L:EXP0S1TI0N universelle de
Le Champ de Mars, grand par Pespaee, plus grand encore par les souvenirs, était bien Tenceinte qui convenait à ce nouveau tournoi de la civilisation moderne. Â nous, son nom rappelle nos assemblées nationales, nos fêtes patriotiques, la fédération de nos provinces, précurseur de la fédération de l'Europe. Aux autres nations il rappellera que nous avons de là proclamé solennellement les premières idées de fraternité politique entre tous les hommes et tous les peuples. C'est là enfin que fut dressée en 1798 la première salle d'Exposition industrielle, un petit temple exigu, il est vrai, contenant à peine 110 exposants; mais' il est bon qu'aujour- . d'hui l'enfant grandi reconnais^ son berceau; -
Ce choix du GhaBip de, Mars n'a-t-il pas une autre signification? N'est-il pas d^un heureux présage pour qui cherche à lire dans les rapprocnements en apparence fortuits des noms et des choses?Hier encore les canons roulaient, la cavalerie manœuvrait sur cette arène, domaine exclusif des évolutions militaires. Aujourd'hui, le commerce, cette antithèse de la guerre, l'industrie, ce grand pacificateur des peuples, les arts, le travail se sont emparés de ce champ belliqueux. Là où les soldats armaient leurs fusils, sont venus Pouvrier, Pinventeur, l'artiste, le savant; ils y ont fait passer un soufflé de création; Ce contraste de la guerre et de la paix n'a échappé à Tesprit de personne: si éphémère que soit ce aétrônement de la gloire martiale par la gloire laborieuse, on se plait à y voir limage de Favenir rèVé.
Ceux qui se rappellent le Palais de Cristal, l'exposition des Champs-Élysées en 1855, celle de Kensington en 1862, ont du mal à concevoir qu'il soit possible de dépasser en merveilles, en surprises, en magnificences ce qu'ils ont déjà vu.
Il y avait en effet quelque nardiesse à promettre davantage et à vouloir détrôner dans Pesprit des peuples le souvenir de ces grandioses spectacles.
En voyant à Pœuvre la Commission impériale qui avait assumé cette téméraire entreprise, on lui prédisait le découragement et
l'insuccès. Elle avait devapt elle dlmmenses travaux à accomplir, elle était aux prises avec des difficultés sans nombre, et au moment où Tamour-propre national lui demandait des efforts gigantesques pour soutenir avec honneur la comparaison du passé, les timides,
les prudents, les inquiets, la race de c»s bavards qui déjà avaient fait manquer à un autre âge la tour de Babel, aunonçaieut pour cette audace nouvelle la même confusion.
Enfin l'œuvre s'est faite. Monsei-r.neur le public en a pris possession* En est-il content! s'arranee-t-il dje celte demeure cosmopolite , ricbe aujourd'hui des richesses de toutes les nations? Il ne parait pas qu'il se souvienne des critiques de la veille.
Le premier sentiment qu'on éprouve en abordant ce magnifique cami)ement,quiest le monde en miniature, c'est une sorte de respect religieux pour cette communion fraternelle de volontés et d'idées qui a rassemblé de tous les points du globe tantde peup'es autour du mot.: Progrès. C'est un élan d'admiration pour le génie du dix-neuvième siècle, ouvert à tant de grandes conception'^-, généreux dans son idoal d'avenir, passionné pour les pacifiques émulations du travail, fertile -en inventions, sublime d'efforts. Et puis qui pourra songer, sans verti^^e, aux énormes travaux .^u'il alalUi nstraprandre, aux obstacles toînoocs renaissants qu'il a MW surmonter •courageusement, à la vâoniié persistante et -éclairée qu'il a /allu déployer, pour Stresser cette prodigieuse encTckypédie mwaté^iokse résume la science deinotro temps?
Il est incontestable raaint'^nant que celto Exposition laisr.c loin derrière elle ses devancières. Ceux qui avaient prédit que les souvenirs de 1855 et de 1862 ne seraient pas effacés, se taisent. Le passé no peut donner aucune idée du présent : L&67 l'emporte de l)eaucoup, et par le nnmbpe'des exposants, et par rôtendue du tercain, et par le «biffes 4es dépenser , et par les xiimensioos du Palais, et par la vaiîélé des annexes qui l'entourent, etj^r la foule des visiteurs : SUT tous les points enfin. Il «est i)on de connaître ce qui a été fait par la Commission impériale pour donner tant d'éclat à la gcandiose réception de TUnivers dans Paris.
