FRANCE. — LE GROUPE X. — COSTUMES
objets de luxe, que leur prix met hors de la portée de bien des bourses. Certes ce côté de l'industrie n'est nullement à dédaigner, c'est lui qui fait progresser les arts industriels, qui leur donne un cachet artistique et les empêche de retomber dans le matérialisme grossier, tendance ordinaire des civilisations rétrogrades; aussi les gouvernements, les riches amateurs ont-ils cent aois raison d'encourager ces essais que la mode prend ordinairement sous son patronage. Mais le but de l'industrie, et par contre celui dés expositions, estavanttout de populariser ces découvertes, et d'en faire profiter le plus grand nombre. C'est ce qu'a compris la Commission en formant un groupe à part de tous les objets de consommation usuelle qui ont résolu le difficile problème du bon à bon marché : tandis que les autres groupes appartiennent au luxe, celui-ci rentre essentiellement dans la vie pratique , et on n'a pas moins voulu récompenser les industriels qui avaient atteint ce résultat, que les signaler au public, pour lequel cette connaissance ne sera pas sans utilitô. Ce groupe, dans lequel rentre une foule d'objets divers, se trouve dans la section fifânçaîse immédiatement avant les produits de TAlgérie et des colonies. Dans l'intérieur du Parc il com-
Srend les maisons ouvrières à b<m marché dont nous avons parlé leur place ; sous le promenoir une salle lui est réservée , contenant toutes les matières alimentaires de bonne qualité et de prix inférieur, telles que chocolat, pâtes d'Italie et autres.
Dans la section des machines il comprend rorganisation du travail dont nous avons également parlé en son lieu et place. Dans l'intérieur de l'Exjposition, il commence d'abord par la salle des costumes populaires qui, avec raison, est une des plus visitées. C'est toute la France d^autrefois qu'on retrouve dans ces personnages si vivants et dMne scrupuleuse fidélité. Nous ne voulons pas faire le procès au costume moderne ni à la tendance unitaire à laquelle il a obéi, mais parmi ceux usités jadis on en trouve de trèsgracieux. Les Bretonnes surtout sont charmantes sous leur riche bonnet de dentelles, et leur voyante parure de grenats ; toutes d'ailleurs n'y ont pas renoncé, et il n'est pas rare de voir en contemplation devant ces galeries une riche habitante du Finistère qui a encore conservé la coiffure traditionnelle. Tout auprès l'exposition des draps d'Alsace et celle de la Belle Jardmière témoignent des résultats avantageux auxquels on est déjà arrivé en ce genre, et auxquels il est permis à tous de participer, En remontant vers le centre, on trouve toutes sortes d'oojets appartenant au mobilier, voire môme au luxe, établis dans les mêmes conditions, et dans la dernière salle, celle de l'enseignement, peuvent se voir les progrès accomplis dans cette partie mère et source do toutes les autres. N'oubliez pas de voir dans ce même groupe, plusieurs pièces exécutées par divers ouvriers ; c'est un souvenir de l'ancien chefd'œuvre exigé jadis de la part des ouvriers gui voulaient devenir maîtres: si les jurandes et les maîtrises n'ont plus leur raison d^ètre,
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il n'en est pas de même de ces ouvrages qui aidaient toujours àu perfectionnement de l'art et à celui de l'ouvrier. Cette exposition du groupe X est à la fois instructive et profitable ; au public elle peut donner des indications précieuses, au penseur, à l'économiste des notions sur l'état actuel de l'économie sociale, grand problème me les mâétés à» MMirs Biiituels et les sociétés coopératives SMÉchaque jowdd louables efibrts pour réscadreé^une f^Q^ satisfuiante.
Notre exposition algérienne se déploie très-bien. Celle de nos autres colonies se voit moins; elles sont difficiles à trouver dani^ cette classification méthodique de tous les produits.
L'individualité de nos colonies disparaît un peu, amalgamée dans ce vaste ensemble. Nos possessions du Sénégal, la Guade^ loupe, la Martinique, la Réimioii, 1» Nraraile-Calédoiiie, que aoBl" elles dereimes momlées sur* ces quatre pyramides ciiargées d» les représenter? Les iiMBeatkM manquent pour les ourieux.
