ALLEMAGNE. AUTRICHE
Les parfttmeiirs ont remplacé les princes qui, au moyen âge, établissaient sur les places publiques des fontaines de vin et d'hypocras. Ce n'est pas qu'on vienne s'abreuver à cette fontaine aun nouveau genre, mais on y trempe son mouchoir, et qnelques-uns, , i\ faut l'avouer, s'en acquittent consciencieusement, faisant une provision de parfum pour quinze jours au moins.
Trois ou quatre fontaines rivales, qui s'élèvent là tout autour, facilitent cette distribution g-cnérale, et ce qui par;dt géuérosité n'est q '.e concurrence lorsqu'on va au fond des choses, et surtout lorsqu'on fait attention aux bouteilles qui sont tout à côté comme des tentations vivantes, et oui, celles-là, ne se donnent pas, mais se vendent au contraire fort cner.
Pour terminer la visit ; de l'exposition prussienne, il faut aller dans la dernière salle, celle consacrée à la librairie et à l'imprimerie ; on y verra de très-belles cartes ; ceux qui ont visité la Sicile trouveront un plan en relief de l'Etna; quant aux autres, ils jetteront avec plaisir un coup d'œil sur les images populaires, et surtout sur les gravures tirées des œuvres de Kaulbach, un des peintres qui personnifient le mieux Tart dans l'Allemagne moderne.
AUTRICHE ET AUEIÂGIIE OU SUBU
L'Autriche qui est un pays puissant, mais morcelé, manque d'unité aussi bien dans son industrie que dans sa constitution politique et géographique ; on trouve chez elle l'effort, le luxe, la richesse, mais peu de cette individualité si marquée, qui est le résultat d'une communauté d'idée et de travail. Les premières salues, celles des matières premières, gardent un peu de l'aridité dont ne saurait se défaire une collection de métaux, de minerais, de conserves alimentaires, voire môme de feuUles de tabac que ne loin on prendrait pour des jambons aux formes fàntaisistes; mais toutefois quelques objets curieux viennent agrémenter ce fond un peu monotone. Le premier est une collection de snvons comme jamais Parisien n'en vit sur le boulevard. Ce sont des fruits de toute espèce, des quartiers de fromage et de saucisson, et tous ces objets, quelque appétissants qu'ils soient, ne sont que de simples savons : ce peut être des savons excellents, mais enfin ce sont des savons. Un curieux jeu d'échecs en bois avec des têtes d'hommes et d'animaux est perdu dans un coin, ainsi qu'une vitrine renfermant des perdrix et des canards empaillés.
Les salles de vêtement ne nous offirent rien de bien curieux, elles montrent que les Allemandes n^ont pas le pied petit ; qu'on porte encore des talons rouges, des pantoufles brodées d'or, et qu'on y prise toujours beaucoup le galon, nous le savons aussi ; et enfin que les étoffes témoignent plus de la richesse que du bon goût de celles qui les portent. Allez voir les bijoux bobemiens, ils sont cu-
1 Id* GALERIES DES PACtDUIZS INDUSTJai£U.— AUTIUCHfi.
rieuZy ib ont lenr easket L« gmat, qui est la parure satioDale, se ^oupe el se décompose de mille manières ; cette partie de la jouterie autrichienne est la plus .remarquable, elle a plus de.yéri-^ table originalité que Tautre qui estriche^ mais lourde. Ce n'est pas à PAutriche qu'il faut demander des modèles de mobilier,- quoiqu'elle en ait exposé plusieurs en fers ouvragés et en bois sculpté; elle en a un surtout, incrusté de laque, qui esi le dftef-d'osftiyre du mauvais goût. Mais on no saurait trop admiror sa
GnstaUerie de Bohrâie.