Ce ne sera pas, pour ceux qui le sauront, le moindre des étoimements que leur réserve le Champ de Mars.
ii fimhr ft if^i ffl f esposanbi.
La |>vennève expositîflai indusf^ieilB» -oéi^ -qm^ par Ub soins de François de NeufchâAeaa,s*oiivritatt Champ de Mars en l'an vide la RépublÂfKie fonçaisa <17SS^ >bb parvint ii jéamr que 110 opposants.
La première exposition que l'i^ ngleterre ait eu l'idée de rendre universelle, et pour §ui iuit«ooii&Umii le Palais ée Gristoi, en 1851, comi^U I39i3ô.âjy[>û6aflls.
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SON ilfPÛRTANCB^. — SON ÉT£NI>U£. 7
* Celle de' 1862 avait doaWé ce chiffre.
Celle que nous allons visiter aujourd'hui l'a presque quadruplé. Nous verrons mieux par le tableau suivant cette rapide progression:
Dates. Exposants. Récompensts.
AB?iri^98) • 110 J3
AniT (1«01) 220 * m
Àni (1802) V 540 , 2hk
Empire (1806) U22 610
RaBUuntiaD (181d) 3662 • «68
Louis-Philippe (1834)... 2447 ; 1TB5
(1839)... 3281 rm
Aépubli^Bt {1849) M»4 4000
EZPOSmOVS BJIXTBB^UJBS.
Londres (1851) Î3W2 5248
Paris (ISôr)) 28954 1081 1
Londres (1862) 28653 8141
Paris (1867) 42237 Environ 11000
£tezidae.
La première exposMoa indiBstrieno (1793) M mimit fjj^vn^ sarfikce de 23 mètres canée. , L'eipositioB de Londres en 1851, pvemièns expositien Qlâvw-
selle, — 88 027 ntètres carrés.
Notre exposition de 1S55 : 152052 nf>ètres carrés.
En 1862, ia dernière exposition de Londres : 119 994 mètres carrés.
L'exposition actuelle occupe 417520 mètres carrés au Champ de Bflars^ sans parler de Vile de Billancoiirtoù elle s'étend snr nne sorfaœ de M50CX)> Ce qui donne un Wid de êk% HO» mè ir oi earrés.
Dimensions et sBpect te Tàlals.
Le palais de l^xposition occupe, dans le nnîliett dnCkMSpde. Mars, une étendue de plus de 14 nect res et demi.
Il aune forme allongée, arrondie aux extrémités, ot qu'on poHrrait dire ovale si l'on ne tenait pas à un langage tr ès-géométrique.
En réalité, son contour extérieur «si composé de deux demi* eerdes égaux séparés par IHnIersrialiwi 4*«i re^tai^le. II y m denc deux côtés gui sont en ligne droite; Tun, pavaHèle iVsvenve la Bourdonnaye, ngnrdn le quartier du <kw>Gi^lky«; l'antre, parallèle à l'amna Suinran liait ûtoa au qaaniar de GreneUè.
s L'£XP0SIT10N UNIVERSELLE DE 1867.
Dans sa plus grande longueur, suivant l'axe du pont d'Iéna, le Pilais mesure (i90 mètres.
Sa laiigeiir est de 380 mètres.
Le déTeloppemen^ du pourtour est presçpie dhm kîlomètie et demi.
Il n'y a pas à se faire illueion sur la beauté arcliîtecturale du Palais. C'est simplement un colosse, une création titanesque de notre métallurgie. 11 n'a pas la prétention d'être une œuvre d'art. Il pouvait et a su se passer d'élégance ; c'est à son entourage qu'il a laissé le soin de plaire et de charmer. Son domaine à lui c'est l'utile; son prestige est dans son immensité, son mérite dans Thospitalité qu'u offre à ses convives de toutes nations, son luxe dans les trésors quil abrite.
Nous ne voyons rien de mieux pour caractériser sa forme extérieure que de le définir un gigantesque colisée à parois métalliques, «soutenu de distance en distance par des pîîîors de tôle, éclairé par de larges baies cintrées et couvert d'une toiture arrondie en forme de dôme circulaire.
