‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 suivi d'un indicateur pratique des moyen de transport, des prix d'entrée, etcChapitre 51 sur 154 · GRÈCE · texte numérisé non relu

GRÈCE

c Du miel dans un pot, des raisins de Gorinthe dans un bocal, un c peu d^huile, un peu de vin, un peu de coton, un peu de garance, c une poi^ée de ngues, un peu de vallonée, un cube de marbre,

c et une vitrine où s'étalent quelques costumes grecs. »

C'est ainsi que M. Edmond About dépeignait le contingent fourni par la Grèce a l'Exposition universelle de Londres. Depuis cette époque, le roi Georges a succéaé au roi Othon. mais l'agriculture et l'industrie nationale sont restées les niêmes. Si nous ajoutons au catalogue précité quelques citrons, quelques éponges, quelques tapis grossiers, quelques meid>les aussi disgracieux qu'incom-

modes, nous aurons parfaitement fait connaître Texposition grecque de 1867. Les costumes de femme sont jolis, mais Tindustrie qui se borne là est une pauvre industrie ; la collection de livres et de journaux qu'on a réunis à cette exhibition ne fera pas faire un pas à l'art ty. ographique ; le seul objet curieux qu'on remaraue est un spécimen de l'art byzantin : il consiste en deux petits caares représentant en ravissantes miniatures sur bois des scènes de la Passion.

La Grèce a enom deux olxets dignes d^ttentîon: aes poignards, ses épées aux fourreaux eerclés, à la lame damasquinée^ ses rioiies

"Vêtements albanais, oti tout est T^doors etor; puis, noble et précieux héritage, les ruines de ses monuments, dont de belles et fidèles piiologriq^liiM som eiposées tout près du salon des bean-

OANEIIABK, SUiOE ET NORVÈGE*

Ces trois États, que la nature avait réunis, ouq la politiqae a séparés, ont enroyé leur part de eiirioaités au Gbamp de Mars» Ces tâtes ua rennes au bois superbe, «es belles fourrues d'eurs Uancs

\et d'autres animaux, ces échantillons d'abondantes mines, notam- ' ment le beau bloc de spath d'Islande, eee engins de pécha de toutes sortes, attestent suffisamment la nature du sol et du climat d'où nous viennent tous ces objets. Ces matières premières sont encore plus caractéristiques que la forme qui leur a été donnée par l'industrie humaine ; aussi cette exposition du mobilier, du vêtement, est-elle faite moins pour rivaliser avec d'autres nations plus riches et plus avancées, que pour témoigner de l'étal de civilisation dans leipwl marchent ces pays qui ont en à triompher de tant d^cMa* des. Bans les poroolalnes, regardes deux eoset ayee peintoris ooi méritent attention, sinon par le fini deTexéGOtion du moins par les scènes de la vie nationale qu'ils retracent. L'orfévreria danoise mérite également un coup d'œil, il ne lui manque peut-être qu'un , plus grand débouché pour s'élever plus haut. Tout auprès se trouve un meuble avec incrustations et dessins en bois noir, qui a beaucoup de cachet. Mais la partie la plus originale de cette exposition, celle vers laquelle la foule se porte avec le plus d'empressement, et non sans raison peut-être, est celle des costumes nationaux.

Une Lapone s'entnftanani sa pipe et pMant sa fiUa derrièn sen dos ; tanms que deux autres habnants du même pays trareraent en traîneau ces sdituda glaires, l'un traîné par un lenne qui fuilphis rq>ide que le vent, l'autre s'aidant d'une rame et naviguant sur la glace, comme il le ferait sur l'eau. Dans ces lieux où la nature est si inclémente, le vêtement existe, mais non le costume ; on s'habille pour se garantir du froid et nullement pour se montrer. En redescendant vers des régions moins rigoureuses, la coquetterie, l'amour du luxe, commencent à reprendre leurs droits. Voyez cette

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fiancée norvégienne, comme elle est pimpante sous sa couronne et ses bijoux de pacotille. Voyez Taccordée de village, qui pourrait faire pendant au délicieux tableau de Greuse; puis la Suédoise effeuillant une marguerite, ou laissant tomber pudiquement sa main dans celle de son fiancé. A voir le costume dont les couleurs s'^ctahdattBtt dont la poi^ diminae^ on sent qni'oB s'éloigne du pôle, el la faadisuBe en jupoos courte les ^ds nus, témoigne inen que nous ne somnies plus daDBlefoîsmage^glace& Bisgardei ce bon bow^ois allant à la promenade avec sa fille coquettement attifée , on retrouve bien là cette rude race dalécarîienne qui se souleva avec Gustave Wasa, et rendit à la Suède son autonomie et 5a liberté. Ces costumes et quelques photographies complètent l'exposition de ces pays depuis longtemps sympatliiques à la France et qui font chaque jour de noaveani: progrès dans les arts, la science et l'industrie.

