‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 suivi d'un indicateur pratique des moyen de transport, des prix d'entrée, etcChapitre 58 sur 154 · LES DEUX GRANDES SALLES · texte numérisé non relu

LES DEUX GRANDES SALLES

qu'il Paîme atee passion. Tout cela, nous l'avoiis tu quelque part' un jour. Ces paysages, ces troupeaux, ces bergers, ces moutons nous sont familiers. Ost une échappée dans nos souvenirs de villégiature, do vacances ou de voyage.

Jules Breton.

Son nom tant de fois répété avec éloges dans les derniers salons semble se remettre en question devant ce public cosmopolite qui, rassasié de merveilles, ne parcourt PExpositiou que pour y ebercher Pextraordinaire et le surprenant. Les tableaux de M. Jules Breton n'étonnent point, tant ils sont simples et naturels! Ils échappent aux rogards, mais ceux qui piment ce jeune et poétique talent, savent le retrouver. Ses Glaneuses, s^s Sarc/euses, sa Gardeuse de dindons sont dans tous les souvenirs; quand ils ont paru, ces tableaux ont été Une révélation, ils nous ont fait pénétrer dans des existences inexplorées; ces pauvres enfants des campagnes voués àlignorance et à la misère, il ne nous semblait point qu^iiy eût en eux une pensée, une rêverie à laquelle nous pussions asso- . cier nos pensées, nos rêveries. Jules Breton a eu l'art de nous ré^ concilier avec cette paysannerie jusqu'alors étrangère à notre idéal. — - Du reste, cette innovation ne lui apjjartient pas en propre^ le sentiment était dans l'air, comme on dit, il a fait éclore de tous côtés des Tondeuses de moutons, des Vendangfuses^ des Mois'^onneuse s ^ des Semailles et des liécoltes de pommes de terre; mais concevoir n'est rien, exprimer est tout, et au milieu de cette vulgaire abondance, les peintures de M. Breton se distinguent encore par l'expression.

Kma H«iiziette Browne.

Cest un tableau très-remarqué que ses Scewrs de eharUé,

Courbet.

Peu de chose de lui ; mais un paysage qui rappe le le peintre de ia HaUe auw chevreuils» Une eau bruissante qu^on croit entendre sous des ombrages pleins d'une fralcbeur qu'on croit ressentir.

Glk-Fr. Daubigny.

Vallée d'Optevoz {Isère). C'est morne, c'est mélancolique. L'eau emprisonnée dans de grisâtres rochers est noire de leur reilet|pius noire encore du reflet du ciel.

Les Bords de VOise. Les arbres sont bien un peu vagrues. La place du feuillage est marquée par une teinte verte. C'est le genre exagéré d'une école quia Tborreur des patientes découpures, et certes >

14S GALEIOE DBB BBÀUX-«ABM. — FRANCS.

elle a raieon de ne pdnt Youloîr que les branches, les feuilles, les épis soient comptés un à. un comme dans certains paysages anglais, ceux de Cole, par exemple. Mais où allons-nous si nous n'en oomp* tons plus du tout?

Gérôme.

H a fourni treize tableaux à cette Exposition. C'est encore trop peu. Tons ddwnt être tus ; tous sont en^relnls de cette caustiphilosophique qui sait se fûre comprendre en Franee.

Ke TOUS souvient-il pas. en effirt, de ce Duel au sorHr Sun bal masq^ii. iiC duelliste habillé en sauvage ; Tétourdi pierrot qui s'eet taillé un suaire dans les or%»eailx de la iblie : quelie plus amèra interprétation du duel !

Les Gladiateurs aussi vont s'entre-tuer^ ceux4à pour le plaisir d'un maître, qu'ils saluent avant de mourir.

Plus loin, César meurt frappé en plein sénat par ses flatteurs de la veille. U tonibu au pied même de sa statue.

Les deux Augum, Ha auraient du mérite à se regardas sans rire.

Phrfné dmmâ U Tr^bnmal, Ces chosei-là se passaient à Athènes. Plaider son procàs d'nn geste qui prouTait crue Taccusée était belle, c*était gagner la cause deyant des juges atnéniens. Mais ce tableau

irrévencieux pour l'avocat l'est encore plus pour la justice humaine. Passons ; c'est aûaire aux gens de ce temps-là de regarder et de

ne point rougir.