Sur tout le pourtour se déploie une marquise à forte projection, dont une partie sert à couvrir les galeries extérieures, dites alimentaires, et l'autre, un large promenoir qui enveloppe tout le Palais. A la grande satisfaction de tous, exposants et visiteurs, cet édifice est uniquement composé d'un res-de-cbaussée; on n'a pas voulu recommencer la faute des étages superposés qui, aux expositions précédentes, avaient soulevé tant de réclamations. Les exposants du premier étapre se plaignaient d'avoir à faire monter leur colis et d'être délaissés du public; ceux de l'étage inférieur d'être privés de lumière. Le public se plaignait d'avoir à tout propos des escaliers à gravir ou à descendre; inégalités et inconvénients effacés cette fois par un moyen bien simple : tout est de plain-pied.
Le jardin central.
Au milieu de la construction a été réservé un ciel ouvert qu'on appelle le Jardin central^ oasis de fraîcheur et de repos, ou les yeux viennent se délasser des fiévreuses admirations de l'intérieur^ par la vue de parterres fleuris, de massifs et de gazons, de statues et de pièces d'eau. Les promeneurs s'y plaisent au point d'y rester des journées entières; il est tel d'entre eux qui semble être venu de fort loin tout exprès pour y prendre un siège et jouir en sibarite du spectacle animé crue présentent les allées et le portique. I Car nous oublions de le aire, ce jardin est entouré d'un portique ; ' les arcades en sont garnies de rideaux épais derrière lesquels on peut s'abriter du soleil.
Enfin, le milieu du jardin est occupé par un paviUon central, qui est resté longtemps une énigme pour les curieux, où l'on a cru
DISTRIBUTION BT CLASSEMENT. 9
d'abord que les diamants de la couronne seraient abrités, mais qui, pour être privé de. ces précieux hôtes, n'en sera pas moins visité avec intérêt. C'est une des conceptions les plus originales des organisateurs de rExposition. (Voir pages 11 et 176.)
Distribution du Palais.
On entre dans le Palais par seize portes. Quatre d'entre elles correspondent aux extrémités de deux grandes voies trrmsversales, disposées en croix, l'une suivant la longueur, l'autre suivant la largeur de l'édifice. L'entrée principale ou porte dlionneur fait face au
Sont d'iéna. Les autres portes donnent accès dans des voies interméiaires qui traversent également le Palais de la circonférence au jardin central, irradiées comme les rais d'une roue, comme les rayons d*nn soleil, comme les palettes d^un éventail. Elles ontnne longueur de 110 mètres. On aonne à ees voies le nom de Rues et (lacune porte le nom d*nn pays (Rue de Flandres, rue d'Afrique, me de Belgique, etc.)- La plus spaciense^ dite le Crund vestiMe^ùii Von pénètre par la porte d'honueur, mesure 25 mètres delaigesnr une partie de son parcours, 15 mètres ensuite.
Entre le promenoir extérieur et le jardin central, s'échelonnent sept nefs circulaires formant des anneaux concentriques, enveloppées l'une par T.- utre et longeant le circuit du Palais. On appelle ces nefs des GcUerm. L'une d'elles abrite à la fois par nn véntable cu- - mul une double voie, ce qui donne pour ces voies longitudinales un total de huit; elles croisent forcément les rues transversales; ainsi se complète le système de circulation intérieure qui offre delà sorte aux visiteurs la faculté de parcourir successivement le Palais dans toutes les directions, soit circulaires soit rayonnantes.
Le grand avantage de cette distribution du Palais a été de pouvoir inaugurer un classement des produits exposés plus rationnel, plus méthodique, plus commode qu'à aucune des expositions précédentes. Se souvit nt-on combien il était difficile de se reconnaître dans l'ioextricable labyrinthe du palais de 1862? Â tout mo- ' ment interrompu dans ses recherches, on ne parvenait ni à saidr Tensemble de la production d'un pays, ni à suivre la série des diverses nations relativement à un même produit. Cette année, rien de plus simple. Les rues transversales laissent entre elles un intervalle ou secteur au4uel elles servent de frontières. Chacune des ' nations exposantes prend pour son territoire un cm plusieurs de ces secteurs, ou bien simplement une subdivision, mais toujours dansle même sens, c'est-à-dire transversalemefit. Ceux donc qui, entrant par une des seize portes, iront directement au jardin central, puis reviendront au denors, pour retourner encore par un perpétuel lacet au jardin central, auront parcouru territoire par territoire Cha* que nation à tour de rôle.
