FRANCE. — GALERIE DU MOBILIER
porte- flambeaux , candélabres et pendules , il y a profuàion, il est difficile de les citer, et puis les goûts sont si divers!
Écoutez, par exemple, l'opinion de plusieurs visiteurs devant ces cheminées de marbres variés , garnis d'appliques en bronze. Marchand en a exposé une des plus compliquées qu'il nous semble avoir déjà vue à l'Exposition de Londres. Il y a des incrustations et des ajoutures de toutes sortes. Sur le milieu du manteau une statue d'or, au-dessous une tdte de monstre vert tinmtune la^e rouge ; partout des filets dorés aux méandres grecs. Eh bien I tout le monde n'aime pas ces mélanges; mais il y en a qui les adorent.
Raingo. — Sa console en Bronze ciselé et doré^ ses lustres, ses pendules sont d'une exécution fine, d'un style pur.
Miroy frères. — Leur étalage abonde en porte-flambeaux, la plupart remarquables, sous leurs costumes de hallebardiers, de guerriers, d'anciens suisses ou de sauvages indiens.
Graux-Marly en a aussi , dans un autre genre, de fort séduisants, ainsi que des pendules, des cheminées et des vases.
Boy, de son cété, qui oppose le zine d'art au bronxe d'art, nous réconcilie avec le zinc par ses channants porte-flambeaux ; cninoiseries presque vivantes.
Mais bâtons le pas. La manufacture de Sèvres est près de nous, et nous rend impatients.
Exposition des manufactures impériales de Sèvres, de Beauvais et des Gobelins.
Une des plus belles salles de l'Enosition, la plus complètement satisfaisante pour le goût, est celle des productions unies de Sèvres et des Gobelins. Là toutes les magnificences de l'art! là tous les enchantements de Tindustrie décorative; une alliance vraiment
princière de la peinture et de la plastique avec les délicates souplesses du kaolin , avec les éclatants reflets de l'émail, avec les nuances veloutées de la laine. C'est le t camp du drap d'or, » c'est la cour pléuière de la porcelaine et de la tapisserie. Il n'est venu à cette royale entrevue que les souverains ae l'ornementation.
Les vases de Sèvres ont des formes exquises; la fantaisie les a parés de ravissantes conceptionB.
Ce qui parait peu à peu abandonné, ce sont les peintures histo* riq[ae8, les reproductions de tàileaux. Ce qui est plus nouveau, ce scmt les reliefs de pâte sur pâte; entrelacements légers de fleurs, de papillons, de colombes, de figures se détachant en saillies blanches, à demi transparentes comme celles d'un camée, sur un fond délicatement coloré, le plus souvent en bleu clair. La plupart dessinés par Gély, quelques-uns par Solon, ces reliefs ont pour l'œil de véritables caresses.
, I>ans les peintures sur porcelaine, il y aussi cette année beaucoup de sobriété et de l^Bfèreté ; Barrut a peint diaprés Heonon
TAP1S8£R1£S. — CfiRAMIQUE.
de ces suaves compositions de femmes et de fleurs. Il a peint aussi des amours dormant dans de larges feuilles de pavots sur un fond de pâte dure vivement niiancé de vert; c'est d'une adrûirable exécution. Autour de plusieurs yases il y a d'après Fragonard des rondes d'amours jouant avec des animaux, de faunes, de bacchantes, qui sont peintes en couleurs grisailles d'un fort bel effet.
Comme bas-reliefs en pâte dure , une autre ronde d'amours fort animée. Gomme purs effets de forme, un immense vase dessiné par M. Nicolle.
Toutes ces merveilles de la porcelaine se détachent sur les tentures des Gobelins. 11 y a beaucoup de variété dans les sujets de ces tapisseries. Les uns sont inspirés de motifs très-sérieux de l'ancienne peinture, les autres sont d'un style léger et purement fantaisiste, presque toutes ont des nuances fondues, adoucies, comme si la couleur était appliquée au pnceau*
Los antres mannfactnreB françâtses do porcelaine.
