêtes à être mises en boite. Elle ne s'ac juitte pourtant pas de cette opération de la dernière matn aussi complètement que ses Yoisifis, les appareils très-ingéninux qu'expose ta 'direction génénie ^as Ha- Dmettti<e8 detaMe4to l'ÉtM et -que les flamears nous sanraiit gré a'indîqoer : Mttek&ite pour tabac à fumer et à priser, Fftpea, roues pourfeabacs ûléBj machineà étaler le tabac, rien *ne manque à cet areenal, dont la perfection a singulièrement contribué à faire d'un vice une institution socia e. La mactaine à paqueter mérite nne mention spéciale : Le tabac pesé passe dans nne trér. ie, «n piston le comprime pendant qu'une feuille de papierl enveloppe, la bande officielle de la ré^,^ie vient entourer ie paquet, qui est cacheté et scellé tonjours mécaniquement.
^ious retrouvone un peu ^us leiii«ne«ierveine 86llâ)liâ^0'd'appanril aatomaticfue :^ie'est kwwbiBe à ^er,'aK>iaer<et empaqueter le chocolat de M. Devinck. On a peine à se dêiacber de cet iirtwiligent «ervîieur qui pousse le soin jusqu'à empiler les tablettes de choeolat qu'il a enveloppées d'abord dtf papier d'argent, puis du papier k étiquette, en laissant toîiibcr, au mcwnent voulu, la goutte de cire fondue qui doit cacheter l'enveloppe. Toutes ces opé rations de pliage qui semblent devoir être si compliquées se font avec une impidité et une régularité admirables, il "b^ tient
FKAJSGE . — L' ASGENSKUa. 1 i
qtik IKM» d6r goûter \êb produits qw vous. woez de yok'ûtbnqiier eimmagasiner^ et âne dame de comptoir au sourire très4>9raeM«z,
TOUS-tead d'une main une pastille qu'il vous est permis d* pranéle, de l'autre un sac qu'il vous est recommandé d'acheter.
Les machines de M. Hermanu valent bien la peine cependant qu'on Les regarde aussi triturer le cacao et le transformer en chocolat. L'importance de l'exposition de ce constructeur dit assez quel développement a pris la préparation d'uQ aliment aussi agréable Que sain. La, a>*ioiieo eat Tenue prêter eoo coneeurs h la gounnail' aiee^ ainsi que l'eitaeeueent liBS>0ttnine8*à* foire mécaniquemalit les dragâee de M. Jacquîn, mais la yieiteui: le I\ii pardatmenreB'ià- TOBT de Vesealfence des produits. Si Ton craignait que la eacne manquât pour cette fabrication, on serait rassuré, en.ramarqiHlttt \ côté les énormes appnreils de sucrerie de M. G «iî.
Mais passons, et traversons rapidc^ment la classe ^S, en cunsffatant seulement" que nos constrijcteurs d'instruments agricoles ont beaucoup progressé depuis dix ans, et que la ccH'-ctioni qu'ils ont réunie sera vue avec intérêt par les homaies Sj éciaux.
Une gigantesque eh arpente, métalliq ue où s» meut ane cage éKgante eslRw oiiyragé^ frappe^ maiBtenaat nos yetuc; Cest PwMilseur qu'on aj>pelle aussi le monto-eto^ é»'VL Edois; Dix p«Bsennee peuv'ent prendre place suis une pktte-lèmiii enlMirée d'aune balustrade; le signal est donné, un imhinet est^ ouvert, à l'in- ^vtant un piston en fer, obéissant à une pression hydraulique, sort de son corps de pompe comme d'une gaine, et soulève la plate-forme, entraînant les voyageurs on moins de deur minutes et sans secoussu jusqu'au faite de la galerie, c'est-à-dire à 25 mètres au-dessus dju sol» A mesure que Vous monterez, étranges seront vos sensatiaoa;. il* voua simbltai que lo»s tor objet! ae dttrobent soua TOsnItdB; nuiabien plnstéAran^! eneore la ^vqui'SF^ffinrarà vous dtt'naut du teît Gestr d'abord! le^bâlimeiit môme die l'Exposition , immense carapace de'feretdeyerre ; puis c'est lé faste panorama de Paris avec ses monuments^ ses flèches, ses ddmes et les eoîlines environnantes à demi effacées pnr une brume lointaine. Sî de semblables appareils, construits à Tinstar de ceux qui existenî depuis longues années dans les grands hôt<ds de l'A-ngleterre et dès- États-Unis, remplaçaient partout nos escaliers si pénibles à gravir, chacun voudrait chercher, aux étages supérieurs, le frrand air et les perspetstivies agréables qui manquent ordinairement aux appartemmtieonforlabAeai
BAdeBsendmui'auimveail con&mmv 9t tniTersons* les^imdileffde pontdh) daidkares, etc., exposés parie ministère destravauK publâc, et qui témoigietttdaidegrè avancé où e^t arrivé'l'artde l'ingôliîmvr. « On peut y remarquer Tin* plaa ein relie! du canal Sàint-Louîs qui va faire de rétaag de Berre un port inviolable et très-oommoie poui- la> marine miliùaire. Ne passons pas non plus sans rrgai der une; oaiitet dârjgtaaoQ, sas laqualiai sont plantées des épingles,, re-
6ALER1S DU TRAVAIL £T DES iiAGHINËS.