Les éléments d*ua orchestre qa*OQ poiiRait4iiiQÎr«' prUttf ; guitares, tam-tam, et autres instruments qui rivalisent pour les saus bruyants et les sons discordants ; il faut pour les supportoP dus* oreilles de nègres et un amour tenace de la musiaue.
Beaucoup de reliques de î'd^ed'or, dirait Ovide, de Vâge ds pierre. disent nos savants, de cette époque en un mot où la civilisation modeste encore était à la portée de tous les peuples; tous semblables à eet égard par une môme simplicité, iJe a weni de»id^e]»y due* anes, des ustensiles en pierre pour la nbricalion des^els les procédés yariaieot peu d^un pays à Pautre. Une expositîoD intem»tionale dans o» temps eût' été paasablennst monotone, mais d'ailleurs encore plus inuUle.
Leurs divinités ont aussi partout un air de famille, une laideur commune, une accumulation de tout ce c[ue le cerveau le plus biscornu peut rêver de rebutant, de disgracieux, d'épouvantable.
Des casse-têtes, des tam-tam, des fétiches hideux. Voilà donc d'où partent les hoamaes pour en arriver k notre industrie, à nos arts, a nos oroyanceSé
Dans l'exposition algérienne se- teou^nt quelfues spésimens d'ameublements indigènes, notaoBnent un lit a oomnes etibailda^ quin, dans le style tunisien pur ; on remarquera aussi doux tar teuiis' en tapisserie, brodés dans Fou vroir des jeunes Mauresques.
Des peaux préparées représentent les principaux animaux de l'Algérie, lion, panthère, chat-tigre, hyène et chacal; enfin dans un petit kiosque carré des armes incrustées d'argent et de corail, dans une salle voisine un beau trophée, des harnais, des bijoux en filigrane et en corail, complètent l'exposition industrielle de VAlgéne.
^'l^POsition agricole occupe trois salles ; la première est con- ^cree a U coutellerie d'Orau et aux tabacs indigènes, la deuxième, ^ntenant les produits agricoles proprement dits, est ornée de iresques représentant des paysages algériens, et ron y goûte àm liqueurs du pays, offertes paor deu: jeune» fiUes, auq^uiUeft il me ^anque pour paraître toot V.&ît diarmantes qa!un coetume mdae* européen.
I^ans la troisième salle, dont les colonnes imitent des palmiers, sont exposés les échantillons des diverses essences qui peuplent les Dfljo ^® l'Algérie. On admire surtout un plateau circulaire taillé dans un teau cèdre de laforôt de Teniet-el-Haad qui avait près de cinq siècles d'existence. Contre une des murailles, on voit des mor-, dèles de parquets et de tables de Lillard, en chène-liége.
Tout le pays kabylè estnartieulièrement riche en. oUvier&;.laie|i^ lée de larSoaman eft'Celle detPAjehdaos la province deOoaelaiitiM^ en possèdent de vastes plantations. Mais les nuniliiia ctes iEdigènas pour la fabrication de rhuile étaient défectueux. Un habitant d'Alger M. Modeste Garro, a créé ane naÎDe à la fraiioaiae,do&4iee produits figurent à l'Exposition.
Le comité de Teniet-el-Haad a envoyé des maduLesTS dd.oèdjcetr des blocs de tiiuya, des blocs de chêne vert.
Le service des mines d'Alger : des blocs de porphyre.
Citons aussi des armes du Sénégal et du Gabon, des coiTrets et des éventails en plnmes de Poodichéry, un meubJe eorboîs vicdet de la Gtt jane^, une maffnifiqiie table en boia de pmpehur (flUttiquA de; Tanaeu), enfîa deai l^iiruie» eokiriéee veprésentant ua eorlége de mariage indien.