Limoges est un nom qui se présente de suite à l'esprit qunnd on parle des porcelaines françaises. Les Anglais pour leur poterie metteut en avant leur Staffordshire. Pour la porcelaine, nous avons notre Limou'-es. C'est le centre le plus ancien, le plus considérable de cetle fabrication. C'est aussi le pays de kaolin par excellence.
Et puis l'art a fait sa trouée dans cette pauvre contrée limousine, jadis si arriérée . C'est toujours le bienfait des écoles ouvrières. Des fabricants intelligents ont fondé des cours , et non-seulement des cours de dessin, mais des cours de grammaire, de calcul , de sciences. Et comme toujours la noble semence a porté fruit. Ces ouvriers, déjà si célèbres par la finesse de l'exécution, s'élèvent peu à peu aux conceptions artistiques. On vantait la belle pâte , blanche, unie, transparente des services de table limousins. On aura à louer cette année d'heureuses tentatives de peinture, de visibles progrès dans l'élégance de la forme, le style de l'ornementation.
Gomme moyen décoratif ^ Limoges recourt volontiers à l'emploi du biscuit. Le biscuit combmé avec la porcelaine émaillée se prête à des effets décoratifs tels (]ue la couleur ne rivalise pas toujours avec avantage. Quant au.t pièces coloriées, c'est un essai qui ne date que d'hier. Ordinairement c'est à Paris que se centralise la décoration des porcolaines. Maintenant à Limoges môme, il s'est ouvert des ateliers de peinture^ Les produits (][u'iis exposent nous semblent de nature à les encourager.
Mais à Limoges ne sont pas nos seules manufactures de norcelaine. Nous comptons celles du Berrv ; les fabriques de M. Gnarles Pillivuyt, à Melun-sur-Yèvre, à Noirlac, à Neveis. Ce sont des iàbriques remarquables par leurs productions artistiques. Là aussi, les combinaisons polychrômes de pâte sur pâte, sans coloration an pinceau, donnent par l'alliance des tons, de très«beani; effets déco-
9k FRÂIRS. — «AlffiOB DU JfOBiUBR.
ralifs. Ce sont le plus souvent des pâtes blanche* sur fond céladon. Mais on en voit aussi à couleurs variées.
A mesure que Tart se mêle davantage au métier, le public à son tour devisnt pli» diffioile et plus oonnauseiir. Chez lui le goût s'ôpure, coQuoe chez l'owder. Nous aTons noté avec plaisir un dédain presque absolu pour ces affirenBes in^tationa .des vieilles pâtes noires décorées de camaïeu, pour les dorures entremêlées d'insignifiantes guirlandes qui semblent encore la prédilection des Anglais, pour tous les pastiches en général. Ne médisons pourtant pas trop des imitations de porcelaines cHinoises ou japonaises. U y ' en a qui prouvent une habileté surprenante.
Les iaîences.
La faïence aujourd^ui est derenue ima rmle pour la pore»laine. Une vogue récente, une sorte d'engouement pour les vieilles terres émaillées du seisième siècle, ont excité nos fsu)ricants à rivap
liser avec les anciens faïenciers de Rouen et de Nevers. Ces fabricants, presque tous de la Haute-Vienne, ontformé une exposition collective. On y retrouve un nom célèbre autrefois : Avisaeau, mais les faïencr s modernes, signées de ce nom , sont des copies serviles de Bernai'd de Palissy, toujours des poissons dans des paniers, des serpents sur des fougères. Cependant la mode a pariois du bon. Bile a encouragé bien des pastiches, mais aussi a-Velle produit un ré veil de la faïence, et qurâd des artistes comme ceux qu'emploient Th, Deck, Auguste Jean, etc., s'emparent des traditions pour les rajeunir, c'est un véritable progrès dont il faut se féliciter.
Creil et Montereau ont formé un très-bel étalage. Nous remarquerons des peintures et décors d'Auguste Gouvion sur fond bleu vif ou vert pâle, avec des figures qui ont une légèreté de nuances à faire envie au pinceau dUamon.