Ces produits, dira-t-on^ n'ont ni la grâce, ni l'éléffuoe de eeoi deBacctral: c'est ce qm «i fait le prix, c'est ce qui leur doime de la saveur et leur •conserve leur individualité. Laissez-leur -ces formes gothiques et surtout ces admirables couleurs dont nousn'avon» pas encore trouvé le secret ; dans Tindustrie il y a plusieurs placée et toutes sont bonnes à prendre.
Les verres de Bohême qu'on fabrique aujourd'hui ne valent pas aux yeux des collectionneurs ceux qu'on faisait autrefois. Ce n*est plus ni la môme gravité dans da forme, ni la môme délicatesse dans la gravure. D'ailleurs du Terre de Bohdme on a abusé. Son plus grand mérite est 4ftfk*e aceesaibte aux petits rentiers. Les bourgeois plantent leurs bouquets de violettes dans les verres où les grands seigneurs féodaux buvaient jadis leur yin du Rhin.
Inutile oe recommander les pipes YieiiBAiees; elles sont sans rivales dans toute Tétendue de l'Exposition, aussi bien par la beauté de Pécume que par l'excellence du travail, plusieurs sont bien plutôt destinées à servir d'ornement qu'à passer entre les dents d'un fumeur; aussi reçrettons-nous qu'à côté de ces pipes de luxe on n'ait pas mis la pipe vraiment nationale avec son tujrau en cerisier^ sa forme allongée et sa peintnre'seBtimciBtàle : av moùift les Orteotans cmi a^K)rté leurs cmbovdcs, tandib que l«i Viemieîs sont forcée de fumer noe pipes déterre daus la brasamt oà ils retrouvent lew bière.
Quand nous aurons mentionné un autel en bois sculpté, des tapis aux tons un peu crus, mais dont l'ensemble ne déplaît pas, des porcelaines hongroises dont on peut bien se passer la fantaisie à titre de curiosité, et enfin une collection d'horloges aux boites carrées et gothiques qui ont un parfum bien prononcé de l'ancien temps^ et qui, justement à cause de cela, pourraient bien revenir à la mode, nous aurons signalé ce qui, danâ la section de l'AutrichOi mMta l» plus l'attention de» visiteurs.
Toutefois, il serait injuste de ne point parler de» spécimen» typagro^idque9 de rimpnmerie de la Cour et de PEtat autrichiea»^ ils se Tdipg/tQABni des produits de notre Imprimerie impériale.
les instruments de cuivre autrichiens, à part d'autres méfitoft peut-être, se (6at remarquer par leurs dimension» oolossales»
AUTRICHE. — SUISSK.
Les bfonzes d'Auguste Klein feraient honneur à tous les pays.
Enfin les méthodes d'enseignement et le matériel destiné à l'étude des sciences sont très-remarquables. Citons l'école de commerce de J.Pazelt, à Vienne, dont le programme semble répondre aux eAigeuccs de la pratique sans privar complètement les élèves de toute& connaissances j>luâ éle^vées.
La SuîsMvpresque ccmfondne a^TOO l'AHtricbef ocenpii au Champ
de Mars, comme sur la carte géographique, un espacé assez restreint; mais quelque petit que soit cet espace, il est rempli, et cet aride pays de montagnes est plus industrieux que nombre d autres pays autrement riches et autrement féconds. La Suisse cultive et fabrique ses cigares elle-même, mais ils n'en sont pas meilleurs pour cela, et ceux qui ont visité les Alpes savent à quoi s'en tenir w le compte de ces dgares doiill'Ml6fieiir est aiuii engageant que le goût est manyaiB. HeureusMiienl la Soiase a mieux que tes matières premières, son induatrie a suppléé à la pauvreté de son sol, et les tross autres salles sont à voir.