L'Ile de la Réunion n'a pas voulu doter seulement de ses produits notre Champ de Mars ; elle s'y est transportée elle-même, on peut le dire, sous la forme d'un album plein d'intérêt, publié par les soins de M. Roussin. Là nous connaiti'ons ces établissements prospères, ces richesses, ces curieuses antiquités, cette natureexubérante, pleine de séve, qui caractérise L'heureuse colonie.
De-l» Nottvelle^Galédeiiîet de kkGtqFaBe, éé Gabon».!! a été rap-porté dm henbiers, oui feroni leB> déliées dès- botatteleB| ili y a . pour eoz desitrauiraiues ; les planteitde eeecd^eetions, on le penset Dien, ne sont pa» de: oMles. qu'on ceeueille^ dana ierboi» de Bfmrlogne.
Ce qui s étale surtout orgueilleusement sur le territoire colonL ce sont les divei*s bois, bois de senteur, bois d'ébénisteiie, rich de nuances, larges de dimension, ce sont les bambous, les feuill végétales, les arômes, les fruits que la nature dans ces paye semble avoir tenus en réserve pour une civilisation TiSÈnéQ*
104 aALEBIËS DES PRODUITS INDUSTRIELS.
BELMQUE ET PAYMAS.
Pour celui qui ne parcourt l'Exposition qu'au point de rue pittoresque, qui n'est curieux que des inventions nouvelles, ou des détails de mœurs de chaque pays, mais qui ne se soucie pas de comparer entre eux les produits similaires des diverses nations , les Pays-Bas n'offrent qu'un mince intérêt. La Belgique est une seconde France, par ses mœurs, ses institutions, ses coutumes et ses produits; aussi son industrie n'attire Fattentioii qae dans les rares spécialités eù elle nous est sinon supérieure, dn moins égale.
Les métallnnnstes trouveront dans la salle des matières premières des écbautiuons des mines qui abondent dans la Belgique, et on peut s'arrêter devant une pyramide d'argent, indiquant, comme la pyramide d'or d'Angleterre, la quantité de ce métal qui a été arraché du sein de la terre. Si cette salle ne trouve que peu d'amateurs, en revanche celle qui est auprès est toujours pleine. C'est là que Bruxelles, Malines, Yprcs ont envoyé leurs magnifiques dentelles, devant lesquelles mainte promeneuse s'arrête en rêvant. Sans doute les dentelles de Belgique n'ont plus la réputation extraordinaire dont elles ont joui autrefois, alors qu'elles avaient la clientèle privilégiée des têtes couronnées, lortque les rois en portaient encore; depuis, des fabriques rivales se sont élevées, les machines sont venues, et la dentelle, cet ornement jadis essentiellement aristocratique, aurait perdu beaucoup de son prix en se démocratisant, sans la coquetterie féminine qui lui conserve ses faveurs , tout son prestige. De si grandes révolutions dans l'art du costume ont apporté des modifications à la fabrication des dentelles, et Rubens, "V^n-Dick ne reconnaîtraient plus celles qu'ils admiraient jadis au COU des souveninés dont ils misaient le portrait. Toumay produit sans doute de fort jolis tapis, mais ils sont loin de pouvoir lutter contre ceux d'Aobusson, car pour ceux des Gobelins il n'en faut pas même parler. Nos constructeurs de maisons fèront bien d'aller voir les cheminées exposées par la Belgique ; cette partie de l'ornementation est trop négligée même dans les appartements ob le plus grand luxe est déployé. Il n'est pas un recoin dont on ne cherche à dissimuler les angles, à combler le vide, mais les cheminées restent toujours les mêmes, roides, monotones, et sans que jamais la fantaisie songe à s'y déployer autrement que par des dessus de velours rouge avec des clous dorés.
La Belgique est par excellence le pays des objets en boissculpté ; tous ceux qui ont visité ses églises se souviennent de ses chaires, de ses stalles de chœur dont le travail est si merveilleux. Une chose étonne, c'est qu'elle n'ait pas envoyé davantage de ces objets qui sont le vrai produit de son industrie. Un buffet et une chaire voilà tout ce qui à l'JËxposition universelle représente ce genre d'industrie.