MIML

De tontes les expositions étntqgànts qui ont trouvé place an Champ de M?.rs, celle de la Russie est peut-être celle qui aie plus de saveur, qui attire le plus par je ne sais quoi d étrange et de mystérieux. L'Orient nous étonne par son luxe, ses vives couleurs, sa vie molle et voluptueuse, mais il est loin de nous et les récits des voyageurs, nous ont préparés aux contrastes . les plus merveilleux. Le Russe an conlraîfe est nota» TOiaîn, il fit «bis noms, de notre vie* »I «si aujKÎ Barkutaqu'horaiDe 4a mmâmi lie 1^ aotre étannenent qnad sobi le voirons chez lui, quand ses arte, w productions nous montrent ce singulier mélang» de POrient et de POccident, de la civilisation et de la barbarie, des robes de soie ^ des peaux qui servent de vêtement à l'habitant du Caucase; jusque dans les salles qui renferment l'exposition russe, toutes en bois sculpté du dessin le plus capricieux, des couleurs les plus fantastiques, il y a quelque chose de singulier: on sent quon est plus près de Byzance que de la Sibérie.

Tout d'abord, dans la salle des matières premières, Todeur pénétrante du cuir vous révèle sa natîenalité : de ncnes minerab, d'opulentes toisons de brebis, et surtout d^éclatantes fourrures plus blanches et plus immaculées que les neiges de l'Oural, attirent l'attention du visiteur. Dans le passage qui sépare une salle de l'autre, voilà quelques-uns des costumes des Ostiacs et des habitants du Caucase. Mais pour bien connaître- les types des soixantecinq races diverses composant la population de ce grand empire, il faut voir les statuettes qui se trouvent dans la dernière salle, celle •qui précède immédiatement les beaux-arts : c'est une revue com-

£Iète4e laraet slave, celle peut-être qui vient d'Mre eapoaée à iûÊcam devant ks représentante de ces aaUcmlités. La ^aade salla dâ «nilieu lait 4a plus nebe, la plus intépesaaote de iQuIala

section russe. Là se trouvent des fragments He ces marbres précieux que les montagnes de TOural et du Caucase produisent en abondance : malachite, purpurine, onyx, obsidienne, mis en œuvre et uli^sés soit pour les bijoux montés avec art, soit pour des mosaïques dans le genre de celles de Florence, mais avec addition de fruits et fleurs en relief. Plusieurs meubles de ce genre témoignent de rhabile é des artistes russes, et peuvent aller pour la richesse avec ce divan oriental de velours rouge couvert de fleurs d'or et d'argent, dont la broderie a un relief considérable. Dans le môme salon pourrait se trouver la singulière pendule tourne-sol, qui tourne tout entière avec son bnlanc-er, et contient plusieurs complications très-curieusos. L'orfèvrerie n est pas au-dessous de cet ensemble : un calice, un bouquet, un missel, plusieurs autres pièces richement émaillées, portent non moins que Torfévrerie moaerne, des traces non équivoques de Fart byzantin. Plusieurs peintures sur bois méiitent également Tattentiou ; mais l'objet le plus caiactéristique occupe le fond de la salle, c'est la grande

Mosaiqae.

Dans ce tableau, d'un beau caractère religieux, se retrouve Pancien type national : voilà le Moscovite, qui n'est pas encore devenu le Russe moderne, etayquel le fond d'or sur lequel Use détache contribue à donner quelque chose do légendaire.

Cette mosaïque d'un caractère grandiose, attire invincible nient les regards; elle est en carreaux de verre émaillé, les colorations en sont très- vives; ses dimensions sont magistrales; elle doit couvrir le dessus d'une porte dans la cathédrale de Saiot-Isaaoà Bétersbourg. Les artistes dirigés par le professeur Nsff ont donné aui diverses figures d'évèques, aux vétemenrs sacerdotaux, aux attitudes et tout Pensemble une ampleur admirable et une majesté profondément religieuse. En regard est exposée la collection des émaux qui servent à ces patients arrangements.

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