L'une est consacrée h la dentelle et à la bijouterie ; c'est un charmant boudoir où règne un demi-jour mystérieux et dont le milieu est occupé par une corbeille de Heurs. Les dentelles sont partout : elles servent de tapisseries contre les murs, de tentes contre le plafond, et de simples tentures sur les appuis du balcon. La bijouterie genevoise qui occupe le milieu de la place brille plus par sa richesse que par son élégance. Remarquez, entre antres, les papillons montés en broches. L'inventeur fait cnoix des papillons aox'plus riches couleurs, il renferme leurs ailes diaprées dans un vernis mince et transparent, et relève leur prix par quelque diamant dont il orne leur corsage; Tidéo peut être infrénieuse, mais le résultat est lom d'être beau. La salle qui succède à celle-là fait avec elle le plus grand contraste : au lieu de ces tons doux et voilés, c'est le jour le plus éclatant ravivé par les étoffes aux vives couleurs qui la remplisse ut. Ce sont les cotonnades fabriquées pour
dente les teintes franches el ornes. Danslasalleà célé, où tentes les moDitres et les horloj^es de Genève sont en auHtvemeBt, se trouve un lit couvert de nchea dentelles, et plusieurs meublea en bois sculi)té. Mais, pour examiner eedemier article, entrez dans une salle voisine, et là vous trouverez un joli ameublement avec tous les détails qu'il comporte. Vous pourras vemaïquer aussi. les meubles ea km aculptô à& Wirth frères*
SWSK.
nards et n'ont jamais re-
Boîtes à mnsiqiie.
Une toute petite salle appartient encore à la Suisse, ct^ on peut le dire^ ce n'est pas la moins fréquentée j c'est celle, j'allais dire de la musique, mais non, des boites à musique; dont Genève elNeuf- (Mtel ont une si grande production. On pourrait accuser la Commission de connaître bien peu le cœur humain, pour avoir ignoré que les foules sont en&nts et n^a\'oir pas donné à cette industrie une de ses plus grandes salles. La boite à musique se présente ici sous toutes les formes et sous toutes les grandeurs. Là, c'est la simple boite carrée aux sons divers, aux tintements harmonieux; ici la pendule avec des jeux d'orgue, plus lom une chapelle pourvue d' un mécanisme complet. Mais là n'est pas le plus merveilleux, et ces inventions ne datent pas d'aujourd'hui. L'industrie des boites à musique s'est tenue au courant des progrès de la civilisation, et a habilement flatté les goûts du jour ; elle a pénétré jusque dans les boites à gants, et dans les aïoums pbotographiaues. Grâce à cette heureuse idée, toute maîtresse de maison iéra défiler devant ses invités les portraits de ses amis en leur faisant entendre l'ouverture de Guillaume Tell; et la jeune femme, tout en s'habillant pour le bal, pourra entendre résonner à ses oreilles une polka, joyeux prélude du plaisir qui Tattend.
Plus sérieux, plus utile et non moins remarquable est la Carte de la Suisse du colonel Dufour; mais elle est si allemande, nous voulons dire si complète, ou si compliquée, qu^iine fàot rien moins que les excellents instruments d'optique qui sont auprès pour pouvoir y trouver ce qu'on cherche.
ESPAGNE, P0BTU6AL.)
Une mince bande découp '^e dans le palais du Champ de Mars a suffi aux envois de ces deux puissances; mais pour ne pas occuper beaucoup de place, elles n'en attirent pas moins l'attention, ei tout est à voir dans Texposition de ces peuples, dont la civilisation est si différente de la nôtre. Voilà bien tes cuirs dontabonde l'Espagne, il ne leur manque que la préparation qui en fait de si ricnes tapisseries et cet oubli de Cordoue est vraiment impardonnable* En revanche,! es nattes abondent, douces au toucher, charmantes à la vue, etfralches au pied qui les foule. Avançons d'un pas, voici une copie en petit du musée d'artillerie de Madrid : il n'y a pas moyen de le nier, ces épôes sont bien les vraies lames de Tolède si souvent mises à contribution par nos dramaturges, et ces larges chapeaux rappellent à s'y méprendre ceux de Basile. Dans la troisième salle, cnaqae objet a également son cachet d'originalité : voyez ces M- Jcniz, ces pendants d'oreilles, ils accusent une origine mauresque