Tandis que la ligne transversale nous promène dans les installa-
10 V^XJPÛSLTim UmVSRS&UM J»£ 1867.
lions d'un même pays, iChaome des lignes longitudinales au contraire, afibclée àiui genre onique dt ^roduilB, bous iait passer «n revue jwioeaBiveiBeatiles «x^itîeos eunUaîrés de tons les tpa^£. Telle est oalte doeble «division^ dont d tasit parlé, ipar natio
nalités dans un sens, par spécialités dansTautre ; permettant au choix, l'une les études ethnog^raphiques ^ l'autre les recherches
technologiques ; présentant ain^i les avantages de deux sortes d'expositi(Mis en une seule, les expositions collectives elles expositions successives; un clnsscnienL eh un mot tel gue l'eût rêvé Pjthagore, l'inventeur très-illustie de la très-ingénieuse table de mulliplication. On remarquera du reste qu'il j a analogie ; c'est
prodaito *ea l'adaptant à k forme arrondie de
Gcâoe-à oette conibiQaiâOQ dont 'tout l*faoBiiettr revient à 11. Le • Plair «t 9» est Meu de l'aveu de tous l'innovation fbodaœeiitale
de cette année, le visiteur peut facilement embrasser d*un coup d'œil l'importance industrielle et la richesse de tout un pays. 11 peut aussi en continuant sa route le long des zones concentri(|ues comparer entre elles le^ forces .productives des diO'érentes nation? dans tel genre donné. Chacune de ces zones contenant un groupe particulier de produits, il pourra consat^'-er telle promenade à l'é tude des JBMoiîaes, telle autre à Fétude des Beaux-Arts. Esft-âl dans la galerie du vètemeist ou dans oelle du mofoilierf «t veut-ril savoir comment s'hainllent les Russes, les Esauimaux, les Mieûcaios, Jies Chinois ? de quels meubleSi, de quelles tentures on ifait usage en JSorvége, «n Turquie, au Japon, en Égypte ? qu'il suive toujours la même galerie. En quittant la France, il entrera dans les Pays-Bis, puis en B*^lgique, puis en Prusse et dans les divers États allemanas ' : les distances géographiques ne sont pas observées. En quelques instants il sera parmi ces peuples orientaux, chez qui tout vise à l'éclat extérieur, et qui ont, comme le disait à ce propos M. Woiowski, • Tart de cacher leur misère intellectuelle et matérielle «eus le dinquant des oripeaux,* » ou panni ces poaples de J*inde , anooreux des ncbes tissus, des oroderies^ des {QÎselureset des vivescouleurs, maïs naïfs et grossiers artistes mettant à la i^ee du beau qu^ils ignorent les fantaisîes»d'uiie admirable imagination. II y a loin de leur informe céramique aux beaux modelés de notre porcelaine de Sèvres. M:?is c'est triompher à trop bon compte. Les Italiens, les Anglais ne sont pas loin.... En continuant ainsi nous revenons à la France notre point de départ, d'oîi nous pouvons entreprendre une nouvelle excursion pour un .autre ^enre de produits. '
Dne pe^e philosophique a présidé à PordonnaiiGe «énéBale du PaQais, 4 mesure'OUtoii s'apftroche du centve^ les produits passent graduellement de Tordre matériel à Tordre intetUectueL Ce 4pi'>on
]• Voir À la lUile., Teidae suivant kgud sont rangés 'les pays.
GLASSÉMBMT. — PAVILLON CENTRAL. TRAVAUX. Il
rencontre d'abord ce sont les industries qui répondent aux nécessités physiques de l'existence :
1*» Les œuvres gastronomiques placées dans une galerie extérieure qni enveloppe to«t le Palais, mmh le nom de gakrtB êHmen- Udn. .
2o Lee arts usuels, daos la galerie Vly dite éa iranail Hms machine$^ qui est la plus havte et la pkw spaaieuse de r&zpeeilien,
• et dont toute la longueur est parcourue par une piate-forme, sorte de balcon aérien, d'oii le visiteur peut dominer et euivre des yeux les divers travaux.
• 3» Les industries extractives, c'est-h-dire celles qui consistent à recueillir les dons que nous fait la nature, à exp'oiter les mines, les houillères, les forêts, les cours d'eau, etc. ; tous ces produits figurent dans la galerie V, dite des matiètee pnmièm.
4^ Levêtêment, Galerie IV.
S» Le mobilier. Galerie IIL Déjà l'art eommence à prendre aa
place à côté de l'industrie.
6» Le mntôriel et les applications dea orli Ubéfwœ. Galène U.'
