FRANGE, — MOTEURS. — MACHINES-OUTILS
tion. Mais gravissons Tescalier qui mène à la plate-fonne des orgues , dont les sons pUIssantsdomînent, s'ils ne les étouffent pas, les bruits
de toutes sortes qui se font à Tentour.. La facture des grandes orgues d'église est dignement représentée par M. Staltz et M. Mer-
klin-Schùtze.
Nous atteignons le sixième secteur du Palais, compté à partir du grand vestibule, et nous rencontrons les machines et appareils de la mécanique générale : moteurs, orgjines de transmission de mouvement, appareils hydrauliques^ élévatoires, etc. Laissons aux honunes du métier le soin d'étudier les progrès accomplis dans la constmction, mécanique, et bornons-nous à signaler les machines à vapeur qui fournissent la force motrice à toutes les machines de l'Exposition, et que nous ayons pu déjà remarquer de distance en distance. Les prmcipaux constructeurs français et étrangers ont répondu à l'appel de la Commission impériale , et pour l'œil le moins exercé, il est facile de distinguer presque tous les types parmi ces moteurs désignés comme appartenant à la classe 52, machines à balancier, horizontale et à connexion directe, à cylindres inclinés, à cylindres oscillants « etc.
Ces belles et grandes machines ne reçoivent la vie de la vapeur que pour la transmettre à ces outils innombrables qui exécutent toutes les opérations réclamées par les besoins de l'industiie. Nous signalerona des machiiios à raboter, à planer, à percer, à poinçonner, etc. C'est tout le matériel des grands ateliers de construction. Les machines à travailler les bois, envoyées par l'usine de Grefifenstaden, sont d'une exécution irréprochable. Mais la curiosité sera davantage attirée par les machines de M. Vanloo pour faire des moulures, sculpter, guillocher, découper les bois, et enfin les ornements les plus délicats.
Toute une catégorie de machines-outils se trouve à part et forme « la classe 57; elles embrassent les procédés mécaniques de coutures et de confection de vêtements. On y remarque les apprêteurs mécaniques de M. Touzet, pour la chaussure. A côté, M. Dupuisa monté un atelier complet de fabrication de chaussures à vis ; le montage, le vissage, le coupage des vis, le moulage de la semelle, le râpage des talons, sont exécutés par autant de machines distinctes. Les machines à coudre se montrent avec leurs formes variées ; moins répandues chez nous qu'en Angleterre et aux États-Unis, on 'a pu cependant constater l'influence pernicieuse du mouvement de la pédale sur la santé des ouvrières ; aussi recommandons-nous à l'attention publique celles qui empruntent leur mouvement à un petit moteur électronnagnétique. il ne faut pas oublier dans le secteur mie nous parcourons, et presque caché sous la passerelle, la granae machine électro-magnétique de M. Berlioz, employée par la Compagnie VAlliance^ pour l'éclairage électrique des phares.
Un mot de la classe 60. Nous y trouverons de curieux échantillons de ce qu'a pu faire le génie inventif pour substituer le travail
de Ift machine au travail plus irrégulier de l'ouvrier, dap8.r6xéi<ion de divers travaux. Machines à gaufrer et estamper, à boucher
les bouteilles, à faire les boutons, à fabriquer les ciparettes, à sculpter et façonner les manches de parapluies et d'ombrelles, à découper les allumettes, à fendre les dents de peigne, etc., toutes rivalisent, d'adresse et exécutent les travaux les plus curieux; toutaubièsse trouve une petite machine appelée peut-être à amener une^ révolution dans la gravure des métaux et celle des pierres dures. Un poinçon mis en moOTement nar la machine se promue sur un camée; inutile de le guider, u sait sa marche tout seul. Après dix ou quinze heures de travail, il vous rend la pierre de* venue un beau camée. Gomment la chose se lait*elk? c'est le secxet de riaventeur.
miTAmC USXTKLS.
