‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 43 sur 86 · LE XEZ CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES · texte numérisé non relu

LE XEZ CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES

et empêcher les conquérants d’attenter à leur honneur.

Eusébie, abbesse du monastère de Sainl-Cyr, à Marseille, se coupa le nez a l’approche des Sarrazins et le lit couper à toutes ses religieuses. Elles conservèrent peut-être leur virginité, mais les vainqueurs, trompés dans leur convoitise, les massacrèrent impitoyablement.

La mutilation du nez, comme procédé de justice sommaire, a surtout été pratiquée dans l’Inde sur les esclaves ; en Italie, sur les malfaiteurs.

Domeny de Rienzy, qui a étudié toute l’Océanie, dit qu’il n’a jamais vu un sauvage en embrasser un autre de son sexe, ou même d’un sexe différent. Chez la plupart des insulaires du grand Océan, la manière de saluer consiste à se frotter mutuellement nez contre nez.

Comme dans toute la Polynésie, en Nouvelle-Zélande on se salue par le frottement du nez et on n’a aucune idée du baiserdesEuropéens. Le salut du nez par attouchements existe à quinze cents lieues.

Dans ses Voyages de découvertes aux terres australes, de 1800 à 1804, François Pérou a fait des observations du même genre, que De Bonald n’a pas hésité à citer, dans ses Recherches philosophiques :

« En vain, dit Pérou, je m’adressai àplusieurs d’entre eux pour leur faire concevoir ce que je désirais connaître (s’ils avaient dans leur langue les mots d’embrasser et de caresser) ; leur intelligence se trou-

vail en défaut. Quand, pou r 11e laisser aucun doute sur l’objet de ma demande, je voulais approcher ma figure de la leur pour les embrasser, ils avaient pris cet air de surprise qu’une action inconnue excite en nous et que j’avais observé déjà parmi les indigènes du canal d’Entrecasseaux ; et quand, les embrassant effectivement, je leur disais : « Comment cela s appelle-l-il? » — Je ne sais pas, était leur réponse. L’idée de caresser paraissait leur être étrangère. En vain je faisais des gestes propres à caractériser cette action; leur surprise annonçait leur ignorance, Ainsi donc ces deux actions si pleines de charmes et qui nous paraissent si naturelles, les baisers et les caresses affectueuses, sembleraient inconnues à ces peuplades féroces et grossières. Je n ai jamais vu, soit à la terre de Diémen, soit a la Nouvelle- Hollande, aucun sauvage en embrasser un autre de son sexe ou même d’un sexe différent. »

Dans son Voyage dans la mer du Pacifique, de 1821 à 1823, le capitaine anglais Parry écrit, à propos d’une tribu d’Esquimaux de l’Amérique septentrionale : « Quoique les Esquimaux soient naturellement flegmatiques, ils ne sont pas étrangers à la tendresse conjugale, et l'on voit fréquemment de jeunes couples frotter leurs nez l’un contre l’autre, ce qui est une plus grande preuve d'affection. »

C’est par ce frottement de nez que les Esquimaux témoignent leur reconnaissance aux étrangers dont ils ont reçu quelques cadeaux d’Europe.

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