‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 suivi d'un indicateur pratique des moyen de transport, des prix d'entrée, etcChapitre 40 sur 154 · FRANCE.. — PAYS-BAS; BELGIQUE · texte numérisé non relu

FRANCE.. — PAYS-BAS; BELGIQUE

futur ohapeau a pris une certaine consistance ; il a la forme d'un sac. C'est du feutre. Puis nouvelles opérations : le êmouisage. Ce féutre, il faut le sécher. On l'étend sur une tdle chaude, et la machine reprenant son tour, ce sera elle qm sous le nom d^morewe

-fera évaporer l'humidité.

Reste à donner au chapeau une force de cohésion durable. C'est l'affaire du foulage. Un rouleau mécanique autour duquel le feutre est enroulé se promène sous une presse. L'ouvrier n'a qu'à laisser faire. La machine lui rendra son feutre resserré et durci.

Nouveau trempage alors, açrès quoi le moulaçe.

Le moulage se fait aussi à cieux : Thomme qui étend rétoffe, k machine qui l'arrondit intérieurement.

Le ponçage j qui consiste à repasser, à polir en quelque sorte le chapeau trop rugueux qui sort du moule, est une opération pour laquelle il faut encore la même dualité d'efforts : un disque tourne horizontalement, le feutre ajusté dessus passe successivement sous la pierre que l'ouvrier tient appuyée à poste fixe* Enfin le chapeau est obtenu.

Un autre compartiment de l'Exposition revendiquera maintenant le soin de l'embellir et de Vapproprier. C'est un carré de jeunes ouvrières. Elles s'aident de la machine à coudre pour appliquer les bordures. Elles garnissent en soie l'intérieur. Ge fond de soie est préparé lui-même à l'Exposition, et imprimé d'un dessin qui donne l'image du Palais.

Les travailleurs algériens jouent un rôle intéressant dans les exemples de fabrications diverses qui nous sont offerts parla classe 95. Les uns couvrent de broderies d'or et d'argent ces bourses de maroquin si connues ou des babouches formées de peaux de diverses couleurs ; les autres tissent des étoffes rayées et brillantes. Un bijoutier fait tenir dans moins d'un mètre eam sa forge et sa fonderie, son atelier proprement dit et son magasin de vente.

L'Algérie forme la transition : nous étions encore en Franee, mais nous n'en reconnaissions plus les usages. Traversons la rue des Pays-Bas, et nous oommenoerons la visite des sections étrang^m.

PAVS-iAS ET BEUIQUC.

La Hollande, à l'exception de ses wagons, ne nous offre rien de remarquable. Mais la Belgique présente une belle exposition de machines de tissage, particulièrement pour la fabrication des draps. Une grande machine d'extraction de 200 chevaux élève au-dessus des autres sa hriute structure. Dans des dimensions plus restreintes nous remarquons la machine de M. Delcambre pour composer et distribuer les caractères d'ii^Krimerie.

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La Prusse, qui entraîne dans son moaTement tons les États de rAllemajDnie du Nord, offre outre son canon gigantesque, plusieurs objets dignes de remarque, qui presque tous tiennent à l'industrie de la fonderie, très-développée dans cette partie de l'Allemagne. En entrant dans sa section, on ne peut passer sans faire attention à ses belles cloches- La statue de la Borusia, une bf'lle façade en terre cuite appuyée à un riclie pavillon mclaliurgi^ue attirent également les regards. .

Mais^l'oD. «bâte d'assister à une fabrication d'épingles i tète dé Tsm, etsnrtoutde4K>htempbrlesst«tii0tte8meekleniboiirm dans leur GQStmne . national Gomme elle est heureuse cette naneée avec le gros bouquet qui surcharge sa tête ! Quelle fraîche poissonnière! que ces paysans sont gauches et maladroits à faire- plaisir! parfois on n'a qu'à tourner les yeux pour comparer le modèle avec l'original, et se convaincre qu'on n'a donné ni des couleurs trop fraîches^ ni des chevelures trop blondes à ces filles de la Germanie.

On a beau dira que la France estle pays du progrès, que de points sur lesquels nous sommes encore en retard ! Voiol par exemple les chaînfas de fer, il n'est point de nation qui ne nous aitdépams sous ce rapport. Nos macbines sont les seules où le mécanicien et le chauffeur soient exposés à la pluie, au. froid, à la poussière. Celles de tous les autres pays ont sinon une cabine, du moins une plaque verticale percée de lunettes, et l'on ne voit pas que le service en marche plus mal. Quant à l'aménagement intérieur des wagons la Prusse est bien en avance sur nous, comme on peut s'en convaincre par ceux exposés, qui poussent la précaution jusqu'à avoir des cabinets de toilette pour les dames. Que dire des wagons anglais et des wagons anuM^ns, qui dépassent ces derniers de beaucoup* Mais le poifttle plu~ remarquable de l!expositioa prussienne et même une- des merveilles du Gbamp de Mars, c'est

Le Canon géant.