De toutes les expositions que renferme cette galerie, la plus eu» rieuse, celle qui a le privilège d'attirer le plus de visiteurs, c'est i&contestahlement celle comprise dans la classe 95 et qui est consacrée aux travaux usuels» Sans ûovtoj les raaoliiiies eont futi Intéressautes, maïs elles sont muettes, tandis, que les ouvriers, les ouvrières surtout sont pariantes. Et puis, n'y a«4-il pas un grand intérêt à voir la manière première se trainformer en objet dont nous nous servons tous les jours? C'est ce qu*a pensé la Gornsniesion, et sa tentative a été couronnée du plus heureux résultat.
fabrication des ohanssores. «
Ave»ovone Jbesoin dHme^paire de souliers ? 45 minutes et 10 fr. 50 vous suffiront pour Tobtenir en vous adressant à BL Laloiir« Yoioi d'abord celui qnoi taille la peau, qni coupe la semdle, grâce à un , pliant en Isr, <rest IWaire d'un coup ae ciseau. La machine à
coudre se saisit aussitôt de cette peau ou de cette étoffe; plus rapide que la parole, on la voit se promener dans tous les sens et assemoler par des liens très-solides ce qui était désuni. Vite une autre ouvrière s'empare de ces deux objets destinés à ne faire qu'on; à Taide de clous elle rassemble et fixe la peau à une première semelle, puis passe Touvrage à sa voisine qui doit le corn-
Fléter* Gelfo-ei y ajoole nne seconde eemelle sor la prenuèie; à aide d^me machine ^ la visse dans tonte sa longueur, joI abandonne son œuvre à une autre qui doit 7 mettre la demttre
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hent aussi facilement que des broches de bois ; à raide d'une meule, elle égalise leur extrémité, et la chaussure se trouve finie, propre à .contenter le client le plus eiigeant.
Gomme les extrêmes se touchent, tout à cétô est une tàillerio de diamante, moins complète que celle que nous avons décrite dans le Pare.
FRANGE. — TRAVAUX USUJBLS. n
Viennent ensuite une foule de petites industries toutes très-simples, mais toutes carieuses pavoe qpelles ne sont guère connues qoexLe cefoz qui les pratiquent. Ici ce sont les maclimM à coiidrOy au mouyement précipité, aux fimnes variées et propres à toutes sortes d*onvrages; bientôt elles seront si multipii6es -que les aiguilles seront des raretés, et qu'on donnera en cadeau à une femme une machine à coudre comme aujourd'hui on lui donne un dé ou un nécessaire. Là, on voit fabriquer les perles, armure de la coquetterie à bon marché. Un peu d'écaillé de poisson mise à l'intérieur de globules de verre agités très-vivement par une machine sur une surface horizontale, et vous avez cesjparures à la portée de ioïàfiB les bourses, et qu^oa rencontre aussi bien dans le salon que dans l'antiobambre. Les bijoutiers yerront-ils de bon œil une exbSntion qui dévoile ainsi le secret de leur métier ; et qui met 11 jour le peu de valeur des objete qu'ils vendent si cher ? je croîs qu'ils sont sans crainte aucune ; ils savent bien qu'ils s'adressent à la coquetterie féminine, passion que les leçons de l'expérience ont toujours été impuissantes à guérir. Plus loin c'est le cristal, dont on montre la taille et l'ornementation. Un petit cylindre mis en mouvement, entame le verre qui lui est présenté, et imprime tous les dessins qu'imagine la fantaisie de l'artiste. Tout auprès, une fleuriste, un bâton d'émail à la main, le présente à une flamme ardente, le tord, raOonge et le transforme en fleurs qui yont servir de parure aux chapeaux de femm» ut à mille autres oè^. Les fleurs ordinaires sont voisines ; un peu de gomme, une tige de fil . de fer, et les reines de nos jardins ont trouvé des rivales. Les fabriques de bois sculpté, de pipes et de porte-monnaie fournissent aussi l'occasion de voir en pratique des procédés intéressants.
