‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 44 sur 86 · LE NEZ CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES · texte numérisé non relu

LE NEZ CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES

La plupart des peuples de l’antiquité faisaient le plus grand cas de la beauté du nez. Platon et Plutarque assurent que les Perses trouvaient dans un nez bien conformé le signe des qualités les plus convenables à un souverain, et que Cyrus, leur premier roi, avait un nez aquilin. Aussi, chez eux, au rapport du premier de ces auteurs, les eunuques chargés de l’éducation des princes s’occupaient avec soin de façonner leur nez d’une manière élégante.

Chez les Hébreux, le Lévitique excluait du sacerdoce ceux qui avaientle nez mal fait.

Chez les Egyptiens, on coupait le nez à la femme adultère, pour enlaidir à jamais celle qui avait employé sa beauté à la débauche, et Ezéchiel menace de ce supplice ignominieux, qui vengeait mais ne réparait pas l’injure, les habitants de Jérusalem chez qui la corruption s’était glissée.

Les plus grands personnages n’ont pas toujours été à l’abri de la perte de leur nez, témoin ce Justinien, qui fut surmené Rhinotmète , pour cette seule raison.

Il fut un temps aussi où, en France, on coupait le nez aux blasphémateurs, et la reine d’Angleterre fit ordonner par un bill du parlement qu’on le tranchât à quiconque parlerait d’elle ou de son gouvernement d’une manière injurieuse.

On cite l’exemple de quelques femmes qui, comme Eusébie, abbesse du monastère de Sainl-Cyr, à Marseille, et les filles du monastère de Saint-Claire

LES CU Itl OSITES DE LA TETE

en la ville d’Àcre, en 1291, pour conserver leur pudeur et faire cesser des poursuites criminelles, employèrent ce moyen ; et les poètes latins ont toujours parlé de cette espèce de mutilation avec une sorte de sentiment d’horreur, et des défauts du nez avec un véritable mépris ; aussi le casuiste Sanchez décide-t-il hardiment «pie la laideur produite par l’ahlation du nez doit être une cause capable de faire casser un mariage fl).

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