Diyiiizea by LaOOgle
BELGIQUE BT PATS-BAS.
Quelques curieux s'arrêteront devant les coffrets, boites et autres objets en bois de Spa qui tirent leur prix des peintures dont ils sont couverts. A titre de curiosité ils peuvent figurer dans le Champ de Mars, mais leur place est plutôt à Spa d'où le voyageur les emporte comme souvenir, et cette valeur fictive est bien supérieure à leur viJeur réelle. Aussi l'inventeur peu ingénieux qui a imaginé d'en faire des colliers, des broches et autres ornements, courtil grand risque d'en être pour ses frais. Dans la môme salle on peut remarquer une copie de l'hôtel de ville de Bruxelles découpée dans un bloc de liège. Voilà un brave homme qui s'est donné beaucoup de mal bien mutilement, et la plupart préféreront à cette œuvre si longtemps travaillée, une photographie que l'objectif obtient en l'espace de cinq secondes. Remarquez tout auprès ces fruits, ces poires surtout où l'art imite si pmaitement la nature. Ici du moins il ▼ a une utQité incontestable, et nombre d'amphitryons vous expliqueront comment ces fruits se trouvent toujours être bon marché, quel que soit le prix qu'on les ait payés.
L'objet sinon le plus intéressant, du moins celui qui attire le plus de toute cette salle, c'est la pendule à sujet qui occupe le milieu de la pièce :
Cette pendule est placée au milieu d'un monument représentant le palais de Napoléon à rUe d'£lbe. La façade est eu cuivre doré.
An-dessus du palais se trouve une sorte de donjon, oik PAi^le déployant ses aues est chargé de sonner les heures. La machine représente dans son ensemble Tile d'Elbe; la mer et le continent. A gauche de Tlle on voit le port de Cannes,à droite la ville de Paris.
Les heures sont sonnées par l'Aigle.
A la première heure, l'Empereur sort de son palais, avec sa suite et fait le tour de Tile ; puis il monte h la tour pour voir la mer et la trouvant libre il descend pour s'embarquer avec ses troupes.
A la seconde heure il est embarqué sur trois bâtiments de guerre ; il passe la mer pour dôbiurquer à Cannes.
A la troisième heure l'Empereur sort de Cannes» monté sur son cheval blanc, suivi de ses troupes^ d'une pièce d'artillerie et d'un fourgon attelés. Il parcourt le continent etlaiteiifin son entrée dans sa bonne ville de Paris.
Les salles voisines renferment plus spécialement des produits de la Hollande ; il faut surtout remarquer les transparents pour portes ou fenêtres dont les couleurs et le dessin sont également dignes d'éloges ; nous n'avons rien à opposer à ces peintures sur verre. Tout auprès est un pupitre de musique dont un mécanisme iogénieux permet à l'exécutant lui-même de tourner ses pages, sans interrompre son jeu. n est à regretter que la Hollande» n intéressante à visiter n'ait pas trouvé à faire de plus nombreux envois à l'Exposition universelle. Mais elle a fait venir de l'ile de Java une collection originale d'armes et d'instruments de musique.
Les photographies belges méritent une visite, soit pour les sujets, soit pour l'exécution matérielle.
La suite des reprodnetions des tableaux du peintre Wiertz, qui Tient de mourir il y a quelquei». années, nous donne oceaiiofn de voir Pensemble de son œwinrQ.
PRUSSE ET ALLEHA&NE OU NUSA.