Par ce temps de fusils à aiguille, et d'inventions meurtrières, il n*y a plus que les pièces de guerre monstrueuses, qui puissent captiver le regard du public. On ne sfanrète plus, comme autrefinB, dorant la terne souvent gracteose preamie coquette des canonsarmoriés et rid^ement enjolivés; le ffniderezécution. la perfectioft du bronze ou de l'acier, la beauté deswp]X)f«vtionsi,lb légèreté, rien de tout cela ne touche plus le visiteur. Les dames elles-mêmes ne veulent plus entendre parler que d'œuvres gigantesques, étourdissantes oe l'artillerie moderne; il leur faut par exemple d'im-

PftUSffi:, ALL£MAGii£^ AUTaiCHË.

menses canons de rempart se èhargeant par la culasse tels que celui qui sort de la grande fabrique d'acier fondu de M. Krupp, à Kssen. Celui-là dérobe à son profit, par son imposante masse et par sa nouveauté, l'attention des moins belliqueux; impassible, inébranlable, il se pose en souverain dominateur au milieu des machines industrielles qu'il semble vouloir intimider et réduire au silanoe. M. J. Turgan a décrit dans son livre de VArtill&rie moderne à ffnmde Duiuance le sjstèmo de M» Krupi; :

c La culasse de ce canon,- dit-il, est entaillée d'un canal dans le* el un verrou-châssis se meut transversalement à Taxe du canon, verrou se manœuvre facilement, et lorsqu'il est tiré au dehors on peut introduire le boulet dans l'âme du canon par la partie postérieure delà culasse. Une fois le boulet posé on repousse le châssis, et au moyen d'une vis on fait entrer dans l'âme une garniture gui en remplit la cavité derrière lagargousse. Cette fermeture est maintenue uxe par un boulon, introduit au moyen d'un mouvement excentrique : un anneau en cuivre évidé à l'intérieur et que les gaz produits par Fezplosîcii chassent violemment contre la rainure du châssis, empêche tout échappement de ces gaz et la férmetiue devient absolument hermétique, ce qui est indûq^nsable pour empêcher la destruction graduelle de la garniture. »

Le poids de ce canon est de kl kbk kilogrammes; son affût pèse séparément 15 000 kilogrammes; son diamètre intérieur est de 0™, 356; il lance des projectiles de 500kilog. et chaque coup revient à environ 1000 francs. Ne voilà-t-il pas une machine bien avantaeuse? £n se plaçant môme aupoint de vue militaire, ce lôviathan es canons nous parait trop difficile à manœuvrer pour pouvoir être d'une utilité réeue dans un combat. '

Abandonnons les procédés de destruction^ et jetons un coup d'œil sur une pyramide de vis, boulons, écrous. crue nous- offre la Hesse, et sur lei pompes à bière que le duché cie Ba<le fabrique sur une • grande échelle, arrivons à Texposition de TAutriche.

Hélas! ici encore la guerre a imprimé son cachet, et tout semble rappeler le souvenir de Sadowa. Voici le télégraphe ambulant de . campagne, les signaux optiques de guerre, les appareils électromagnétiques pour l'inflammationdes mines. Reposons nos yeux sur des eoUtres-forts d*un luxe inconnu cSiez nous, et qui semblent affirmer que les richesses de TAutriche n^ont pas été englouties par un désastre militaire. Son activité industrielle se révèle au contraire ar la grande locomotive destinée au chemin de fer de Moscou Kurak, et par la locomotiVe Engerth qui pendant plus de trois ans a fait le service d'Oravicza à Steyerdorf, parcourant des courbes de 104 mèti ea et gravissant des. rampes de 20 miUimètres par mètre.

Haichona rapidonentr les pays que nom allons traverser ne pré*

sentant guère de machine^ dignes d'attention. Signalons senlement

en Suisse, un métier à coton et desmétiers à tisser des soieries; en Espagne, lafabrication des bouchons, et la machine à sculpter le bois de M. Ferrando. Le Danemark et la Norvège n'offrent guère que des engins dépêche. En Suède, nous remarquons une petite machine verticale pour bateau à hélice, fort peu encombrante.

La Russie et l'Italie sont mal représentées dans la galerie des machines : c'est ailleurs qu'il faut constater l'importance de leurs expositions.

Drieit.

La galerie qui jusqu'à ce moment avait un aspect si sévère est coupée par les pavillons de la Roumanie, de Siam et de Maroc; les vives couleurs, la richesse tout orientale, les idées de luxe et de repos qu'ils éveillent dans l'esprit, contrastent heureusement avec ces machines aux rudes allures, aux bras nerveux, aux mouvements actifs • on dirait une houri égarée dans l'antre des cyclopes. Ce ne sont pas précisément des peuples de forgerons ni d'ingénieurs que ces peuples orientanz, on du moins il est rare qii'ils s'aident dans leurs travaux de ces puissants auxiliaires mécaniques qui font la force de nos ateliers. Ils sont comme effrayés de nos machines; celles qu'ils ont, ils les ont depuis longtemps et à l'état rudimentaire.

Voyezleursmoyensdelocomotion.Gomparez-lesavec la carrosserie européenne, avec les waj^onsde nos chemins de fer. Ils en sont encore aux ressources naturelles : des éléphants, des chameaux. Cet état peu avancé de l'industrie des transports chez des peuples qoi ont pourtant du sang nomade dans les veines est exprimé à riSxposition la présence dans la galeHe du trayait ûrwa élé-

Ehant en carton pâte, supportant une tente aux riches étoffes dans iquelle doivent prendre place les grands seigneurs siamois, puis un chameau sur lequel est monté un Indien, formant au moyen d'un morceau de bois et d'un tapis une tente portative, qui suffit à peine pour le garantir des rayons d'un ciel de feu, puisque la majeure partie de son visage est cachée par une étoffe noire. Nous avons laissé derrière nous, au milieu des aliments conservés qui s'abritent sous les coupoles roumaines, deux bustes en sel gemme, qui rappellent l'aventure arrivée à la femme de Loth.

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