7" Les Œuvres dUirt. Galerie L
Une K^lerie supplémentaire, sous le nom de muaôe, est conaaerée à ikiUoire da travaïL
Les qaestîona d'intérêt social et poçnlaire ne pouvaient être laissées à l'écart dans une exposition qui porte le nom d'umê^er^elle. Déjà en 1855 la France avait imaginé une galerie d'ôcoeeaiie domestique. Cette idée anjourd'hui grandie et phis noblenient accueillie encore, a déterminé la formation d'un groii])e spécial, le fameux groupe X, qui comprend les objets destinés à ainrltorer la condition fhysique et morale de la population . Une baride de 2215 mètres carrés a été accordée pour rinstallation de ce groupe dans le. Palais entre la section française et l'emplacement de nos colonies.
Enfin le Parillon central autour duquel toutes ces galeries ont
tracé leur orbite et qui est surmonté d'une sphère terrestre, abrite un rêve devenu depuis lonfjtemps l'idéal du commerce entre les peuples, le symbole des relations internationales, le gage de la
Ï>aix universelle : l'unité des monnaies, des poids et des tnesures. Si es études comparatives entre les monnaies, les poids et les mesures en usage exposés dans le pavillon pouvaient amener TuniLé si désirée, ce serait peut-être le résultat le plus grand de cette Exposition, rjinnovation la plus digne de notre époc^ue.
Ce n'était pas tout de construire, il fallait alimenter l'être cr5é, lui donner Tair, l'eau, la lumière. Des travaux d want lesquels eussent reculé les Romains ont sillonné tout le sol du Champ de Mars et même au delà,le pont d'Iéna et le Trocadéro, pour assurer le (bnctionnement et la vie à cette éphémère création.
i2 L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1667.
La ventilation.
Un géant seol pouvait être chargé d'insuffler l'air dans le gigantesque édifice. Il fallut pour le ventilateur un lit de quatorze hectares. On ]'a installé dans les sous-sols qui suivent non-seulement le pourtour du Palais, mais encore les rues transversales et les anneaux concentriques des galeries. L'air lui arrive par des puits extérieurs. Les bouches de respiration par où ce travailleur modeste caché sous terre, renvoie incessamment la masse d'air qu'il aspire du dehors, sont distribués dans le plancher des galeries. Vous les voyez couvertes d'un grillage pour que le monstre n'ingurgite aucune victime humaine.
Mais ce vaste réseau d'aérage, qui a coûté les plus grands efiforts à établir à travers les fouilles entrecroisées que nécessitaient les fondations du Palais et rétablissement d^s machines, a rencontré encore des gènes inattendu s dans le voisinage des restaurants. Les travaux d'excavation le lon^ dû po rlour, avaient été employés à plusieurs fins : une partie à ln circulation de l'air; l'autre partie à la création de caves que la Commission accorda aux restaurateurs. Ceux-ci voulunnt transformer ces caves en sous-sols culinaires; mais l'air n'y arri 'ant par au' un soupiniil, ils trouvèrent tout simple pour empêcher l'asphyxie d*-s cuisiniers, de pratiqjuer des ouvertures dans le mur séparatif des souterrains d aération. On voit ce oui dut arriver. L'air n'arrivait plus dans le Palais qu'imprégné d'oaeurs réputées appétissantes. Nous ne' raconterons pas ce qu'il fallut d'ingénieuses combinaisonspour remédier à cet inconvénient et pour satisfaire à 'a fois le public qui vput de l'air pur, les cuisiniers qui sont des hommes méritants, îiprès tout, et qu'il sr-rait cruel de condamner au supplice de la sufTocati' n. Que a'jncidcnts comme celui-là, que de complications annlojjues, et peut-être plus difficiles à résoudre ont traversé l'œuvre des ingénieurs 1
De la distribution de l'eau.
L'eaun'étaitpas moins indispensable quePair; il en fallait au Qbamp de Mars, comme il en faut au corps humain. C'est par elle que la vie et
le mouvement se répandent dans tout cet organisme de mnchines; c'est elle qui, tran<;formée en vapeur, soulève ces énorn;es muscles d'acier: sans elle, point d'arrosage, non plus; point de ^ardin. Çà et là, elle forme des cascades, des jets d eau, elle empl i des bassins, elle S f^panche des vasqurs des fontaines; enfin se lient prête Il porter secours en cas d'incendie aux immenses trésors accumulés dans les ailées et les galeries.
Cinq pompes, cinq vigoureux poumons de fer, placées II droite et à gauche du passage qui conduit de la berge au Parc, enlèvent l'eau de la Seine et la refoulent impétueusement soit dans un chàteau-