liées par des fils : ces épingles sont des stations télégraphiques, et cette sorte de toile d'araignée, c'est le résean des commnmcations télégraDhiques exécuté depuis quinze ans, qui grandit chaoue jour et envanit rEurope. en détruisant les distances, cnrapprocnant les peuples, en créant les bases d*une paix générale. Ceux que la question de la télégraphie électrique intéresse, trouveront largement de quoi rassasier leur curies té. Les appareils sont nombreux, depuis ceux qui doivent porter les dépêches d\in bout de l'univers à l'autre jusqu'à ceux plus modestes qui ne sortent pas de la maison ou du salon. On s'arrêtera avec étonnement devant le pantélégraphe Gaselli, et l'on admirera la précision avec laquelle il reproduit, à distance, une signature, un dessin quelconque : c'est la téléautographie.
L'exposition du matérielnaval n'est vraiment complète que dans l'annexe établie sur la berge, et 'pst là qu'il faut aller l'examiner. Celle des wagons français nous révèle trop Vindifférence des Compagnies pour les voyageurs qu'elles transportent un peu trop à la manière de colis; quelques améliorations ont cependant été introduites dans les compartinients de 2* et 3* classe, sans compter l'innovation présentée par la Compagnie de l'Est qui ajoute un second étage à ses wagons I
Quant aux locomotives, elles frappent vivement l'imagination par ' leurs dimensions et le soin ap|>orté à leur construction, mais il faut une étude sérieuse pour pouvoir apprécier leurs qualités. Ftessons donc notre visite et arrivons à la classe kl,
Nous y trouverons le matériel de Texploitation des mines, trop peu connu et si digne d'intérêt. 11 faut les grandes machines d'extraction comme celle que M. Quillacq a construite pour la Compagnie de Béihurie, pour aller chercher à des profondeurs qui, aujourd'hui, atteignent souvent un kilomètre, cette houille au'on a si
iustement appelée le pain de l'iniustrie. Les ellorts les plus louaîles ont été faits pour diminuer les dangers inhérents àiaprofessioB du mineur, mais il succombe encore trop souvent dans sa lutte contre tous les éléments réunis. Si le temps ne manquait, nous aurions examiné les modèles assez complets qui existent. Contentonsnous de voir fonctionner le perforateur de M. de la Roche-Toîay, qui, aclionrîé par un moteur à pression d'eau, creuse rapidement oes trous de mine dans une roche de moyenne dureté. Tout à côté, le marteau-pilon de M. Schmerber offre un élégant spécimen de l'une des machines nui ont le plus contribué au progrès de la fabrication du fer; telle est la sûreté du fonctionnement et la précision de cet appareil que les mécaniciens ainmnt à fiure vur au public qu'ils peuvent, avec un marteau pesant souvent plunéurs milliers dH kilogrammes, casser une noisette sans l'écraser ou enfoncer un bouc hon dans le goulot d'une bouteille.
Un coup d'œil suffît pour la carrosserie, la bourrellerie et la sel- Iwîe. U y a là plus de déploiement de luxe que d'esprit d'innova-