Citons encore: Laurin, qui s'est adonné aux peintures jauue-brun du style ancien; Utzscbneider. qui a de très-fidies oolonSt et dsql lés fàlences foni honneur à la manufacture de Sarragnenuuea; • Boutigny, qui peuple ses vases dehéfons aux longues pattes, au long sol ; Barbiiet, lointain imitateur de Pulis^; Pull, qai présente les meilleures imitations du genre renaissance.
On peut être étonné au premier abord que les poteries du Japon soient dans cette salle. Mais on le sera encore bien plus, quand on saura que ce Japon est tout français. La signature du fabricant ne laisse aucun doute; et cependant quelle identité! L'imitation peut- elle être poussée jusqu'à de telles ressemblanoes!
Orfèvrerie française.
Glxfiule qui pourra dans les salleseousaeito àF tfiM l iuiie , e^est uns des plus icéquentées. A voir «vie qjSÈBÏ estritaimiDl les »
OSSFtnEBSŒ. — BARFOMBRIB. M
gards se portent d'eux-mêmes à ces étalages scintillants » il iiou semble que ce serait naïf à nous d'en faire Téloge.
On entoure beaucoup les surtouts de table de Gliristofle et G^. Ce sont morceaux de princes ou de rois. Les immenses surtouts ne pouvaient convenir qu'à des demeares louveraines, ou bien aux mm d'une capîlale. LHm appartient en effet à TEmpereur ; Paittre à la Tille de Paris. Celui-là représente d'une manière mythologique cet empire de ^étys où nageaient des dauphins et des tritons aux conques marines, les chevaux de Neptune semblent vouloir s'élancer hors de l'Océan figuré par un plateau d'argent poli, généralement couvert de poussière. Au milieu Hotte un navire triomphal, ce aavire est l'emblème de Paris.
Et de Fromcnt-Meurice , ne direz-vous rien? va-t-on nous demander. Nous dirons que leurs vitrines ont des richesses qui dépassent l'attente; il faut en laisser toute la surprise aux connaisseurs.
Ifarrel fils a eapoié une kai&ilk dêê'Oimmmm en ngent^titetnemenl foiûllé. On admirera dans m autre genre le maltreHsiitel en hronce doré et émaillé que les atelien de Poussielgue-Roeand ont préparé iieur la cilhôdrale de Qnimper.
Fannière frères, ciseleurs et sculpteurs, ont donné de trèsjolis modèles et très-variés; ils excellent dans tous les genres : coupes, boucliers, statuettes, aiguières, bijoux, services à thé, tout ce qui sort de leurs mains a ce cachet a'élégance particulier àlWt français et qui désespère les nations rivales.
Les services à thé, de divers «tyles, exposés par O^tft, ses ^ aMffqoables sarloota de 'table et la famme eoajw ot» ouvmw'ds BletHie-C^ (appartenast i M. 'Msû} «ont aund trèe-digoea'de eetle sidle ei riche.
Bn dehors d'elle, dans la rue de Paris, il y a, sons tdsfevMi TÎtrines, de fort belles œuvres ômaillées : coupes, aigaitreSi isi* niatures, coffrets, de Robillard, de Dottin, de Rudolphi.
Charles Lepec surtout a des émaux charmants et, chose plus rare, des émaux de ^^rand feu sans bosselures, sans coulage, d'une égalité de coloris parfaite.
Nous touchons à la fin de cette galerie. A notre droite nous ayons la coutellerie qui constitue pour la France une richesse d'environ 20 millions. — Puis la parfumerie, qui occupe une fort belle salie, et en rend le séjour agréable par mille séductions. L'atmosphère y est imprégnée de mille odeurs toutes plus suaves les unes que les autres. C'est une des saUes où les exposants et les exposantes font le mieux les honneurs de 'leur ehes ^eux. Prêts % toutes les explications (que ne sont-ils partout de même!) ils poussent les jréyenanpes jusqu'à Tousiaire présent depetitsflaconsd'eau de Cologne.
Anotre gauche, nous trouTons apàs les «itîfilas de Paiia. la-