Deux graveurs de camée travaillent aussi sous les yeux du public ; en les voyant on se croit transporté à Naples, sur le quai de Sainte-Lucie» où de nombreuK ouvriers derrière leurs vitrines taillent la lave dii Tésuve, et lui doonent les fbrmes antiques lesphii gracieuses.
Les ouvrières en deutéllss de Bayeux sont également là, entuemèlant leur fil sur leur métier que de longues épingles transfèr-
ment en véritable échiquier. La composition typographique n'excite pas moins vivement la curiosité : la presse est comme la langue, qu'Ésope définissait la meilleure et la pire des choses. Aussi ht foule est-elle toujours très-grande autour des ouvrières qui tour à tour composent, corrigent et impriment; tandis que tout près une maobine fabrique des caractères d'imprimerie. Il est bon de signer kr l'initiative de Timprimerie Pvul Èhipont ûàxm Pemploi desfèmam : e^eslleur ouvrir une nouvelle Incmstrie.
BQou faux.
Le public voit aussi fabriquer en quelques instants des bijoux faux, tels que clefs de montre, bagues, épingles, boutons de manchettes, qui coûtent seulement un franc ou 50 centimes. Quoique ce ne soient pas, on l'avouera, des bijoux de prix, l'or n'y est pas complètement étranger ; il est représenté par une feuille, très*niînee sans doute, appliquée sur cuivre; sa solidité est assez grande pour résister à un long frottement. II n'est donc pàs tout à fait exact de dire que ce soit de la b^outerie fausse^ c'est plutôt de la bijouterie pour tous.
Est-on curieux d'assister à la toilette de ce cuivre qui va se draper dans l'or, comme un bourgeois-gentilhomme. Le vêtement métallique dépasse en jSnesse les plus fines batistes. On le taille d'abord dans une feuille épaisse tout juste de cinq millièmes. L'ouvrier qui la tient dans la main la fait . trembler comme une frôle mousseline, n l'ajuste sur une plaque de cuivre d'un centimètre d'épaisseur. Puis, au moyen d*une pression à chaud , habillement, et haàllé prennent une adhérence qui les rend inséparables. C'est dans cet état qu'on les comj^rime et qu'on les mincit encore en les faisant passer sous un laminoir. Le ruban métallique qui sort de là se découpe et reçoit les contours, les reliefs, les empreintes qu'on veut lui aonner au mojreu d'un estampage mécanique. Le bijou est fait.
Fabrication de chapeaux de ieutrt.
n y a habituellement foule autour du carré où se cmifeetionnent les chapeaux de feutre. C'est en petit la reproduction de tout le travail d'un immense atelier. Ce qu'on voit faire ici par quelques ouvriers qui en cinquante minutes transforment du poil de lapin en un chapeau que le visiteur peut mettre sur sa tête, occupe dans l'usine à vapeur de M. Haas à Aix un vaste espace et des centaines de travailleurs. Il y a une très-curieuse alliance du travail mécanique et du travail manuel.
Dans toutes les opérations, soit celles qui préparent, soit celles qui perfectionnent, on retrouve ikce à face deux par deux ces insépvables collaborateurs, l'homme et la machine, ici c'est l'homme qui livre à une machine, nommée hastisseuse, laq^iantité de poil de ^in qu'elle doit démêler. Ce poil très-divisé. par elle, tombe comme en vertu d'un aimant, attiré par une puissante aspiration sur une cloche en cuivre tournant rapidement sur un pivot. Cette cloche a aussi, elle, son compagnon de travail ; à mesure que la machine aspire la pluie de bourre, l'homme a le soin d'en étendre et d'en égaliser les couches sur toute la surface circulaire.. Puis on la coiffe d'une autre cloche et d'une toile mouillée et l'on plonge le tout dans une cuve d'eau bouillante. Au sortir de ses enveloppes le