La Prusse est, après la France et l'Angleterre, le pays qui occupe la plus grande place au Champ do Mars : la richesse de ses mines, l'importance de sou industrie métallurgique et surtout les autres pays qu'elle s'est annexés, dans l'intérieur de Champ d^ Mars, suffisent jpour justifier le vaste espace qui lui a été accordé. Pour s'en eonvainore, on i^a qn% pénétarer dans la galerie des matières pre» mières : à l'entrée même se trouve une vaste gnvtteformée deuoos extraits des salines de Silésie. Ces mines sont si considérables qu'on a pu y prendre et y tailler régulièrement ces blocs, conune WÛ se fût agi d'une carrière de pierre. La grotte a une assez grande étendue, elle pourrait contenir deux personnes, et on y monte par deux degrés. Une pyramide de charbom est placée tout auprès comme pour témoigner que les mines de houille ne sont pas inférieures aux salines. Regardez cette grande vasque en bronze, ce rideau de plomb, qu'on s^attend à voir soulever par le vent, celte vitrinaenuAreiBent remplie de véritable bleu de Prusse, cette autee qui renteme une collection d'opium aussi variée que complète, enfin un beau bloc de sel gemme cristallisé, et vous aurez tes richesses minéralogiques de la Prusse et des États qu'à l'Exposition du moins, elle remorque après elle. Tous ces pays, rangés sous le drapeau prussien, iiavière, Wurtemberg, Saxe et duché de Bade, ont pourtant leur originalité et leurs produits particuliers.
Les poupées de Nuremberg.
La Bavière a ses joujoux de Nunmbwg qui tiennent toute ifiie salle dans la galerie de vêtements. Quand on les parcourt attentivement, on est obligé de se reporter à plusieurs siècles en arrière, si l'on veut comprendre la réputation dont ils ont si longtemps joui. Nulle nouveauté dans Tinvention, nulle ingéniosité dans les détails: toujours de petits bonshommes de bois roidement plantés dans un salon ou dans une salle à manger; c'est Part dans son enfance qui s'est bien gardé de progresser. Une chose frappe surtout : c'estque l'armée, le soldat, tout ce qui regarde la guerre en un mot forme le plus grand nombre de sujets. I/iitflusnoe prussienne se serai t elle" déjà, exercée sur les Êdnscants de Nuremberg? La* pièce bnpor'» tante, celle qui a étéévidemment composée pour figurer au Champ de MacS) esile oanwwe traliié par huit cbevaxa dans, lequel sont
PaUSâfi £T ALLËMAOilfi DU NORD. 107
assis l'empereur et rimpératrice. Ces ioujoux et deux magnifiques ▼«ses de grandeur colossale, tel est le bilan. ds la Bavière.
Le Wurtemberg a moins encore, puisqu'il ne se recommande que par ses tôles vernies et peintes, dont Tusage devrait bien s'întrsdnire chez nous, au lieu des horribles plateaux qui nous servent encore, article dans lequel notre industrie a de grands procès à faite. Je ne parle pas de ses pianos; ils ne sont ni pires, m meilleurs que la plupart de ceux qui llg-urent dans le Champ de Mars, et ne se font guère remarquer que pour être joués un peu plus souvent que les autres; je conseille seulenrient à J'amatuur de jeter un coup d'œil sur Tinstrument de forme antique, appelé sistre, qui s'étale sous une vitrine et pourrait bien y rester longtemps. Il faut savoir gré au Wurtemberg de nous avoir envoyé les plans, dessins et modèles de 46 de ses écoles.
Les eoocoiis InUlois. *
L'exposition du grand-duché de Bade, voisine de celle de la Bavière et(iu Wurtemberg a le privilège d'attirer toujours beaucoup ^ de monde, r^t pourtant il n'y a ni roulette ni tapis-vert. Des trois salles qu'elle occupe, les deux premières sont remplies par une collection très-curieuse de eotiooi» de la Ibrèt Noire. C'est plaisir de voir tous ses Mdres en boas neîr sculpté, affeetant les fbime» les
& diverses, sur lesquelles des aiguilles en ivoire promèoent longues pattes blanches, d'entendre le tic tacréjjgfiilittr de tovs ces mouvements en activité, d'assister aux mécanismes plus ou moins ingénieux mis en jeu par l'heure qui sonne, mais dont le plus ordinaire est un coucou qui entr'ouvre sa porte, vient jeter son cri étrange et se replonge dans sa cachette. Quelques-unes de ces horloges, quoicnie labriquées d'après un modèle à peu près uniforme, portent les traces d'un curieux et ingénieux travail.
