‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 42 sur 86 · LE NEZ CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES · texte numérisé non relu

LE NEZ CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES

Les Hébreux mettaient la colère dans le nez : ascendit fumus de naribus ejtis ; de naribus ejus procedit fumus.

Les anciens auteurs grecs et latins parlent à peu près de même. Perse et Plaute n’ont-ils pas dit, le premiers Satire V :

Disce : sed ira cadat naso, rugosaque sauna. et le second :

Famés et mors bilem in naso conviant.

LE NEZ CHEZ LES I)1F FEItENTS PEUPLES 18.1

Celle idée de placer la colère dans le nez vient

sans doute de ce que, chez celui qui se met en colère,

les muscles du nez se froncent, et le font paraître

plus raccourci qu’il n’était ; ce qui est plus ou moins

sensible chez les uns que chez les autres, suivant

la force ou la grandeur de ces muscles.

Chez les Tarlares, le nez est d’autant plus beau qu'il est plus court et plus enfoncé. Les femmes les

plus admirées sont celles qui ont le moins de nez.

Un cordelier, nommé Rubruquiz, envoyé par saint Louis en Tartarie pour y prêcher l’Evangile, ou plutôt pour y nouer des relations commerciales, avait ouï vanter l’épouse du grand chef Zenghis comme une beauté incomparable. Admis en sa présence, il recula stupéfait : elle n’avait pour tout nez que deux petils trous qui formaient l’ouverture des narines.

Un Mongol disait un jour à un Européen : « Cela doit bien vous gêner d’avoir sans cesse un nez sous les yeux ?»

Chez les Bushmens, il ne suffit pas à une femme pour être belle d’avoir le nez exigu ; il faut que les joues soient assez saillantes et assez rebondies pour cacher presque entièrement le promontoire nasal vu de profil.

Le nez pourrait fournir un chapitre à l’histoire des grands évènements engendrés par de petites causes.

Par exemple, que serait-il advenu du royaume de Perse si Darius n’eût réprimé la révolte de la Babylonie? 11 ne se serait jamais emparé de Babylone si Zopyre ne lui eût fait le sacrifice de son nez, et ne lui eût ouvert les portes de la ville, après s'y être introduit comme victime de la cruauté de son maître.

Le nez retroussé de Cléopâtre, en charmant César et en captivant Antoine, blasés sur les nez grecs et romains, n’a-t-il pas changé la face du monde?

Le nez est la partie du corps qui a toujours eu le plus à souffrir de la haine, de la justice, du dévouement ou de l’honneur.

Les Egyptiens, les Grecs et les Romains coupaient le nez aux femmes adultères.

« Dans certains cantons de l’Allemagne, dit un auteur, on vise au nez dans les duels et on en abat un bon nombre. »

Dans plusieurs circonstances mémorables, des centaines de nez sont tombés en holocauste sur l’autel de la chasteté.

Les femmes et les hiles d’Angleterre se le coupèrent pour se rendre hideuses aux yeux des Danois

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