Faut-il parler de VAlmée^ au ventre nu, à la danse langoureuse? Ce serait tomber de Gharybde en Scyila. Et cependant devant cette indiscrète révélation des maurs orientales, il y avait toujours fitmle au salon de 1864.

Hamon.

V Aurore Jjumnt la rosée dans le calice des fleurs, éclipse par sa grâce ses gracieuses voisines, les autres conceptions de M. Hamon. Le volubilis est frais, léger; plus fraîche encore et plus légère, la fillette aérienne qui se Hausse des pieds sur une leuille sans la faire fléchir. * /

lalahert,

On peut ne pas aimer cette apparition fantasouigorique baptisée le Christ marchant sur la mer. liais s^lj a quelque hardiesse dans cet effet de lumière électrique entre deux immensités noires, le ciel et l'eau, il faut reconnaître ausn heamoup d'migiBaMté M de mouvement dans la composition.

Une comparaison à aire : le môme si^et est traité par Bbion

Maria Abrmese. Petite fille étiolée, souffreteuse, qui semble nous demander le pourquoi de sa misère, le secret de sa destinée.

LIS DraX ORAIII»» 8ÂLLBS

Jourdaa.

M/a. Maïs on préférera sans doute :

Les secrets de l'Ânirur. Attitude charmante. Vous retronvarei dans les sculptures italiennes un sujet analogue : une femme aussi qui écoute un amour chuchoter à son oreille.

LandeUe.

Pmm fMk (do TAsie Hmeure),

MeiMaiilBr,

On a tout dît sur Meissonier. Son talent si connu est à Pabri des éloges vulgaires. Parmi tous ces petits tableaux devant lesquels on dépense de si grandes heures, si volontiers, c'est toujours la UOwn eto ÏHderot qui a les prédOectioas des eoa&akseurs.

Mais le Corps de garde^ mais les Ctmiien se faitani tmir à hoên^ mais le CapitaiM ne sont pas des suce^ moins populaires.

Quelles expressions aussi dans cette anecdote du Générai Dêsaix questionnant un paysan I

Et cette admirable scène de la Campagne de France en 1814 î Ce triste état-major, cheminant silencieusement, derrière le grand Empereur pour la première fois vaincu , les débris de notre armée traversant les pleines neigeuses, foulées par l'ennemi. Quelle page d'histoire! qui en dit plus dans son petit cadre que bien des toiles dAroul^ sur les murs de nos musées historiques.

n. lUintseau.

Deux petits paysages (datant de sa belle époque) peints sur panneaux de bois. De grands chênes épanouis sur de fraîches nappes d*eau lumineuses.

Entre ces deux salles de peinture, dans la Rue de Paris, noiis liouypns Jjfi» exposition cuneuse des Bustes de Napoléon a ions les ^ss, groupés autour de sa statue en pied. Tontes CMVres de GuiXJUxniB* Depuis l'école de Brienne, toutes les dates qui ont

. traversé la vie du jeune Bonaparte, sont figurées par son visage

fui porte leur empreinte : il est général; sa tête rayonne alors e fierté juvénile et d*ambition pressentie. Il est premier Consul. Il est Empereur. 11 commande à tous les rois, c'est 1§12. Puis, l'expression se rembrunit; c'est le penseur de Sainte-Hélène.

Le même carré contient une bizarrerie detrayailsurmaritrai tatr ca bas-relief» est-ce mosaïque, est-ce gravmret Un peu da tout cela; c'est une inTention du baion de TuQmm. Cea tableaiii «mt

144 ' GALEUIi^ DES Bi:AL;X-ARTS. — L. HARZÉ.

intitulés : En tarsia de marbre.' Mais si étraD^e que soit le procédé, l'effet du dessin est très-remarquable; il y a une harmonie de teintes qui s'adaptent fort bien aux sujets bibliques choisis par rartiste : Daniel dans la fosse, David jouujai de la harpe, etc.

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