Sn allant à la salle suivante, on voH un liebe taflét en bois sculpté, uoe belle de Ifanheim, un nMubto en ébène inenieié d^hoire, eit un lit construit sur le modèle de oeloi où fat si longtemps eteDdu flaribaldi. Cette dernière salle, trop p^ta à. aertttnes heures pour la foule qui l'assiège, eontient deux
Qrohastfimif.
L'orchestrion est une espèce d'orgue de Barbarie perfectionné, et i^ui a même des prétentions de s'élever jusqu'à l'orgue, à voir lec* tojuttK fpï dommimt sa faceiniinMle. Le uonponteura essajé de-rnsemblur tous les «ns dîtm ruumhestre âaas-cellBilmaient qu'on ne tourne pas comme Tor^e deBastNBâe'OU la serinette, maiséoat ils Cfundre est mis en jeu par 'des co nts e- y i i ia, «pmme dans le carillon du Parc. On entend , en effet , une assex .gnmde vuiité de sons, la.flûle, la eteffinolte, voire môme le tam-
108 GALËHlfiS DES PKODUXTS INDUSTBXËLS.-» ALLEMAGNE.
bour, ce qui permet â^ezéeuter avec assez d'à-peu-près les ouvertares les plus brillantes. L'orchestrion a huit cgrlindres, sur chsLcun desquels six airs différents sont gravés, ce qui .lui permet de compter 48 morceaux dans s<m répertoire. L'orchestrion est fort goûté du public, maïs une chose empoisonne son triomphe : c^est d'être contigu aux pianos wurtembergeois, grâce auxquels il lui est difficile de trouver un moment pour se faire entendre, et cet empressement de chacun des deux instruments, à saisir le moment où l'autre s'arrête pour commencer à son tour, ajoute encore une comédie aux plaisirs du public. Ceux que la description de Vorchesirion aurait pu inquiéter pour leur repos futur n'ont qu'à se rassurer : cet instrument est un meuble qui ne peut se transporter Uxiilement, on pourra l'entendre ches son voisin, mais jamais dans sa cour.
La Saxe n'est représentée que par son beau linge damassé, qui fait Padmiration des femmes, excellents juges en cette matière, et ses porcelaines, qui doivent toujours trouver place parmi les premières. Sans doute, quelques-unes ne sont pas d'un goût très-pur, et offensent le regard par les ornements et les couleurs dont elles sont surchargées, mais ce n'est pas le plus grand nombre; en général, leur forme est Jieureuse et les peintures qui les couvrent très-aélicatement finies, notamment celles de deux grands vases et d'un guéridon. Pour apprécier la fabrique royale de Saxe, il n'est besoin que de voir celle de Prusse : là Ms couleurs sont heurtées etdésaipréaldes, les tons crus, les formes peu artistiques, et n'offrent pas même ce piquauoit que recherchent les curieux dans ce qui ^ôst franchement laid.
' L'exposition personnelle de la Prusse, en la séparant de celle des ' royaumes qu'elle s'est annexés, se réduit à peu de chose : son orfèvrerie mérite im coup d'œil.pour quelques ouvrages richement ^travaiUés, notamment les deux bonclim offerts l'un au roi Fran- .^oïs II, par l'aristocratie berlinoise, l'autre au prince royal par les provinces rhénanes. Le reste de ses jenvois consiste surtout en produits industriels et métallurgiques, très-utiVes sans doute, mais que ne recommande ni leur nouveauté ni leur supériorité.
Les fontaines d'eau de Cologne*
Une seule de ses salles est visitée par la foule crui en reprend souvent le chemin, c'est celle consacrée à la ville de Cologne : ce n'est pas qu'on y trouve un plan en relief de la superbe cathédrale, ou bien la chftsse des trois rois mages et les reliques des onse mille vierges , ces objets attireraient moins de monde : c'est le temple où les nombreux Jeaa>Marie Farina ont élevé un autel à Feau de Cologne, première source ae leur fortune.'Au milieu de lapièce, devant une arcade richement décorée, s'élève une fontaine de marbre i)lanc, dans laquelle jaillit sans cesse un jet de cet odorant Uquide.